MONIQUE DINAN

Nous pouvons être fiers en tant que Mauriciens de la belle industrie du poulet local qui a créé tant d’emplois et qui rétribue des personnes hautement qualifiées aussi bien que des citoyens sans diplômes dans tous les domaines du monde du travail : élevage, usines, transport, commerce, banques, cuisine.

La cause principale de cette hausse des prix du poulet est le prix de plus en plus élevé de l’importation du maïs et du soja pour nourrir les animaux. La solution ne serait-elle pas de lancer sans tarder toute une campagne bien menée pour planter du maïs, du blé et du soja, importés actuellement de pays lointains avec beaucoup de fret à payer, sur des terres inexploitées que l’on rencontre un peu partout dans l’île ?

Nous avons de moins en moins d’agriculteurs dans notre pays

Voici un domaine où gouvernement, secteur privé et financier devraient travailler ensemble pour faire diminuer les importations de produits de nourriture qui sont importés à des prix de plus en plus élevés.

•Maïs et soja pour nourrir les animaux de basse-cour

•Goyave de Chine, goyaves et citrons pour les confitures et jus de fruits locaux.

•Légumes plantés localement pour être réfrigérés ou mis en boîte au lieu de produits importés et mis en boîte de l’étranger.

Cela va nécessiter un bon planning, des connaissances modernes de l’agriculture, des investissements pour former les jeunes qui n’ont pas réussi leurs études secondaires et pour fournir du travail à des femmes, comme cela s’est fait pour la production du thé local qui maintenant répond non seulement aux besoins du pays mais qui est aussi exporté.

Une seconde suggestion

Que la plus ancienne banque du pays – la MCB – avec la belle histoire de tous les défis qu’elle a relevés se lance, dans ce contexte compliqué du COVID, de travailler la belle pelouse verte dûment travaillée en face de son bâtiment devant l’église de Saint Jean en un vaste potager pour le maïs, le manioc et les fruits locaux. Ces plantations serviraient de modèles à ceux qui possèdent des terrains inexploités, qui pourraient suivre au fil des mois quoi faire et seraient assurés que leurs produits seront achetés en vue d’être travaillés en usine pour la vente locale.

Il faut toute une campagne pour la promotion de produits agricoles assurés d’être achetés pour des besoins locaux.

Nous avons vécu le miracle de la zone franche

Nous pouvons maintenant avoir une révolution verte pour réduire les importations qui drainent notre République de revenus de plus en plus rares. Une suggestion comme une autre d’éduquer nos jeunes qui ne réussissent pas leurs études secondaires à devenir des agriculteurs capables de recevoir un salaire décent.

Nourrissons notre économie de produits plantés localement : nos roupies resteront dans notre pays, des jeunes seront formés pour devenir des Mauriciens fiers de travailler dans des groupes reconnus pour leur sérieux.

Depuis le début de l’année 2021, notre République a importé 1 milliard de fruits et légumes, Rs 968 millions de produits laitiers et œufs, Rs 494 millions de céréales. Nous avons aussi à importer le ciment, le fer et l’acier pour les constructions et Rs 122 milliards de produits pharmaceutiques. Voyons comment réduire nos dépenses en cultivant les produits agricoles importés par Mahé de La Bourdonnais pour nourrir la population installée dans le pays au cours du XIXe siècle. Apprenons du passé pour construire l’avenir.