SHAAMA SANDOOYEA
Licenciée en sciences marines et environnementales de l’Université de Maurice
Membre (de l’équipe de coordination) du mouvement de protestation Fridays For Future Mauritius

Peponocephala electra, le dauphin d’Électre, est un cétacé à dents (traduit du latin, cétacé veut dire baleine) de la famille Delphinidae. Bien qu’elle soit principalement présente dans les océans tropicaux et subtropicaux, cette espèce est difficile à repérer, car elle vit en haute mer; elle nage très vite et préfère les eaux profondes où elle se nourrit de poissons, de calmars et de crevettes la nuit. Le dauphin d’Électre, de nature un animal grégaire, est souvent confondu avec sa cousine l’orque pygmée (orque naine). Le corps du dauphin d’Électre est raffiné et sombre avec la base de sa nageoire dorsale plus foncée. Ses nageoires pectorales (sur les côtés) sont particulièrement pointues. Le bec est absent chez cette espèce et sa tête est en forme de pastèque. En effet, le dauphin d’Électre possède un « melon » – un organe rempli de graisses situé à l’avant de sa tête qui l’aide dans le processus d’écholocalisation. Les cétacés possèdent des poumons et plongent constamment en apnée pour se réalimenter mais doivent obligatoirement refaire surface pour respirer. Le cycle respiratoire des cétacés, inclus le dauphin d’Électre, s’est adapté afin qu’ils puissent rester le plus longtemps possible sous l’eau. Leurs poumons se sont également adaptés à la forte pression des profondeurs et les protègent pendant les plongées profondes ou de longues durées. De plus, ils réduisent considérablement leur rythme cardiaque pour limiter leur consommation d’oxygène. Ceci dit, le moindre stress (onde sonore ou choc physique) subi par l’animal dans cette condition peut engendrer une peur extrême augmentant ainsi le rythme cardiaque et le pousser à remonter à la surface rapidement. Cette réaction subite peut lui être fatale car une remontée soudaine provoque la formation de bulles de gaz dans le sang ou dans les tissus à cause du changement drastique de pression.

Crédit photo : Whale and Dolphin Conservation (https://uk.whales.org/whales-dolphins/species-guide/melon-headed-whale/)

Les herbiers marins

Les herbiers marins sont des prairies marines composées de plantes à fleurs (pas d’algues) que l’on peut trouver dans les eaux peu profondes des régions tempérées et tropicales. Tout comme les plantes à fleurs terrestres, elles ont des feuilles, un rhizome (une tige souterraine horizontale), une gaine et des racines. Les différentes espèces sont facilement distinguées par leurs feuilles car celles-ci possèdent des caractéristiques distinctes. Par exemple, les Halodule spp. et les Cymodocea spp. ont des feuilles aplaties alors que les feuilles des Syringodium spp. sont subulées (un peu en forme de spaghettis). Certaines de ces plantes produisent des fleurs qui seront pollinisées dans le but d’assurer la reproduction de leurs espèces. Il existe plusieurs façons pour que les fleurs puissent être pollinisées en mer – par de petits organismes marins ou par des courants sous-marins. D’autres espèces de ces plantes à fleurs se reproduisent d’une manière asexuée qui peut se réaliser à partir d’un rhizome ou d’une plante entière. Les herbiers marins participent à l’oxygénation de leur environnement à travers la photosynthèse et séquestrent donc le carbone dans le sol sous forme de sédiments par les racines. En effet, cet écosystème est connu pour être un des précieux stocks de carbone (puits de carbone bleu) pour la planète et joue un rôle crucial face à la crise climatique. Ces herbiers marins agissent aussi comme un filtre contre la pollution terrestre en contenant l’excès de nutriments de nos eaux usées domestiques et urbaines pour que les récifs coralliens puissent proliférer dans de l’eau claire. La présence des herbiers marins protège nos régions côtières de l’érosion. De plus, les herbiers marins fournissent un habitat / une pépinière / un refuge pour les poissons, les crustacés et les tortues de mer.

