Arrestations pour la manif du 23 avril : Incident entre la police et un avocat au bureau de la CID

Un incident s’est déroulé entre un membre de la CID de Terre-Rouge et un homme de loi samedi dans le sillage de l’arrestation de trois individus soupçonnés d’avoir pris part à une manifestation illégale sur l’autoroute à hauteur de Bois-Marchand le 23 avril dernier. Un groupe de personnes avait en effet obstrué la route ce jour-là en mettant le feu à des pneus usagés, tandis que d’autres lançaient des projectiles sur des policiers, blessant ainsi notamment à l’œil le constable Baptiste, qui avait dû ensuite subir une intervention chirurgicale.

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Dans le cadre de son enquête, la CID a interpellé trois fermiers de Bois-Marchand âgés de 19, 21 et 39 ans. Devant être interrogé samedi, ce dernier a retenu les services d’un homme de loi pour l’assister. Le suspect a nié les faits reprochés, tout en fournissant aux policiers un alibi, que ses deux proches ont confirmé.
L’homme de loi aurait alors demandé la permission pour se rendre aux toilettes vers 9h20, selon un policier de la CID. Il aurait ainsi quitté la salle d’interrogatoire. Le constable est ensuite sorti du poste de police. C’est alors qu’il dit avoir vu la mère des deux plus jeunes suspects conversant au téléphone. Lorsqu’elle a raccroché, le policier lui a demandé avec qui elle parlait. L’intéressée a répondu : « Mo ti pe koz ek mo ser ! »

En rentrant au bureau, l’avocat était de retour. Assis, ce dernier attendait le policier. Soupçonnant quelque chose de louche, l’enquêteur est alors redescendu au rez-de-chaussée, où il a vu la femme qu’il venait de rencontrer faire de grands signes en direction du premier étage, et plus précisément de la salle d’interrogatoire. Le policier s’est ensuite saisi du cellulaire de la mère des suspects avant de noter que celle-ci avait conversé 43 secondes sur un numéro utilisé par l’avocat. Interrogée, celle-ci est restée silencieuse.

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Après cela, le policier est remonté dans la salle d’interrogatoire. Confronté à ce détail, l’homme de loi semblait confus, ne sachant que dire, selon le policier. Ce dernier aurait alors reproché à l’avocat son comportement, qu’il qualifie de « unethical behaviour ». Peu après, l’avocat aurait lancé : « Mo finn sonn madam-la pou dir li reste akoz bizin donn statement alibi. »
Le policier estime que l’homme de loi a agi de « manière peu professionnelle » et non conforme au code d’éthique. Il dit ainsi soupçonner l’avocat d’avoir passé cet appel afin que l’épouse du trentenaire confirme son alibi, portant dès lors préjudice à l’enquête. Il dit également soupçonner la femme en question d’avoir ensuite communiqué par gestes avec ses deux fils depuis le rez-de-chaussée du poste de police.
De son côté, l’homme de loi n’a pas la même interprétation des faits. Il a d’ailleurs logé une Pre-Measure Statement , expliquant qu’il avait demandé la permission de se rendre aux toilettes, car étant en proie à des éternuements, dit-il. En sortant, ne voyant pas l’épouse de son client, il dit l’avoir appelée afin de lui demander de revenir afin que celle-ci consigne un Statement concernant l’alibi de son mari. C’est alors, dit l’homme de loi, qu’un policier l’aurait accusé d’avoir enfreint le code d’éthique et qu’il ne pouvait pas appeler la femme en question.

L’avocat ajoute avoir demandé au policier de questionner la principale concernée afin que celle-ci lui dise la teneur de leur conversation téléphonique, ce que le policier aurait refusé, selon l’homme de loi. Ce dernier ajoute n’avoir dès lors pas eu d’autre choix que de mettre fin à l’exercice d’interrogatoire. Il souhaite que la police initie une enquête sur les allégations formulées par le constable à son encontre.

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L’incident a été rapporté en haut lieu à la Northern Division le même jour. Le surintendant Purmarssur, Divisional Commander, a immédiatement ordonné qu’une enquête soit ouverte pour établir ce qui s’est passé au poste de Terre-Rouge. Quant aux trois suspects, ils ont été inculpés sous une accusation provisoire de rébellion à la Bail and Remand Court. Ils demeurent en détention préventive.

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