2021 sera-t-elle enfin l’année des bonnes résolutions en matière de lutte contre le réchauffement climatique ? Difficile à croire, et ce, même si nous serons « gratifiés » dans quelques mois d’une nouvelle conférence sur le climat, qui, comme on le sait, n’aura pas eu lieu l’an dernier en raison de la pandémie de Covid. D’autant que le passage d’une année à une autre n’a en vérité qu’une portée symbolique, car dans les faits, rien n’indique que les intentions suivront davantage les discours cette année que lors de celle qui vient de s’achever. À vrai dire, ce serait même l’exact contraire, au vu de la méga-contraction économique que nous avons vécue, et vivons encore, du fait là encore du virus. Avec un seul mot d’ordre au niveau de l’appareil financier mondial : relancer l’économie et renouer au plus vite avec la croissance.

Pour autant, certains esprits autrefois calfeutrés dans le confort matérialiste conféré par leur position (et leur puissance financière) commencent lentement à se réveiller. De même, l’environnement prend, bon gré, mal gré, une place plus prépondérante dans la machinerie industrielle. Tandis que l’on commence à ne plus considérer la collapsologie comme une « secte guidée par des gourous chevelus », admettant enfin ainsi que celle-ci sous-tend des réalités dont l’on ne peut plus nier l’évidence, à l’instar justement du fait que la croissance ne peut non seulement être éternelle, mais qu’elle a aussi atteint depuis des lustres les limites tolérables. Tout cela appuyé par une crise sanitaire qui nous aura, au fil des mois, rappelé à quel point notre édifice économique n’est guère plus solide qu’un château de cartes. Bien évidemment, c’est loin d’être assez, mais cette prise de conscience, bien qu’encore trop minimaliste, demeure un passage obligé si l’on veut s’engager vers une réduction de l’impact des futurs chocs systémiques.

Mais d’autres progrès auront également été notés, notamment sur le plan technologique. Sur ce point, les innovations ne manquent pas, et l’on ne parle évidemment pas de la 5G ou des robots humanoïdes que certains entrepreneurs s’amusent à faire danser pour amuser la toile. Une de ces innovations, d’ailleurs, est la matérialisation d’une technique dont nous vous avions déjà parlé il y a quelques mois dans ces mêmes colonnes, puisque concernant l’un des plus grands défis d’un monde débarrassé d’énergie fossile : le stockage des énergies renouvelables. Pour rappel, actuellement, le plus gros problème de ces dernières est que celles-ci sont encore trop énergivores, au niveau de leur conception, certes, mais aussi et surtout quant aux ressources nécessaires pour stocker l’énergie produite dans des méga-batteries.

Or, ce problème est peut-être en passe d’être résolu. Une startup suisse, en l’occurrence Energy Vault, a en effet imaginé un moyen étonnant pour stocker l’énergie renouvelable, qui plus est avec un coût peu élevé et très efficace. L’idée peut cependant paraître farfelue et sort assurément des sentiers battus, puisqu’elle consiste à empiler d’énormes blocs de béton (de 35 m3 chacun) les uns sur les autres par le biais d’une grue. Le procédé utilise en fait une loi physique consistant à transformer l’énergie cinétique en énergie potentielle, les blocs étant en effet montés à une hauteur de 120 mètres puis redescendus graduellement, alimentant ainsi une turbine. Une méthode si efficace qu’elle aura réussi à convaincre le géant indien Tata de conclure un contrat avec la start-up, signant par la même occasion le probable début d’un projet de stockage énergétique quasi-totalement écologique, dont la durée de vie est en outre estimée à plus de 40 ans. Soit deux fois plus que la plus grande batterie du monde, installée en Guyane et fonctionnant, elle, à l’hydrogène.

Quoi qu’il en soit, preuve est faite que le génie humain, pour peu qu’il s’investisse dans ce qui demeure pour l’heure le plus grand défi que l’humanité ait eu à relever – soit de réduire drastiquement notre impact carbone et de respecter nos engagements environnementaux –, peut encore trouver des voies nouvelles. Et cela, c’est plutôt une bonne nouvelle, non ?