Tentant de contrer des dénonciations « MT – Recipe for Another MK », le CEO de MT attribue cette performance au budget alloué pour le VRS

Après Air Mauritius et la State Bank of Mauritius, Mauritius Telecom, faisant partie jadis des “Jewels in the Crown”, affiche une performance financière en berne. Ainsi, les actionnaires de Mauritius Telecom, réunis hier en assemblée générale, ont été informés que pour l’exercice financier 2019, soit avant l’avènement de la COVID-19, les profits nets ont accusé une baisse de 50%, alors que les revenus n’ont guère progressé pour se maintenir à hauteur des Rs 10,5 milliards, comme cela avait été le cas pour le précédent exercice. De son côté, le Chief Executive Officer, Sherry Singh, projeté aux devants de l’actualité pour d’autres motifs que des raisons d’affaires, souligne que cette réduction dans les profits s’explique par les paiements au titre du Voluntary Retirement Scheme mis à exécution. Par contre, un Whistle Blower, installé dans les étages de la Telecom Tower, fait circuler ces dernières semaines un document intitulé “MT – Recipe for another Air Mauritius”, dénonçant des largesses sur des traitements salariaux en faveur des MSM Buddies.
Le rapport annuel confirme que les profits nets de Mauritius Telecom ont baissé de Rs 657 millions pour 2019, pour se retrouver à Rs 643 M, alors qu’ils étaient de Rs 1,3 milliard en 2018. MT a généré des revenus de Rs 10,5 milliards, soit une légère baisse comparée à 2018. Les profits bruts sont toutefois chiffrés à Rs 7,8 milliards, soit en hausse de 4,7% comparés à 2018. Le groupe MT a également investi Rs 2,5 milliards durant l’année financière 2019.
Dans son message sur la performance financière, Sherry Singh attribue la baisse des profits nets au paiement du Voluntary Retirement Scheme. « Our net profit of Rs 643 million was impacted by an exceptional Voluntary Retirement Scheme. Else, our net result remained stable at Rs 1.2 billion as compared to previous years. We have successfully implemented bold strategies and in the year under review, we focused not only on strengthening our current leadership position in our core businesses but very importantly, we laid the foundations towards becoming a major player in the payments industry », déclare-t-il à ce titre.
En termes de contribution de Corporate Social Responsibility, la Mauritius Telecom Foundation a injecté Rs 175 millions dans des projets entre 2015 et 2019. « Nous nous concentrons sur les domaines clés, qui ont parfois un impact qui change la vie sur la vie de nos concitoyens, en travaillant avec plusieurs ONG à Maurice, Rodrigues et Agalega. Nous soutenons des projets communautaires dans les domaines des TIC, de l’éducation, des problèmes de santé, du sport et de l’environnement. Après le succès de MUGA Phoenix, qui a ouvert en 2018, deux autres MUGA ont été lancés à Tyack et Triolet en 2019 », affirme Sherry Singh.
Par ailleurs, la masse salariale du groupe pèse Rs 3,2 milliards, contre Rs 2,6 milliards en 2018. Les dividendes déclarés sont de Rs 782 millions, dont Rs 161,5 millions seront distribués aux actionnaires. Les membres du conseil d’administration ont par ailleurs empoché Rs 3,7 millions, contre Rs 2,5 millions en 2018. MT compte 392 000 clients de téléphone fixe, 255 000 clients Internet, représentant les connexions domestiques et commerciales, avec des possibilités de connexion pour 400 000 clients domestiques, y compris 178 000 pour les bouquets TV. MyT Mobile se retrouve avec 969 000 clients tandis que le réseau 4G couvre 99,2% du pays, en attendant l’arrivée de Huawei et un autre projet nécessitant des investissements évalués entre Rs 5 milliards et Rs 10 milliards.
Ainsi, comme révélé dans le rapport annuel, le budget des salaires a augmenté de quelque Rs 600 millions d’une année à l’autre, ajoutant de l’eau au moulin du Whistle Blower opérant des locaux de la Telecom Tower, dans son pamphlet des plus incendiaires au sujet de la gestion de ce corps parapublic. L’auteur de ce tract, qui menace que « si pena laksyon ek lanket, mo pou donn plis detay », énumère les salaires et autres Fringe Benefits des Top Guns de MT, dont Rs 540 000 par mois, un bonus de 40%, un 13e mois, des congés payés, avec mention : « These exclude the various per diem allowance (self approved). Thanks COVID-19 has saved milions this year. »
Les autres cas cités sont celui de cet agent du MSM dans l’est, avec des salaires de Rs 350 000 par mois, de cet ancien collègue recruté à la Telecom Tower avec un Pay Packet mensuel de Rs 350 000, d’un manager engagé dans le business de taxi, avec Rs 100 000 par mois, de celle qui a côtoyé quasiment tous les leaders politiques, employée initialement avec des salaires de Rs 50 000 par mois, pour se retrouver avec au moins Rs 250 000 mensuellement aujourd’hui, ou encore de Miss Zulba, à Rs 100 000 par mois.
Les dénonciations, qui comportent une vingtaine de cas, tous avec des salaires variant entre Rs 150 000 et Rs 350 000, notent également : « Ek sa kalite peye net, ki pou reste pou nou ti anplawye ki bizin kas ou so fami. Nou pa anvi fini kouma Air Mauritius. Nou plan pansyon ena pli defisit ki Air Mauritius. Kouma nou pou fer nou ti anplwaye ? » C’est ce que l’on peut lire dans une correspondance adressée à l’Independent Commission against Corruption réclamant une enquête en profondeur sur la gestion de Mauritius Telecom.