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Au nom de la décence, démissionnez M. Jagutpal

« Je dois aux gens qui ont tant sacrifié dans cette pandémie d’être honnête quand on les a laissés tomber. La dernière chose que je voudrais, c’est que ma vie privée détourne l’attention de l’objectif déterminé qui nous sortira de cette crise ». De tels mots auraient pu avoir été écrits par le ministre de la Santé, Kailesh Jagutpal au lendemain de la diffusion d’une vidéo le montrant se déhanchant dans une réunion familiale et ne respectant vraisemblablement pas les règles sanitaires imposées par le gouvernement pour contenir l’épidémie de Covid-19. Non, il s’agit des excuses présentées par un autre ministre de la Santé, celui de Grande-Bretagne après qu’une vidéo tout aussi embarrassante le montrait en train d’embrasser son assistante.

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Sur ces images de vidéosurveillance, datées de mai 2021, le ministre Matt Hancock, qui a subséquemment démissionné, enlace Gina Coladangelo son amie de longue date dans son bureau, enfreignant ainsi les règles de distanciation sociale. Ce qui n’aurait pu être qu’un scandale sexuel s’est couplé d’un scandale sanitaire, les deux étant mariés.

M. Jagutpal est sans doute un mari respectable et un honnête père de famille. Loin de nous l’idée de lui contester cela. Mais en tant qu’homme public et de surcroît ministre de la Santé, soit le fer de lance de la bataille du gouvernement contre la Covid-19, on attend de lui une conduite irréprochable eu égard aux lois sanitaires qu’il n’a cessé de défendre ces 20 derniers mois.

M. Jagutpal, tout comme n’importe quel ministre a le même droit que tout autre citoyen de la République à une vie privée. Nous ne saurions lui contester le droit de se rendre à un dîner familial et se détendre dans le cadre d’une réunion pour la Noël. Il n’en demeure pas moins que cela ne l’empêche pas d’être respectueux des lois de la République, et en particulier des règles sanitaires qui relèvent de son ministère.

Si aujourd’hui les discothèques sont fermées, à juste titre, c’est que la danse ne permet pas de respecter la distanciation sociale. Si les Mauriciens ont été privés de pique-niques en bord de mer, c’est parce que ces réunions, suivant la tradition mauricienne, se concluent souvent par des danses endiablées autour d’un feu au son de ravanes et d’autres percussions, permettant des contacts susceptibles de propager des virus. Si les réunions dans les salles de fêtes, gymnases et autres lieux de culte ont été interdites ou réduites à des nombres limités c’est pour éviter la promiscuité…

Comment alors accepter de voir un ministre aller vraisemblablement à l’encontre de cette règle de distanciation sociale. M. Jagutpal, on ne vous conteste pas votre droit à la vie privée mais en tant que ministre de la Santé, on attend de vous une conduite morale irréprochable, de la retenue quand vous êtes dans des réunions fussent-elles privées. Si la décence n’est pas un mot inconnu de votre vocabulaire, nous vous invitons à suivre la démarche de votre ancien homologue britannique et de présenter votre démission. À défaut, nous en appelons au Premier ministre pour qu’il limoge Kailesh Jagutpal.

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