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Arvin Boolell : « Conjuguer nos efforts dans l’opposition pour dire Non à la tyrannie du nombre ! »

Dans une interview accordée au Mauricien cette semaine, après l’examen en comité du budget, Arvin Boolell revient sur les mesures budgétaires. Il déplore ainsi « l’absence d’une politique de vérité » et insiste sur la prise de position concernant les occasions ratées du Parlement. Il évoque la situation au Parlement pour déplorer « les rapports incestueux entre le Speaker et l’exécutif », avant de s’élever contre l’amendement à la MCIA Act concernant la création d’une nouvelle entité pour commercialiser le sucre. Sur le plan politique, il se prononce en faveur d’une « communion de gens de bonne volonté dans l’opposition ». Ce faisant, il insiste sur « la nécessité de conjuguer les efforts dans l’opposition pour dire Non à un parti qui préconise la tyrannie du nombre ».

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Les débats budgétaires sont maintenant terminés. Dans votre intervention, vous avez parlé de « lost opportunities ». Pourquoi ?
Je considère que ce sont des opportunités ratées parce qu’alors que nous avions de grands défis et de grandes occasions à saisir, je m’attendais à une politique de vérité. C’est lorsqu’on est au pied du mur qu’on juge le bon maçon. Malheureusement, le gouvernement a vendu des rêves. La réalité est tout autre.

Lorsque les Mauriciens font leurs emplettes, ils voient que la roupie se déprécie de jour en jour, avec pour résultats que ceux qui sont endettés s’enfoncent davantage dans l’endettement, ceux qui sont pauvres s’appauvrissent davantage. La classe moyenne est coincée et confrontée à un avenir incertain. Où est la résilience dont parle le gouvernement ?
C’est vrai que nous sommes un pays insulaire en développement, que nous importons tout ce que nous consommons. Un gouvernement responsable aurait dû pouvoir mobiliser l’opposition, les syndicalistes et les opérateurs afin de créer une Mauritius Incorporated. Ce n’est pas le cas.

Le gouvernement se replie sur lui-même et fait appel à des instincts primaires. Ce qui ne résout pas le problème. La résilience n’existe pas. Au contraire, la fraude et la corruption s’amplifient. On utilise une situation difficile à cause de facteurs externes pour s’enrichir et pour allouer des contrats alléchants à ses proches.

Aujourd’hui, nous voyons que les compagnies qui sont les fleurons du pays sont endettées. Je félicite Aadil Ameer Meea, qui a révélé qu’une compagnie comme MT, qui était florissante, avec des profits de l’ordre de Rs 2,8 milliards à l’époque, se retrouve aujourd’hui avec des pertes de près de Rs 98 millions. La Fair Value  de plusieurs compagnies d’Etat, dont la CHC Ltd, la Mauritius Multisports Infrastructure Ltd, Metro Express Ltd, ou encore la Mauritius Property Fund Ltd, sont en baisse par rapport à leur valeur nominale.

Sur une période de quatre ans, la SBM a fait une perte de Rs 12 milliards. Tous les profits des compagnies d’Etat ont été transférés dans la caisse du gouvernement. Pire : je me demande si ce que j’appelle le plus grand Ponzi Scheme, à savoir la Contribution Sociale Généralisée (CSG), aura suffisamment d’argent pour payer les travailleurs qui ont contribué à ce fonds. De son côté, la Banque de Maurice n’a pas encore publié son bilan, ce qui devrait être fait tous les mois.

On dirait que vous n’êtes pas impressionné par les mesures sociales introduites par le budget….
Ce sont des mesures cosmétiques qui ne sont pas dans la durée. On ne peut avoir une croissance basée sur la consommation. Elle doit reposer sur la productivité et la compétitivité.

Voulez-vous dire que le gouvernement est sur la défensive ?
Je ne dirais pas qu’il est sur la défensive, mais il a vendu des rêves qui sont très vite devenus des rêves brisés. Les Rs 1 000 qui ont été accordées ont déjà été englouties par la hausse des prix. L’augmentation accordée à ceux âgés de plus de 60 ans compense à peine l’inflation, estimée à 11% en avril par le FMI. Laquelle inflation est largement dur à la dépréciation de la roupie. Aujourd’hui, nous sommes en présence d’un exercice budgétaire dépassé. Le Line by Line Item Budget ne permet pas d’interpeller le gouvernement sur les questions concernant sa politique générale. C’est inquiétant.

Le budget a été préparé dans un moment où le gouvernement subissait beaucoup de pressions sur le plan local, alors que la situation économique internationale se détériore. Certains disent que c’est un budget électoral. Qu’en pensez-vous ?
Ce n’est même pas un budget électoral. C’est un budget avec une perception populiste. C’est un budget destructif. On a vu que le pouvoir d’achat s’est évaporé immédiatement, parce que nous entrons dans un cercle vicieux, dans ce qu’on appelle la spirale inflationniste. C’est le drame. Si nous continuons dans cette spirale inflationniste, ce sera la descente aux enfers. Les plus grands bénéficiaires de cette situation, ce sont les spéculateurs. Le pouvoir d’achat du grand public s’est déjà érodé.

