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Beau-Bassin : Cri de colère des parents à École des sourds

Un orthophoniste soupçonné d’attouchements sur une quinzaine d’élèves, âgés de 5 à 14 ans

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La CID de Rose-Hill et la Brigade pour la Protection des Mineurs ont ouvert une enquête sur une série de cas d’attouchements sexuels présumés, dont auraient été victimes une quinzaine d’élèves fréquentant une école spécialisée de Beau-Bassin. L’orthophoniste (Speech Therapist), Ibrahim Sorefan, présumé auteur de ces actes, a été interpellé par la police. Hier, les enquêteurs ont enregistré une dizaine d’entrées (« diary entry ») des parents. Leurs enfants, qui ne peuvent s’exprimer convenablement en raison d’un handicap, seront assistés par un enseignant spécialisé lorsqu’ils seront entendus.

Bien que les jeunes présumées victimes, des garçons et des filles âgés de 5 à 14 ans, n’aient pas encore pu donner beaucoup de détails sur les faits, les enquêteurs ont néanmoins appris que l’orthophoniste avait l’habitude de les recevoir un à un dans une pièce, prétendument pour les « ausculter », Ibrahim Sorefan devant en effet s’assurer que leurs appareils auditifs fonctionnent bien.

Son autre responsabilité étant de les aider à s’exprimer convenablement. Mais cet habitant de Highlands aurait en fait profité de la situation pour demander à ses jeunes patients de se déshabiller, avant de leur faire visionner des films pornographiques et subir des attouchements. Après quoi il les aurait menacés de les punir si d’aventure ils tentaient de le dénoncer.

L’affaire a été révélée par une enseignante spécialisée de l’établissement, qui a alerté la direction après avoir conversé en langue des signes avec quelques enfants, dont certains doivent d’ailleurs prendre part aux examens du PSAC prochainement. Ces derniers lui ont alors expliqué ce que l’orthophoniste leur faisait subir. C’est alors que l’enseignante s’est souvenue d’un étrange incident.

Ainsi, explique-t-elle, alors qu’elle se trouvait un jour en classe avec quatre élèves, le suspect serait arrivé pour récupérer l’un d’eux, âgé de 12 ans. C’est alors, dit-elle, qu’un autre élève, âgé de 14 ans, se serait caché sous la table. Après avoir appris ce qui s’était passé, la Brigade pour la Protection des Mineurs a été avertie. Les officiers ont également dépêché un psychologue dans l’école en vue de collaborer avec les enseignants spécialisés et, ce faisant, mieux comprendre l’étendue du drame qui s’était possiblement joué dans l’établissement, en sus bien entendu de connaître les présumées victimes.

Les parents d’une quinzaine de présumées victimes ont été convoqués à l’école mardi après-midi. « Je croyais que mon enfant avait fait quelque chose de mal, car la direction voulait me parler », explique ainsi une mère, qui a porté plainte à la police.

« Une fois dans la salle, j’ai vu une quinzaine d’autres parents. Des officiers de la Brigade pour la Protection des Mineurs et un psychologue ont alors annoncé qu’un employé avait commis des attouchements sur plusieurs enfants, dont le mien », ajoute-t-elle.

« Mo soke, mo an koler. Pena mo pou seki sa dimounn-la inn fer mo zanfan », poursuit la mère de famille. Elle explique ainsi avoir remarqué un changement de comportement chez son fils ces derniers jours, mais avoue ne pas y avoir plus prêté attention.
Après la réunion de mardi, la mère a établi le lien avec certains faits étranges dans le comportement de son fils. « Ena zour li al lekol, li met de triko lor li. Li dir li gayn fre. Me li rod met jaket. » Aujourd’hui, elle dit mieux comprendre les appels de détresse de son enfant, et qu’elle n’avait pas remarqués.

De même elle dit s’interroger sur le recrutement du suspect, se demandant ainsi s’il a des antécédents. En attendant, elle s’est rendue au poste de police de Beau-Bassin, après quoi elle a été dirigée vers les Divisional Headquarters de Rose-Hill pour porter plainte. Elle a souhaité que son enfant soit examiné par un médecin de la police, tout comme les autres parents ayant porté plainte, d’ailleurs.

Une autre mère de famille, tout aussi désemparée, raconte, elle aussi, que sa fille a été victime du suspect. Une nouvelle qu’elle avoue cependant n’avoir apprise qu’après la réunion de mardi.

En attendant, la police a interpellé l’orthophoniste hier pour interrogatoire. Il a nié les accusations portées contre lui et devait remettre son cellulaire aux enquêteurs pour examen. Les enquêteurs prendront une décision sur son sort ce jeudi. Les victimes devront en outre participer à un exercice d’identification aussitôt après avoir officiellement logé leur plainte, assisté par un interprète professionnel. Les enfants bénéficient aussi d’un suivi psychologique.

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