• L’ex DG suppléant Shamshir Mukoon convoqué pour une séance d’interrogatoire cruciale sur le « leakage » des spécifications du contrat de St-Louis
  • Les techniciens du CEB interrogés à ce stade plaident l’ignorance au sujet des fuites au profit de l’axe BWSC/Hai Thyn Voon

L’Independent Commission Against Corruption (ICAC), à travers les interrogatoires de plusieurs hauts cadres du Central Electricity Board (CEB) ces dernières 24 heures, tente de compléter le réseau d’informateurs du clan, Hao Thyn Voon et d’identifier les coupables de fuites d’informations en faveur de BWSC-PAD & Co après avoir obtenu la confirmation qu’Alain Hao Thyn Voon était bel et bien en présence bien à l’avance des détails des spécifications du contrat du St-Louis Redevelopment Project, donnant de fait une longueur d’avance aux contracteurs danois dans le cadre de l’exercice d’appel d’offres.

Après les passages des ingénieurs du CEB, Rakesh Dhununjoy et Manoj Jahajeeah, ayant fait partie de la Project Team travaillant sur ce contrat, l’interrogatoire de l’ancien Acting General Manager Shamshir Mukoon, qui a démarré en cette fin de matinée, s’annonce crucial, étant donné qu’il était lui aussi à la table de ces délibérations pour les deux appels d’offres. Shamshir Mukoon sera, selon nos recoupements, appelé à fournir des explications sur les relations entre le CEB et Pad&Co et les différents contacts professionnels, ainsi que le personnel, avec Alain Hao Thyn Voon. D’autant plus que ses deux collègues ont eux aussi été questionnés sur les spécifications techniques de l’appel d’offres de 2014 et de 2015, les regards étant aussi braqués sur les “deviations” qui ont eu lieu dans la préparation du Tender Exercise.

Shamshir Mukoon devrait être confronté aux preuves que l’ICAC détient, confirmant que Pad&Co était en présence d’informations “beforehand”, et qui ont été communiquées à la firme BWSC dans une tentative de favoriser les Danois. Des informations qui transpirent à ce stade dans les milieux de cette enquête “high-profile”, avec notamment la convocation de l’ancien Deputy Prime Minister Ivan Collendavelloo en vue, les ingénieurs du CEB ont joué la carte de l’ignorance en ce qui concerne les “confidential leaks” avérées. Ils ont, selon nos sources, affirmé qu’ils ne peuvent être tenus responsables de ces fuites d’informations alors qu’il y avait plusieurs autres protagonistes à l’étape de la préparation des spécifications du contrat, dont les représentants du consultant Mott MacDonald, aussi bien que la Banque africaine de développement.
Selon eux, il se pourrait que cette fuite émane « d’autres sphères ». Bien qu’ils soient repartis libres, l’ICAC a néanmoins informé leurs hommes de loi qu’ils devraient rester à sa disposition en cas d’une énième convocation.
Dans la foulée, d’autres responsables du dossier Saint-Louis, en 2014, dont Shyam Thanoo, l’ancien directeur du CEB, mais aussi Hassen Fakim, ex-Deputy General Manager (Technical), seront entendus incessamment à l’ICAC dans le cadre cette “political probe”.
Affaire à rebondissements à suivre…