DR DIPLAL MAROAM

En ce temps de pandémie liée au nouveau coronavirus, la notion de comorbidité revient sans cesse au-devant de la scène puisqu’elle constitue un facteur aggravant de la pathologie qui doit essentiellement être pris en ligne de compte lors de l’application des mesures de traitement. Une alimentation saine et une bonne hygiène de vie représentent un premier pas dans la prévention de certaines comorbidités graves et, dans ce contexte, un des indicateurs de base à surveiller est bien évidemment le taux de cholestérol sanguin. Le cholestérol est, en fait, un lipide de la famille des stérols qui est constitué d’acides gras et dont les molécules sont composées d’une chaîne d’atomes de carbone plus ou moins longue sur lesquels sont attachés un ou plusieurs atomes d’hydrogène avec, au bout, un groupe hydroxyle (-OH). Lorsque toutes les places sont prises par les hydrogènes, l’acide gras est dit saturé – celui-là même qui a cette tendance pathologique à s’accumuler dans les artères. Lorsqu’il reste quelques ou beaucoup de places libres, l’acide gras est mono ou poly-insaturé et possède la caractéristique et l’avantage de ne pas se déposer dans les artères.

Le cholestérol accompagne généralement, dans les aliments d’origine animale, les lipides riches en acides gras saturés, formant avec eux la plaque d’athéromateuse qui rétrécit le diamètre et durcit les parois des artères, pouvant éventuellement les obstruer complètement provoquant un infarctus du myocarde. Mais, il y a également d’autres facteurs de risques de l’infarctus – le tabac, l’alcool et le surpoids dû aux excès d’alimentation et responsable de l’apparition d’autres comorbidités, dont le diabète type 2 et l’hypertension artérielle. À Maurice, il est malheureux que le surpoids et l’obésité aient pris une ampleur démesurée ces dernières années, ce dû principalement à la malbouffe et au manque d’activités physiques.  S’il n’y a évidemment pas lieu de tomber dans la paranoïa alimentaire et sanitaire vu que le cholestérol est une substance biochimique importante, nous servant à fabriquer certaines de nos hormones, nos acides biliaires et nos membranes cellulaires, la modération et l’équilibre sur le plan de l’alimentation – mais pas seulement – doivent néanmoins être de mise. Étant donc indispensable au bon fonctionnement de notre organisme, le cholestérol, hormis celui apporté par l’alimentation, est également synthétisé dans le foie – cholestérol endogène.

Si l’on en accuse un taux trop élevé, la réévaluation du régime alimentaire constitue alors la première mesure à considérer. D’autant plus si les charcuteries et viandes grasses sont souvent au menu, si le beurre est systématiquement sur la table. Ainsi, moins on consomme d’aliments riches en graisses saturées et en cholestérol, mieux c’est. Les insaturées, quant à elles, ont un effet protecteur car étant hypocholestérolémiantes, c’est-à-dire, elles font baisser le taux de cholestérol sanguin et celui du LDL (Low Density Lipo-protein) qui est le plus nuisible car c’est justement le vecteur LDL qui transporte le cholestérol du foie vers les cellules sur lesquelles se trouvent les récepteurs spécifiques pour le recevoir et lui ouvrir l’accès à la cellule. Mais ces récepteurs étant limités, le LDL-cholestérol en excès reste en attente dans le sang pour finir par se déposer sur les parois des artères. L’anomalie héréditaire repose justement sur la carence en récepteurs LDL à la surface des cellules.

En moyenne, le taux de cholestérol dans le sang est plus bas chez la femme jeune que chez l’homme du même âge ; vers les 45-50 ans, les taux sont comparables, puis il devient progressivement supérieur chez la femme. En effet, dû à leur système hormonal qui n’est pas tout à fait le même que celui des hommes, les femmes sont plus ou moins protégées contre l’hypercholestérolémie. Mais cette protection s’arrête à la ménopause, période de changement drastique de ce système. Un traitement hormonal substitutif est alors recommandé pour assurer cette protection.

Finalement, si la grande majorité des personnes ayant contracté le SARS-CoV-2 demeurent asymptomatiques ou ne présentent que des symptômes légers, chez la plupart des victimes cependant, la comorbidité constitue une des causes principales du décès. Dans le domaine sanitaire donc, un mode de vie sain couplé avec les règles diététiques de base représente toujours l’option la plus judicieuse et la formule gagnante.