Crédit photo : Shaama Sandooyea

« Poulpe diurne »

Le poulpe de récif commun (Octopus cyanea), aussi connu sous le nom de « poulpe diurne », est une espèce marine de la classe céphalopode. Le nom « diurne » lui est attribué car il se nourrit (de crustacés et de poissons) au lever et au coucher du soleil. Ce gros poulpe est présent dans les régions tropicales, dont l’océan Indien. Cette espèce est très fameuse pour son atout dans les « kari ourit ». On peut trouver ce poulpe sur plusieurs types de substrats (sableux, rocheux, herbiers marins, coralliens) et parfois jusqu’à 60 mètres de profondeur. La couleur de cet animal change selon son humeur et varie de rouge vif à brun violacé (bleu ou vert à partir de 5 mètres). Des points blancs sont également présents le long de ses bras (pas tentacules). Les poulpes, de manière générale, sont considérés comme des animaux marins intelligents. En plus de leur vrai cerveau situé dans leur tête, ils possèdent huit autres « cerveaux » (qui traitent plus précisément les sensations par exemple le goût, l’odeur ou la texture) à la racine de leurs bras ! De plus, s’ils perdent un bras, un autre repoussera. Les poulpes sont capables de se camoufler à l’aide de cellules spéciales que l’on appelle des chromatophores. Les poulpes sont aussi capables de relâcher plusieurs jets d’encre vers leurs agresseurs provoquant un nuage noirâtre qui fait écran et permet aux poulpes de disparaître. Contrairement à nous, le sang des poulpes est bleu car il contient une protéine riche en cuivre (l’hémocyanine).

Crédit photo : Ian Shaw

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Le petit Molosse de Maurice

ASHMI YOGISHAH BUNSY 


Étudiante en MPhil/PhD à L’Université de Maurice 
Educatrice pour l’ONG Ecosystem Restoration Alliance Indian Ocean (ERA IO)

ASHMI YOGISHAH BUNSY

Le petit Molosse de Maurice (Mormopterus acetabulosus) est la seule espèce de chauve-souris insectivore endémique à Maurice. Il a une envergure de 10 cm et un adulte pèse en moyenne environ 8 g. L’espèce vit principalement dans des grottes, ce qui confère une protection additionnelle aux chauves-souris gravides afin de pouvoir donner naissance à des bébés. Comme la plupart des espèces de chauves-souris dans le monde, le petit Molosse ne donne naissance qu’à un seul bébé par an, ce qui rend l’espèce très vulnérable à l’extinction. En effet, M. acetabulosus est répertorié comme « En danger d’extinction » sur la liste rouge de l’UICN. L’espèce utilise l’écholocation (ce qui consiste à envoyer des sons et à écouter leur écho pour localiser, et dans la moindre mesure identifier les éléments d’un environnement) pour se diriger et chasser ses proies dans le noir et en plein vol. Le régime alimentaire du petit Molosse est principalement composé d’insectes, notamment des vecteurs d’agents pathogènes humains et d’insectes qui attaquent des cultures telles que les litchis et la canne à sucre. L’espèce fonctionne ainsi comme un ‘insecticide naturel’. En effet, M. acetabulosus consomme de très grandes quantités d’insectes. Un individu ingère en moyenne 600 insectes à l’heure, soit l’équivalent de son propre poids en une nuit. L’espèce peut également jouer un rôle important dans les écosystèmes des cavernes en fournissant du guano, qui est souvent le seul apport de nutriments allochtones dans ce type d’environnement. Ces grottes fournissent aussi des habitats à la faune d’invertébrés dont la plupart n’ont pas encore été documentés. Jadis commun à l’île Maurice, M. acetabulosus a malheureusement rapidement disparu depuis la fin des années 1990. Les études de certaines grottes suggèrent que les activités humaines (jeter excessivement des déchets) sont problématiques. Les récoltes de nids d’Hirondelle (Aerodramus francicus), qui se produisent souvent dans les mêmes grottes que les chauves-souris, peuvent causer d’autres perturbations. La réduction de la disponibilité des proies peut être un autre facteur clé affectant les populations de M. acetabulosus, tout comme l’intoxication par les pesticides. Tous ces facteurs affaiblissent ainsi le service écosystémique que nous fournit le petit Molosse de Maurice.

Crédit photo : Save Our Mauritian Bats