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Des voies pour construire  une paix durable en 2022

REYNOLDS MICHEL

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Dans les vœux que nous présentons à nos proches à l’occasion de la nouvelle année, le mot de paix revient fréquemment, souvent associé aux mots de bonheur et/ou de joie : « Je vous présente à toutes et à tous mes meilleurs vœux de bonheur et de paix pour la nouvelle année », a tout récemment déclaré le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, dans un message d’espoir et de résilience au monde (ONU-INFO, 28 décembre 2021). Et la « paix sur la terre », précise la Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, en reprenant les mots d’Otomi Tolteca, indien du peuple Otomi du Mexique, « est de la responsabilité de tous, c’est une responsabilité universelle » (Message à l’occasion de la Journée internationale de la paix 21 septembre 2021).

Avançons sur la voie de la Paix

en agissant à notre échelle

Lors de la dernière Journée internationale de la paix, instituée le 7 septembre 2001 et observée chaque année le 21 septembre, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé les États, les Peuples et tout un chacun à Choisir la Paix. « En tant que famille humaine, nous sommes face à un choix difficile : La paix ou le péril perpétuel. Nous devons choisir la paix » (Message, du 17 septembre 202). Et comme « nous avons besoin de la paix pour nous relever de la pandémie et reconstruire des systèmes et les vies qui ont volé en éclats ; pour rétablir l’équilibre et réduire les inégalités ; pour renouveler la confiance des uns envers les autres – et la foi dans les faits et la science ; pour guérir notre planète, bâtir une économie verte et atteindre nos objectifs de zéro émission nette, avançons sur la voie de la paix comme si nos vies en dépendaient », plaide-t-il (Message du 17 septembre 2021).

Dans un autre message depuis la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies devant des dizaines de chefs d’États et de gouvernement, il a appelé le monde à se réveiller face aux menaces et aux divisions qui l’assaillent (Mardi 21 septembre 2021) : « Nous sommes au bord du précipice – et nous continuons de nous en approcher. Jamais notre monde n’a été aussi menacé. Nous faisons face à la plus grande avalanche de crises de notre existence », a-t-il prévenu, tout en martelant que « nous sommes moralement coupables de l’état dans lequel nous vivons ». Et le Secrétaire de l’ONU de conclure en disant : « L’heure de vérité a sonné. Le moment est venu d’agir. Le moment est venu de redonner confiance. Le moment est venu de raviver l’espoir. » (Message à l’ouverture du débat général de la 76e session de l’Assemblée des Nations unies, le mardi 21 septembre 2021).

La paix est ici entendue comme sécurité collective et sécurité humaine. Pour atteindre l’objectif d’un monde durable et équitable, nous devons, selon M. Guterres, combler six fossés : le fossé qui nous sépare de la paix ; le fossé climatique ; le fossé entre riches et pauvres ; le fossé entre les genres ; la fracture numérique et le fossé entre les générations. Il conclut en soulignant que « les problèmes que nous avons créés sont des problèmes que nous pouvons résoudre. L’humanité a montré que rien ne l’arrêtait quand tout monde travaillait main dans la main. C’est la raison d’être des Nations unies ».

Trois voies pour construire une paix durable

En toile de fond de la guerre du Vietnam et l’appel à un cessez-le-feu dans ce conflit qui durait depuis 1955, le pape Paul VI a pris l’initiative, dans son message de décembre 1967, de proposer au monde entier de célébrer la Journée mondiale de la Paix dans le monde, le premier jour de l’année civile. Elle a été célébrée pour la première fois en 1er janvier 1968. Et depuis, elle a lieu à cette date chaque année, du moins dans l’Église catholique où ses successeurs ont poursuivi cette célébration. Le pape François a repris avec joie le flambeau. Cette année, son message pour la Journée mondiale de la paix du 1er janvier 2022 est intitulé « Dialogue entre générations, éducation et travail : des outils pour construire une paix durable ».

Trois contextes aujourd’hui en pleine mutation que le pape François identifie pour explorer trois voies pour construire une paix durable : « le dialogue entre les générations » comme base pour la réalisation de projets communs ; « l’éducation » en tant que facteur de liberté, de responsabilité et de développement ; enfin, « le travail » pour une pleine réalisation de la dignité humaine. Et ce, tout en déplorant que le chemin de la paix dans le monde reste encore éloigné de la réalité de beaucoup d’hommes et de femmes.