Le 17 juin dernier, le FMI a publié un rapport détaillé de la situation économique. Avez-vous pris connaissance de ce rapport ?
Le FMI met en garde le gouvernement contre l’utilisation de la Banque de Maurice. En Inde, par exemple, il y a des conditionnalités bien établies. On ne peut pas déprécier la roupie dans le but d’alimenter les réserves. Rs 158 milliards ont été transférées dans les caisses de l’État. Maintenant, on apprend que le gouvernement s’apprête à vendre les bijoux de l’État pour un montant de Rs 22 milliards.

À mon avis, l’annonce de la vente des actions de la MauBank et de la NIC n’est qu’un trompe-l’œil, parce que ces institutions n’ont aucune valeur. Je pense plutôt qu’ils balanceront une partie des actions de la SICOM, de la SBM et de MT. Or, au lieu voir des solutions aux vrais problèmes du pays, on voit une accentuation de la corruption, du népotisme et de l’enrichissement de certains.

Est-ce que le taux de croissance de 8,5% annoncé par le ministre des Finances est réaliste ?
C’est une croissance artificielle qui n’est pas basée sur la production et qui draine nos devises. D’ailleurs, le FMI prévoit une croissance de 6,1%. Sans être un économiste, je prévois une croissance de 4%. Le problème, c’est que nous évaluons la croissance sur la base de la valeur monétaire. On ne se rend pas compte des problèmes auxquels la population est confrontée. Elle est en détresse. De plus en plus de Mauriciens souffrent de stress. Il y a aussi le problème de la drogue, qui affecte les jeunes, qui sont en désarroi. Les personnes âgées sont inquiètes.

Quelles sont les mesures que vous auriez voulu voir dans ce budget ?
Nous nous attendions à un budget responsable, qui montre clairement la situation financière et fiscale, et ce que nous faisons pour encourager une politique de « prodwir seki nou manze », afin d’améliorer notre balance des paiements. Or, nous avons un ministère de l’Agriculture parallèle, Landscope, qui gère toutes les terres de la Stateland Development Company, qui sont bangolées. Elles sont distribuées aux petits copains sans qu’il y ait une politique bien définie.

Aujourd’hui, c’est la spéculation foncière. Alors qu’on aurait souhaité voir une démarcation des terres agricoles susceptibles d’être utilisées pour la production alimentaire. C’est le moment d’investir dans une politique agricole, de mobiliser nos ressources. On aurait dû avoir un plan quinquennal cohérent. Je suis heureux de voir que l’industrie reprend. Cependant, encore une fois, le gouvernement rêve en prévoyant l’arrivée de plus d’un million de touristes, alors que les prévisions du FMI tournent autour de 800 000.
Je suis aussi inquiet pour le secteur financier. Il faut être sur nos gardes. Il faut réinventer le secteur et tout faire pour faire disparaître l’image de paradis fiscal. Nous ne pouvons pas nous contenter d’être un Back Office. C’est pourquoi beaucoup de nos enfants choisissent de prendre de l’emploi au Luxembourg.

Sur le plan énergétique, il ne suffit pas de se quereller avec Terra ou de parler de l’introduction de LNG. C’est le moment de réunir les parties prenantes pour voir où en est notre politique en matière de biomasse.

Le Biomas Framework n’a pas encore été publié…
Tout à fait. Où est le Biomas Framework ? Pourtant, on a pris l’engagement que d’ici 2045, on aura une production de 60% d’énergie renouvelable. Je comprends qu’il y a un problème international et que nous aurons à avoir recours au charbon pendant quelque temps encore. Mais il faut se préparer. Il faut revaloriser les fonctions multifonctionnelles de la canne à sucre. Malheureusement, tout est fait de manière “piecemeal”, sans aucun plan d’ensemble.

C’est le moment de recréer un ministère du Plan. Auparavant, il y avait le MSIRI, qui disposait d’une politique définie très claire. Nous connaissions sa politique en termes de recherche et de développement. Le mal, aujourd’hui, c’est que toutes les institutions responsables de la recherche et du développement sont en panne. Nous nous contentons de dire que nous sommes un High Revenue Country”, et c’est tout. Nous ne pouvons continuer à nous gargariser avec des rêves alors que Kigali, au Rwanda, est en train de devenir un géant. C’est le cas pour la Gujarat International Technology en Inde. On ne peut continuer à vivre sur la gloire du passé.

