Construction  : La hausse des coûts s’installe

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Depuis janvier, la courbe change de pente : elle grimpe à 149,9 points, puis poursuit son ascension jusqu’à 154,4 en juin.

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Après six mois de quasi-stabilité, l’indice des prix de la construction résidentielle a fortement accéléré au premier semestre 2026. Matériaux, béton et location d’engins font remonter la pression sur les chantiers.

Le retournement est net. Entre juillet et décembre 2025, l’indice des prix de la construction n’avait pratiquement pas bougé, passant de 147,3 à 147,6. À partir de janvier 2026, la courbe change de pente : elle grimpe à 149,9, puis poursuit son ascension jusqu’à 154,4 en juin.

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Sur douze mois, de juillet 2025 à juin 2026, l’indice progresse d’environ 4,8 %. Mais cette moyenne masque deux périodes très différentes. Le second semestre 2025 est presque plat, tandis que les six mois allant de décembre 2025 à juin 2026 concentrent une hausse d’environ 4,6 %.

Le premier choc intervient en janvier, avec une augmentation mensuelle de 1,6 %. Au deuxième trimestre, l’indice gagne encore 0,7 % en avril, 1,0 % en mai et 0,2 % en juin. Par rapport aux mêmes mois de 2025, la hausse atteint respectivement 5,2 %, 6,2 % et 6,1 %. L’inflation de la construction n’est donc plus un mouvement isolé : elle se maintient au-dessus de 6 % sur un an en fin de trimestre.

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La rupture intervient au début de 2026, après une longue phase de stabilité.

Mai, mois de toutes les tensions
L’évolution du deuxième trimestre montre que la poussée n’est pas uniforme. Avril est surtout marqué par la flambée de 4,8 % des tarifs de location d’engins, à laquelle s’ajoutent les hausses des barres d’acier et de la charpente en bois, toutes deux de 2,4 %.
En mai, le choc devient plus large. Le béton prémélangé augmente de 5,2 %, la charpente en bois de 2,8 %, le mortier prémélangé de 1,6 % et les barres d’acier de 1,2 %. La peinture, l’installation électrique, la menuiserie, le carrelage et le granit progressent également. Cette diffusion à plusieurs postes explique la hausse de 1 % de l’indice général, la plus forte du trimestre.

En juin, l’augmentation ralentit à 0,2 %, sans disparaître. Le carrelage et le granit prennent 1,5 %, le hardcore 1,2 %, la charpente en bois 0,8 % et les agrégats 0,5 %. Le repli du rythme mensuel ne signifie donc pas une baisse des prix : le niveau atteint reste élevé et plusieurs composantes continuent de renchérir.
Les variations les plus marquantes des principaux intrants au deuxième trimestre.

Le gros œuvre absorbe le choc
Les catégories de travaux confirment le rôle central du gros œuvre. Son sous-indice augmente de 0,9 % en avril, de 1,7 % en mai et de 0,1 % en juin, pour atteindre 154,2. Les travaux de béton progressent notamment de 3,8 % en mai, tandis que le renforcement, le coffrage, le plâtrage et la plomberie sont également touchés. En juin, le carrelage affiche encore une hausse de 1,3 %.

Cette composition est importante pour les ménages. Les postes concernés interviennent tôt dans le chantier et sont difficiles à reporter une fois les travaux lancés. Une hausse du béton, de l’acier ou des engins peut donc peser immédiatement sur la trésorerie, les devis et le calendrier de construction.

Ce que l’indice mesure — et ses limites
L’indicateur publié par Statistics Mauritius est un indice de coût des intrants. Il suit les prix du travail, des matériaux, des engins et du transport nécessaires à la construction d’une maison individuelle de plain-pied de 137 mètres carrés. Il repose sur 91 articles observés chaque mois auprès d’environ 70 points de vente répartis dans huit régions.

Il ne mesure toutefois pas le prix final payé par le client. Les marges des entrepreneurs, les frais généraux, le prix du terrain, le permis de construire et les honoraires du dessinateur ne sont pas compris. L’impact réel sur un projet particulier peut donc être supérieur ou inférieur à la variation de l’indice.

Analyse : vers une pression durable plutôt qu’un simple accident
Le deuxième trimestre ne ressemble pas à un épisode provoqué par un seul produit. La hausse touche successivement les engins, le béton, l’acier, le bois, le mortier, les finitions et l’électricité. Cette diffusion suggère une pression plus structurelle sur les coûts de chantier.
Le ralentissement observé en juin constitue un signal légèrement favorable, mais il est trop tôt pour parler d’accalmie. L’indice continue d’augmenter et demeure supérieur de 6,1 % à son niveau de juin 2025. Pour qu’un véritable retournement se confirme, plusieurs mois de stabilité — voire de baisse — des principaux matériaux seraient nécessaires.

Pour les familles, la conséquence probable est une révision des budgets, une réduction de la superficie ou des finitions, ou encore un étalement des travaux. Pour les entrepreneurs, la volatilité complique la validité des devis et augmente le besoin de clauses d’ajustement. Enfin, pour les pouvoirs publics, cette hausse peut alourdir le coût des programmes de logements et des infrastructures si elle se prolonge.

 

 

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