‘Ma vie au loin mon étrangère 

Ce que je fus je l’ai quitté 

Et les teintes d’aimer changèrent 

Comme roussit dans les fougères 

Le songe d’une nuit d’été.’

[Aragon Louis: Recueil: Les Adieux:

Les Oiseaux Déguisés, chanté par Jean Ferrat.]

MARIE JACQUES LAVAL PANGLOSE, G.O.S.K

Ami et Élève du Grand E.

L’autre, blessé, tombé jetait son anathème de frère trahi oubliant que l’index menaçant, qui châtie, tourne vers soi sa propre et triple agonie: du médius à l’auriculaire, passant par l’annulaire désormais vide, car sans alliance. Celui qui meurt crie sa douleur puisque c’est démission que d’être sans amour ni frère. C’est se replier dans l’abîme de son isolement. Et le voilà sans mission.

Et qui, de celui qui part ou de celui fustigeant le départ, démissionne?

Nul ne s’en va que celui qui sans chemin, s’égare et s’oublie. Et s’en aller vers soi n’est point démission car il reste lui-même, celui-là qui se maintient dans son étoile, fort de sa pensée, libre de son choix, « capitaine de son âme », à la barre du vaisseau de sa vie. Ce n’est point démission que de garder son âme. Pur, l’homme atteint la lumière de sa vie, car dénudé est-il. C’est Icare aux ailes brûlées, ne retombant pas vers la Terre, car n’est le corps que la matière qui chute tandis que l’Être s’enflamme de Lumière atteignant l’Éternité.

 

J’ai conquis mon cœur, mes deux mains et mes bras ainsi que mes pieds. Je maîtrise mon double, et mon Âme, libre aux portes de l’Amenti, émerge en paix dans la Lumière’: rituel du Livre d’Émergence à La Lumière communément nommé Le Livre des Morts Égyptien traduit par Wallis E. Budge ed 1895 Dover Books.

Ainsi, s’asservirait, démissionnerait celui-là qui, subissant l’implosion de l’étoile, la suivrait dans sa trajectoire pour devenir supernova cette dernière étant la définition astrophysique de ce qui se nomme communément un trou noir. Il est dit que tellement dense demeure son champ gravitationnel que le trou noir paraît absorber afin d’y résorber, contracter et anéantir La Lumière. Il est aussi dit que quand Elle en émerge, La Lumière Ressuscite, se libère de son entrave, casse son esclavage. Ceux non-libérés ne peuvent alors avoir contact avec le divin ainsi manifesté, sous peine de perte de conscience, d’éblouissement fatal. D’où l’injonction: ‘Noli me tangere : Ne me touche pas.’ Jean 20.17

Car l’essence de la vie reste d’être en entente avec sa musique afin de ne jamais se voir hors de mission.

Shakespeare fait dire à Polonius dans Hamlet à l’acte 1. scène 3:

‘This above all: to thine own self be true,

And it must follow, as the night the day,

Thou canst not then be false to any man.’

Et à la question de savoir ce qu’est la mission la réponse demeure ceci: le chemin que l’on a choisi avant même de s’incarner, cela en plein accord avec MonSeigneur. N’est-elle pas belle alors la supplique du Coran qui Lui demande: Guide-nous dans le droit chemin. Coran: Sourate 1.6

Et à l’autre question de savoir comment reconnaître ce droit chemin la réponse demeure ceci : en sondant son cœur.

Ainsi, c’est avec le cœur que La Lumière Christ arrête le glaive de Pierre vengeur coupant l’oreille de Malchus, serviteur de Caïphe, venu l’arrêter. C’est avec ce même cœur qu’expirant au Golgotha, La Lumière Christ demande à MonSeigneur : ‘Seigneur pardonne leur car ils ne savent pas ce qu’ils font.’ Luc 23.34

Et il demeure que celui qui châtie s’égare et se met hors de mission car la rétribution n’appartient qu’à MonSeigneur:

‘La rétribution m’appartient. Je repaierai quand viendra le temps. Comme glisse leur pied, proche est le jour de la perte et ce jour arrive.’ Deutéronome 32.35 

Les signes qui naissent au milieu d’un peuple racontent sa quête intérieure, montrent le fleuve de sa vie, décrivent le cheminement de sa projection dans l’histoire humaine. Chaque peuple, une fois créé assume un temps d’existence. Nous sommes à l’avènement de ce peuple mauricien, d’où semblent s’éroder les pulsions d’hégémonie. Il arrivera ce jour quand il sera dit: ‘Il existait, dans l’espace que l’on nommait l’océan indien, un peuple issu de différentes ethnies qui se mélangèrent et qui parlait plusieurs langues issues de tant de contrées que le monde en rêvait. C’était le peuple mauricien.’ Ce temps se construit maintenant. Le songe d’une nuit mauricienne prend forme. Les premiers clignotements de l’étoile se voient. La mission naît. Que changent les teintes d’aimer, que reste l’Homme.

‘Per angusta ad augusta: par les sentiers ardus aux merveilles.’ Hugo: Hernani.