Le directeur d’ENSafrica affirmait récemment que Maurice peut devenir un centre régional d’arbitrage. Qu’en pensez-vous ?
Nous avions commencé à le faire sous le régime travailliste. Il y avait un potentiel immense. Nous avons entendu deux ou trois cas, et puis c’est tout. Je dois rendre hommage à Navin Ramgoolam, Salim Moolan et à d’autres, qui ont travaillé sur ce projet. Par la suite, on n’a plus rien entendu. C’est le problème du gouvernement, qui patauge dans la politique instinctive et pratique la tyrannie du nombre. Ce qui explique ce que le Parlement est devenu aujourd’hui.

Parlons-en ! Vous qui avez été suspendus à plusieurs reprises cette année, qu’avez-vous à en dire ?
J’ai été sanctionné à huit reprises de manière consécutive, sans compter les problèmes rencontrés dans l’hémicycle. Nous sommes tous des humains. Le Speaker doit savoir attirer le respect du Parlement. Comment pouvez-vous traiter un politicien expérimenté comme Paul Bérenger comme un enfant et avec tant de mépris ? Moi-même j’ai été obligé de loger une affaire en Cour contre le Speaker. De quel temple de la démocratie parle le Speaker ? Comme le souligne Vinod Boolell, il a jugé les trois parlementaires du MMM la semaine dernière « in absentia ». Dans quel pays avez-vous vu cela ?

Kailash Purryag a raison de dire qu’elles devraient avoir recours à la Cour suprême. C’est comme si un juge avait prononcé un jugement à partir de sa maison sans qu’il y ait d’audience. Mais en fin de compte, le tort en revient au Leader of the House, Pravind Jugnauth, qui lui a donné un pouvoir absolu. Il y a une collusion entre l’exécutif et le Speaker. C’est inacceptable.

Pendant les débats sur le budget, il a autorisé une sortie viscérale du Premier ministre contre le MMM. Pourquoi ne pas avoir demandé au Premier ministre de ne pas aller au-delà des provisions des Standing Orders ? Je dois reconnaître que le Deputy Speaker commands respect et interprète les Standing Orders comme il se doit. Il doit acquérir encore de l’expérience, mais il est équitable. Toutefois, il a des instructions de l’extérieur. Ce n’est pas de gaieté de cœur qu’il a donné le Ruling contre Stéphanie Anquetil. Il est bon que cette dernière ait présenté ses excuses, mais ils en ont profité pour dire que le cas sera référé au DPP. Le problème, c’est qu’on ne peut pas avoir une relation saine avec eux. They always stab you in the back.

Dans votre intervention dans le cadre des débats sur le budget, vous avez attiré l’attention sur le risque que constitue l’amendement à la MCIA Act. Pouvez-vous nous en parler ?
J’ai en effet été choqué de voir dans l’annexe du budget qu’il y a une proposition pour amender la MCIA Act en vue de permettre à d’autres entités de procéder à la vente de produits sucriers. C’est inacceptable. Autant que je sache, le Syndicat des sucres est géré en toute transparence. Ce n’est pas juste de penser que c’est un bastion de l’industrie sucrière. C’est faux. La Sugar Authority, à l’époque, et la MCIA, aujourd’hui, ont toujours eu un droit de regard sur les activités de cette institution.

Nous sommes sortis de la production de 500 000 tonnes de sucre pour tomber à 250 000 tonnes. Nous essayons d’augmenter la production des sucres spéciaux. Ce n’est pas facile de trouver un marché. Le Syndicat des sucres a établi des relations très correctes avec les acheteurs étrangers et constitue un vendeur qui nous permet d’avoir une prévisibilité et une certitude. Si quelqu’un est en mesure de remettre en cause la bonne foi de Syndicat des sucres, qu’il le fasse. Mais il n’est pas question de prendre une décision uniquement pour plaire à une personne.

Certains croient qu’il y a des recettes mirobolantes dans ce business. Je leur donne un Warning. N’essayez pas d’influencer les planteurs en vous basant sur un mensonge et ne jouez pas à la politique instinctive à un moment où il faut revoir la politique agricole et cannière avec toutes ses fonctions multiculturelles ! Il faut avoir une politique de réhabilitation des terrains. Il ne faut pas vendre des rêves à un moment où notre production sucrière est limitée, et avoir une certitude sur nos marchés.

Que pensez-vous de la position du Premier ministre concernant les courses hippiques ?
Le Premier ministre a défendu ce dossier non pas sur la base de la raison, mais sur celle de l’émotion. Jean Michel Giraud avait attiré l’attention du Premier ministre d’alors sur la nécessité de mettre de l’ordre dans cette activité parce que, sous l’emprise de la mafia, les courses étaient devenues une machine pour blanchir de l’argent. Le problème est que certaines personnes l’ont géré comme un club, sachant que les courses étaient devenues une industrie. Le Premier ministre a utilisé une situation dénoncée dans le rapport Parry pour donner à une personne qui possède le SMS Pariaz sans être sur le serveur de la MRA. La GRA ne s’est pas pliée devant les recommandations du rapport Parry. Il semble qu’ils ont vu la possibilité de faire beaucoup d’argent aux courses.

