PADMA UTCHANAH

Présidente du Ralliement

Citoyen pour la Patrie

Le ciel bleu, l’embrun et l’eau de mer turquoise, les couleurs chatoyantes du marché de Port-Louis, des épices qui fleurent bon le cocon familial… L’appel du chant patriotique vous prend aux tripes et rien de tel qu’un retour aux sources.

Le monde s’emballe frénétiquement. Le coronavirus ne nous laisse aucun répit et l’avenir devient de plus en plus incertain. Notre pays était coupé du monde et dès que le Gouvernement mauricien a enfin décidé de soulever cette cloche infernale, j’ai saisi cette opportunité inespérée pour prendre le vol à bord de notre patrimoine national Air Mauritius.

Quatre jours avant le départ, la compagnie m’a contactée afin de vérifier si j’avais effectué le test PCR et si j’avais bien rempli les conditions nécessaires pour rentrer au bercail.

La chair de poule s’est emparée de moi en montant à bord de MK. Le décollage s’est fait à l’heure. À bord, le personnel navigant est vêtu d’une blouse blanche, masque, gants et même d’une charlotte. Afin de respecter les règles de distanciation, MK a attribué un siège sur deux. Toutefois, il est dommage de constater que sur les places inoccupées, il y avait coussins et couvertures. Ils sont donc potentiellement contaminés et ne seront plus utilisables avant d’être nettoyés. Ce sont donc des coûts supplémentaires dont MK pourrait bien se passer. Il est facile de savoir le nombre de passagers et de comptabiliser les accessoires à leur disposition. J’invite donc la compagnie à repenser cela pour plus d’économie. Hormis cette légère fausse note, le protocole sanitaire était bien appliqué à bord. Les toilettes étaient également nettoyées de temps en temps. Une bouteille d’eau était fournie afin d’éviter que les passagers circulent dans les couloirs ou qu’ils soient en contact avec les hôtesses. Un sachet de masques était également offert. Le personnel navigant était serviable et chaleureux.

Les courbes de la mère Patrie se dessinent à l’horizon. Le vrombissement du moteur me fait frétiller. Au moment où les roues effleurent la piste, une émotion patriotique se saisit de mon âme. Je ne peux penser à l’affect de tous ces Mauriciens restés bloqués à l’étranger de longs mois.

Indiscipline

À mon arrivée à l’aéroport SSR, le parcours était bien indiqué. Avant de passer à la police douanière, un agent aéroportuaire vêtu d’une combinaison Personal Protective Equipment (PPE) a pris notre température. Catherine Gaud était présente également. Un monsieur juste devant moi avait omis de porter son masque correctement, ne se couvrant pas le nez. Le Dr Gaud a rappelé à l’ordre un agent pour qu’il veille à ce que les entrants portent correctement leurs masques. Les personnes âgées ou en situation de handicap étaient très bien accompagnées par des agents en combinaison PPE. Une fois les formalités douanières terminées, je faisais la queue pour me rendre au comptoir sanitaire. Debout en face du PIO Clerk Office, j’ai pu constater le non-respect des protocoles de la joyeuse tribu des policiers. Ils étaient au moins 7 et plus de la moitié ne portaient pas correctement leurs masques. Au moment de signer le registre, deux d’entre eux, le masque sous le menton, étaient côte à côte. Le comble, c’est cette scène ahurissante où un autre policier (le masque sous le menton également) éternue sans le faire au creux de son coude, puis l’air désinvolte, sort son mouchoir en tissu, se mouche et le range dans sa poche comme si de rien n’était. Puis, affichant toujours la même insouciance, il part discuter avec son collègue (sans distanciation) et sans se laver les mains ni même les désinfecter au gel hydrologique. Visiblement, tout porte à croire que les plus indisciplinés dans cet aéroport, ce sont quelques agents de maintien de l’ordre. Il faudra que le commissaire de police revoie ses troupes et rappelle à l’ordre ces brebis galeuses.

La suite s’est passée sans encombre ; après avoir récupéré les bagages, les passagers ont été orientés vers la sortie et très bien accueillis par le personnel de l’hôtel. Les valises ont été transportées dans des camions du Ministry of Health & Quality of Life, et les passagers dans les bus de la CNT. Il n’y a eu aucun contact avec d’autres passagers que ceux du vol en partance de la France ni à l’intérieur ni à l’extérieur de l’aéroport. Les bus ont pris la route de l’hôtel sous la bonne escorte des motards.