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Article IV Consultations du FMI : GM et BoM font bloc contre le carton rouge à la MIC

Le ministère des Finances et la Banque de Maurice (BoM) ne sont pas sur la même longueur d’onde que le Fonds monétaire international (FMI) sur les recommandations sur la Mauritius Investment Corporation (MIC). C’est du moins ce qu’ont laissé entendre le Grand Argentier, Renganaden Padayachy, et le gouverneur de la BoM, Harvesh Seegolam, lors du lancement d’un atelier régional de deux jours sur le Correspondent Banking. Ce rendez-vous vise à permettre aux participants d’être mieux équipés dans des relations de correspondant bancaire plus solides.

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L’une des recommandations du FMI dans le cadre des Article IV Consultations est que la Banque de Maurice se sépare de l’actionnariat de la MIC et que cette dernière filiale rembourse les dizaines de milliards non-déboursées à ce jour.

Le Grand Argentier a affirmé avoir indiqué, lors des échanges avec la mission de Cemile Sancak, que la Banque centrale ne comptait pas se désengager de la MIC car « cette formule s’est révélée payante », notamment en ce qui concerne la sauvegarde des emplois et la préservation du système bancaire du pays dans la conjoncture de crise économique mondiale. Il s’oppose également à l’argumentaire du FMI selon lequel la MIC « met en péril l’indépendance de la MIC ».

Renganaden Padayachy soutient que la BoM jouit pour l’heure « d’une réserve forte » et qu’il va falloir « rester vigilant pour ne pas retrouver en face de situations en faveur de la MIC et contre le système bancaire ». Il persiste et signe en disant que la MIC « continuera à soutenir l’économie mauricienne en tant qu’investisseur ».

Pour sa part, Harvesh Seegolam, a abondé dans le même sens, estimant que le FMI a ses perspectives « et nous, les nôtres ». « Had we not rolled out these measures, including the setting up of the MIC, the fate of the Banking Industry would mostly have been otherwise. We have acted swiftly and meaningfully in the favour of the banking sector, and by ripple, our economy », affirme-t-il.

Il ajoute que « c’est une combinaison de mesures qui explique le maintien de la résilience et de la confiance dans le système bancaire, ne mettant ainsi pas en péril la stabilité financière du pays ».

Cet atelier sur le Correspondent Banking a été organisé avec le concours de la Global Facility de l’Union européenne luttant contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (EU-AML/CFT), en collaboration avec l’Eastern and Southern Africa Anti-Money Laundering Group (ESAAMLG). Lors de la séance protocolaire, le ministre des Finances a souligné que d’un point de vue économique et dans le contexte d’une mondialisation accrue, pour des pays comme Maurice, les paiements transfrontaliers sont essentiels au développement socio-économique .

Il relève que depuis la crise financière mondiale de 2008, le constat est que « les relations de correspondance bancaire transfrontalière ont globalement diminué, et de manière plus significative dans certaines économies ».

Le gouverneur de la Banque Centrale note que le manque d’accès aux services de correspondance bancaire qui en résulte constitue une menace pour le commerce et l’investissement.

« Maurice, en tant que centre financier international à la réputation largement établie, ne peut permettre que les risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme se cristallisent et que la confiance des investisseurs dans notre système financier soit ébranlée », ajoute-t-il.

Il déclare qu’à cet égard, le pays a été et continue d’être guidé par les 40 recommandations du Groupe d’action financière (GAFI), qui sont devenues « le modèle de contrôle national et international pour lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme ».

Harvesh Seegolam, a aussi souligné que la réduction des risques et la banque correspondante sont intrinsèquement liées. « Comme bon nombre de principales banques élaborent de nouvelles stratégies de réduction des risques face aux défis réglementaires qui pourraient les amener à revoir leurs opérations sur notre continent, il est important que les banques centrales ainsi que les banques et les institutions financières travaillent ensemble pour résoudre ce problème », met-il en exergue.

De son côté, le directeur général de l’Independent Commission Against Corruption, Navin Beekarry, rappelle que si la banque correspondante est essentielle au développement économique et financier, elle comporte néanmoins certains risques, dont « la facilitation du blanchiment d’argent et du financement du terrorisme, la facilitation d’un réseau de sociétés offshore pour permettre la corruption, l’évasion fiscale, la dissimulation d’actifs à l’étranger et l’incapacité de découvrir l’identité des parties sous-jacentes à une transaction ».

Par ailleurs, le secrétaire exécutif de l’ESAAMLG, le Dr Eliawony Kisanga, s’est appesanti sur la pertinence et l’importance de cet atelier car le phénomène de réduction des risques « est une préoccupation sérieuse » pour la région ESAAMLG et la communauté mondiale.
« Cela a pour effet de conduire de véritables transactions financières vers des canaux non réglementés, de réduire la transparence des flux financiers et de créer une exclusion financière, augmentant ainsi l’exposition aux risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme », avance-t-il.

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