Le dialogue entre les générations

Comme tout dialogue requiert « une confiance fondamentale » entre les interlocuteurs, « nous devons retrouver cette confiance mutuelle ! », écrit le Pape à l’heure où la crise sanitaire actuelle, dit-il, « a accru pour tout le monde le sentiment de solitude et de repli sur soi ». « La solitude des personnes âgées s’accompagne chez les jeunes d’un sentiment d’impuissance et de l’absence d’une idée commune de l’avenir », observe-t-il. D’où son appel à transfigurer cette « crise douloureuse » en « une crise qui peut faire ressortir le meilleur des personnes ». Les crises contemporaines, affirme le pape François, révèlent l’urgence de l’alliance entre les générations. « D’une part, les jeunes ont besoin de l’expérience existentielle, sapientielle et spirituelle des personnes âgées ; d’autre part, les personnes âgées ont besoin du soutien, de l’affection, de la créativité et du dynamisme des jeunes ». Et d’ajouter : « Les grands défis sociaux et les processus de pacification ne peuvent se passer du dialogue entre les gardiens de la mémoire – les personnes âgées – et ceux qui font avancer l’histoire – les jeunes. ». Bref, selon le Pape, la rencontre et le dialogue entre les générations sont le moteur d’une politique saine qui ne se contente pas de gérer le présent, mais qui se propose de construire un futur durable et équitable. « Sans racines, comment les arbres pourraient-ils pousser et porter des fruits ? », interroge l’évêque de Rome.

L’instruction et l’éducation  comme moteurs de paix

Constatant que l’investissement financier est bien plus massif dans les armes que dans l’instruction et l’éducation, du moins ces dernières années, le pape François pense qu’il « est donc opportun et urgent que tous ceux qui ont une responsabilité de gouvernement élaborent des politiques économiques qui prévoient une inversion du rapport entre les investissements publics dans l’éducation et les fonds destinés aux armements ». Par ailleurs, tout en appelant à faire dialoguer de façon constructive les diverses richesses culturelles de chaque pays, le Pape François pense qu’il est nécessaire de forger un nouveau paradigme culturel à travers « un pacte éducatif global pour et avec les jeunes générations, qui engage les familles, les communautés, les institutions, (…) l’humanité entière, dans la formation de personnes matures ».

Promouvoir et garantir  le travail construisent la paix

Dans la réflexion du Pape, « le travail » en tant qu’« expression de soi et de ses propres dons, mais aussi effort, fatigue, collaboration avec les autres », apparaît comme un facteur indispensable pour construire et préserver la paix. « Dans cette perspective fortement sociale, le travail est le lieu où nous apprenons à donner notre contribution pour un monde plus vivable et plus beau ». De ce fait, et compte tenu également de la situation du monde du travail qui affronte présentement de multiples défis – les jeunes victimes du chômage, les travailleurs précaires et les migrants exposés à diverses formes de servitudes, absence de protection sociale pour un tiers de la population mondiale, etc. – nous devons, dit le pape François, « rassembler les idées et les efforts pour créer les conditions et trouver des solutions afin que tout être humain en âge de travailler ait la possibilité, par son travail, de contribuer à la vie de sa famille et de la société. Il est plus que jamais urgent de promouvoir dans le monde entier des conditions de travail décentes et dignes, orientées vers le bien commun et la sauvegarde de la création ».

Nous sommes toutes et tous appelé-e-s à être des « artisans de paix ». Il y a certes, dit-il, une “architecture” de la paix, dans laquelle interviennent les différentes institutions de la société, mais il y a également un “artisanat” de la paix qui implique chacun de nous personnellement. » « Chacun peut collaborer à la construction d’un monde plus pacifique : à partir de son propre cœur et des relations au sein de la famille, dans la société et avec l’environnement, jusqu’aux relations entre les peuples et entre les États. »

Pour le pape François tout comme pour le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres et Audrey Azoulay, la Directrice générale de l’UNESCO, « construire la paix et la défendre est un engagement qui se mène au quotidien et qui nous concerne toutes et tous ».

Bonne Année 2022 sur le chemin de la construction de la paix.

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