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Boni et prêt de la DBM : une politique ciblée pour certains proches du pouvoir ?

Pourquoi cette institution n’a accordé que cinq jours aux PME pour soumettre leurs demandes ?

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Il semble que certaines personnes parachutées à la tête de certaines institutions financières pour soutenir le développement du pays se montrent indignes de cette confiance placée en elles par le régime de Pravind Jugnauth. Un cas flagrant : la Banque de Développement (BDM) de Maurice décide d’accorder des prêts aux PME pour leur permettre de payer le boni de fin d’année à leurs employés. Un point très significatif qui saute aux yeux : les demandeurs n’avaient que cinq jours pour soumettre leur demande, soit entre le 20 et le 24 décembre, soit à la veille de Noël !

Pourquoi en cette période festive alors que la direction de la BDM aurait dû planifier l’application d’une telle décision avant le début de décembre même ? Cet exercice démontre la léthargie proverbiale qui prévaut dans certaines institutions de ce pays, et qui est à l’image des nominés politiques.

Les conditions de ces prêts sont tout autant contraignantes. Normalement, toute PME doit être enregistrée au préalable et être en règle avec le paiement à la Contribution sociale généralisée (CSG). Mais là où le bât blesse, c’est quand la BDM exige un “return” pour les trois derniers mois de cette cotisation. À quelle vitesse express, ces PME devront formuler leurs demandes avant de recevoir un tel bilan. Il ne faut pas perdre de vue que toutes les PME n’ont pas de grands moyens informatiques pour communiquer à la vitesse de l’éclair ! Passons…

Quant aux conditions attachées à ces prêts, c’est encore plus risible. D’abord, ces prêts sont frappés d’un taux d’intérêt de 2% annuellement et doivent être remboursés sur une période de deux ans, incluant un moratoire prenant fin en juin 2022. Donc, en réalité, les PME bénéficiaires de ces prêts s’endettent davantage au vu de la situation économique actuelle. Et le pire, c’est qu’elles n’ont que 18 mois tout compte fait pour rembourser ces prêts.

Heureusement que le ridicule ne tue pas, car certaines PME ne veulent plus s’enfoncer davantage dans le trou de la dette et ont déjà trouvé seules les moyens d’honorer le paiement du boni de fin d’année à leurs employés. Gouverner c’est prévoir, n’est-ce pas ? Mais quand on a des canards boiteux à la tête d’institutions comme la BDM, le régime de Pravind Jugnauth risque d’entendre bientôt sonner le glas…

Suttyhudeo Tengur
Président de l’APEC
26.12.2021

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