Malheureusement, le peu de transparence qui existait a disparu et un traitement spécial est accordé à quelqu’un qui a affirmé avoir financé le MSM. La personne en question, non seulement organise les courses, mais fournit des chevaux aux écuries. Récemment, les résultats ont été annoncés avant les courses. C’est la décadence dans l’organisation des courses. Ce n’est pas ainsi qu’on fera des courses une industrie. Maurice doit devenir un centre de quarantaine, une plaque tournante pour l’exportation des chevaux, et ne peut être le monopole d’une personne ou d’une équipe.

Pensez-vous que les élections générales sont pour bientôt ?
Le Premier ministre sait très bien que nous ne sommes pas loin des élections générales. Il n’y aura pas des municipales. La visite du Premier ministre indien à Maurice, comme annoncée par le Premier ministre, ne changera rien. La population sait ce qu’elle doit faire. Je sais qu’on mijote des “on-dit” concernant des alliances avec X, Y et Z. Au nom du Ptr, j’ai déjà dit que pour conclure une alliance avec le MSM, il faut passer « over our dead body ». Le PTr est le parti le plus recherché pour le moment. Il a l’expérience, les compétences et l’équipe, et a toujours dialogué avec les partenaires au Parlement et hors du Parlement.

Il nous faut avoir une vraie Mauritius Inc. Nous n’avons pas en face de nous un adversaire politique, mais un politicien qui est prêt à tout. Le Ptr a toujours travaillé avec les personnes qui veulent travailler avec lui, et je ne vois aucune raison pour laquelle nous ne pourrions pas préparer Maurice à relever le défi, avec une feuille de route bien établie, afin de redonner à Maurice ses lettres de noblesse.

Vous avez conclu votre intervention sur le budget en parlant de l’unité dans l’opposition…
J’ai fait un appel à tous les partis parlementaires de l’opposition pour leur dire que nous avons une obligation morale de placer Maurice au-dessus de toutes considérations. Je connais les valeurs travaillistes et il faut qu’on conjugue nos efforts afin de redonner à Maurice ses lettres de noblesse, comme à l’époque où il y avait le rule of law et où le peuple pouvait respirer. J’en ai d’ailleurs parlé au leader du parti, Navin Ramgoolam. Je parle avec Xavier-Luc Duval, j’ai de très bonnes relations avec Paul Bérenger. Au Ptr, il y a une volonté pour que tout le monde travaille ensemble pour conjuguer nos efforts afin de dire non à un parti dont la politique est la tyrannie du nombre et qui a remis en cause l’indépendance de toutes les institutions. Nous avons l’obligation de remettre ce pays sur les rails.

Est-ce que vous avez le soutien de tout le Ptr ?
Le sentiment du Ptr – je ne voudrais pas parler en termes de TGV, de locomotive –, est que nous connaissons les valeurs travaillistes et le sentiment du Dr Ramgoolam. Je lui ai dit qu’avec l’expérience que nous avons acquise, c’est l’héritage que nous laisserons qui est important. Ni le parti ni le pays ne nous appartiennent. Le pays appartient à tout le monde. Il nous faudra honorer nos obligations et les valeurs travaillistes.

Est-ce que nous nous acheminons vers une alliance avec Navin Ramgoolam comme Premier ministre ?
Nous sommes tous dans une période de transition. Il est le leader du Ptr. Nous voyons un Navin Ramgoolam renouvelé. Nous avons l’expérience et la façon de faire. Nous sommes tous conscients de la nécessité d’assurer la relève. Notre première obligation est envers le pays et le parti. C’est vrai pour moi, pour Navin Ramgoolam, pour Xavier-Luc Duval, pour Paul Bérenger. Il faut se préparer pour une meilleure île Maurice.

Le Premier ministre dit que Bérenger supplie Ramgoolam pour un rendez-vous…
Il ne faut pas vivre dans un rêve. Je connais très bien Navin Ramgoolam et le respect qu’il a pour ses pairs. Bien sûr qu’il rencontrera Bérenger. Notre priorité est la rencontre de l’exécutif du parti. Ensuite, nous devons nous préparer pour l’organisation de notre congrès. Nous donnerons également priorité aux rencontres.

L’Entente de l’Espoir se présente comme un bloc. Qu’en pensez-vous ?
This is not an issue. L’objectif principal est de présenter une équipe qui réponde aux aspirations de l’électorat et de préparer une île Maurice meilleure. Ce sera la raison d’être de cette communion de gens de bonne volonté. L’île Maurice avant toute autre considération.

 

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