Hansley Félicité, Jean-Jacques Félix, Gérard Lavigilante, Oulerven Naidu et Nelly Vencatachellum, qui représentent à eux cinq trois générations de guitaristes classiques, ont amené le public dans un merveilleux voyage autour du monde à travers la guitare classique le mois dernier, dans le cadre d’un spectacle exceptionnel qu’ils ont offert au Conservatoire national de musique François-Mitterrand (CNMFM), et qu’ils ont repris le lendemain au Centre culturel d’expression française (CCEF), à Curepipe.
Pendant une heure, les cinq guitaristes se sont succédé sur scène tantôt à titre individuel, tantôt en duo ou en groupe. C’est Gérard Lavigilante, enseignant de guitare, et Hans Félicité, qui s’est fait remarquer lors du concert donné par le London Symphony Orchestra, qui ont ouvert cette soirée avec Polonaise Concertante de Mauro Giuliani, du célèbre guitariste, violoncelliste, chanteur et compositeur italien du 19e siècle, pour le plus grand bonheur des spectateurs – dont certains découvraient pour la première fois les sonorités de la guitare classique. Gérard Lavigilante a poursuivi avec Prelude BZV 1007, du compositeur allemand du 17e/18e siècle, Jean Sébastien Bach et Ave Maria de Charles Gounod, compositeur français, du XIXe.
Jean-Jacques Félix et Hansley Félicité ont proposé deux autres morceaux classiques du 19e siècle avec Tango espagnol, écrit au départ pour piano par le pianiste et compositeur espagnol Issac Albeniz et repris pour guitare et le célèbre morceau Serenade no 1, op 96 (1er mouvement) du guitariste classique et compositeur italien Ferdinando Carulli.
Le spectateur a eu l’occasion non seulement d’apprécier la grande maîtrise de la guitare classique démontrée par les cinq musiciens sur des morceaux plus anciens mais d’entendre des compositeurs contemporains à travers la prestation des jeunes musiciens.
Nelly Vencatachellum et Oulerven Naidu se sont d’abord produits en duo sur Romance no.1 de Francis Kleynjans. Né à Paris en 1951, Francis Kleynjans a commencé la guitare classique à l’âge de 14 ans. Il a travaillé avec Alexandre Lagoya au Conservatoire national de musique de Paris et par la suite, avec le guitariste vénézuélien Alirio Diaz. Il a été bénéficiaire de la fondation Yehudin Menuhim et a, à son actif, la composition de plus de 700 morceaux qui sont joués à travers le monde.
Ils ont poursuivi seuls, chacun à leur tour, pour interpréter Danza Brasileira du guitariste argentin, Jorge Morel, né en 1930 et mort en 2021 et Sonatina (1er mouvement) de Morena Torroba, compositeur espagnol né en 1891 et mort en 1982.
Hansley Félicité a joué Songe Capricorne Roland Dyens, guitariste, compositeur et arrangeur français, d’origine tunisienne, né en 1955 et mort en 2016. Roland Dyens était considéré comme un musicien « créatif, éclectique, inspirant et vivant avec un esprit libre » par ses pairs. Oulerven Naidu et Hansley se sont accordés sur Prélude et fugue en Mi-majeur du guitariste compositeur italien Mario Castelnuovo Tedesco (1895-1968), qui a dû trouver refuge aux États-Unis, en 1939, sous le régime fasciste de Mussolini.
Aujourd’hui, le morceau Larivier Tanier, un classique du répertoire musical mauricien, est devenu un incontournable des prestations offertes par le Conservatoire François-Mitterrand. Après l’avoir entendu, à plusieurs reprises sur d’autres instruments, y compris par l’ensemble du conservatoire, Gérard Lavigilante l’a interprété sur guitare classique.
La soirée a brillamment pris fin avec Habanera et Aragonaise, extrait de l’opéra Carmen de Georges Bizet, avec le quatuor Félix, Hansley, Vencatachellum et Naidu.
Le spectateur est sorti de la salle de concert, détendu et ressourcé.

