KAVINIEN KARUPUDAYYAN

Au cours de ma visite dans le pays tamoul en 2017, j’eus l’opportunité de témoigner de la cohabitation de deux mondes, ainsi que mon père me l’avait décrit de par ses vécus durant ses trois années d’études en Inde. Des gens riches qui circulent dans leurs grands chariots en métal et cette autre sphère, celle des gens démunis, qui tentent de manger à leur faim. L’écrivain R.K. Narayan soulignait avec raison qu’en Inde, « the writer has only to look out of the window to pick up a character and thereby a story ».

Durant mon adolescence, j’avais inventé un jeu avec des amis. Celui-ci consistait à imaginer les monologues des gens. Quelles étaient leurs inquiétudes? Qu’est-ce qui les rendait heureux? Leurs joies, leurs peines… J’aime aujourd’hui encore observer les gens et essaie de les peindre avec des mots. L’image de ce petit garçon (photo ci-dessous) m’a beaucoup marqué et continue de me hanter aujourd’hui encore. À peine âgé d’une dizaine d’années, il vendait du “karpuram” ou camphre dans la rue lors d’un grand festival dédié au Dieu Śiva à Tiruvannāmalai. J’avais tellement de questions à lui poser. Mais voilà qu’en l’espace de quelques secondes, il avait tout bonnement disparu. Ces yeux écarquillaient au vu de ces ballons colorés. En espérant qu’il ira s’asseoir un jour sur les bancs de l’école et poursuivra ses rêves.