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Diego Maradona, l’ange de l’albiceleste 

VEENA MATABUDUL-PULTON

“The most important characters in mythology were the Greek Gods, Apollo and Dionysus. Apollo represented the reason and Dionysus…emotion. Those who knew Maradona understand that he was the worst of Apollo, but the best of Dionysus.” (Luciano de Crezcenzo, Italian journalist)

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Amateurs du ballon rond, nous partageons votre jubilation! L’EURO 2020  et la COPA America 2021, figurent sur votre calendrier sportif. Or, le spectacle d’un match vertigineux est-il garanti à chaque tournoi?

Football, ballon rond, soccer…ce sport si mythique, est-il un art ou une science? Le dribble, la spectaculaire balle piquée, les feintes avant un tir au but décisif, le magistral crochet ou le superbe élastico, le contrôle créatif ou le magnifique râteau…autant de gestes splendides et somptueux, requérant une précision technique et une maîtrise appropriée …ne font-ils pas du football un sport sublime?

En revanche, le son strident du sifflet de l’arbitre qui irrite quand le joueur estime qu’il n’a commis aucune bévue, les huées des supporters surexcités de l’équipe adverse qui déstabilisent, les insultes qui affligent, les coups et blessures infligés qui font souffrir, la difficulté à gérer ses émotions qui déboussolent,…le monde du football n’est-il pas impitoyable et intraitable?

Néanmoins, lorsque jaillit la flamme de la victoire, c’est l’apothéose! Au moment où le joueur scelle le triomphe en toute beauté par un but spectaculaire, sous les applaudissements tonitruants d’un essaim de fans en délire, jeunes et moins jeunes, dans un stade bondé,…n’est-ce pas magique et majestueux, ou tout simplement merveilleux?

Toutefois, une question qui mérite d’être posée est bien celle liée à l’origine du football? La Chine est-elle bel et bien le berceau du football contemporain? Le ballon rond est-il inspiré du cuju, qui signifie en mandarin, taper les pieds dans le ballon, et pratiqué au IIème ou IIIème siècle avant notre ère? Le pok-ta-pok joué par des Aztèques en Mésoamérique (un territoire d’Amérique centrale) où le ballon pesait trois kilos, le kemari au Japon, la soule en France, sont-ils les précurseurs du football moderne, qui voit le jour en Grande-Bretagne, au milieu du 19ème siècle, sous le règne de la reine Victoria?

Il va sans dire qu’un siècle plus tard, à l’époque des évolutions et des révolutions, le football est définitivement ancré dans les mœurs. L’euphorie des passionarias ou des aficionados du ballon rond est justifiée avec la flambée des clubs de foottoutes catégories confondues, à travers la planète. L’exaltation et l’enthousiasme des fanatiques du foot ou celles des fervents patriotes sont à leur comble lorsqu’émergent des icônes du foot, à l’instar de Pelé, George Best, Michel Platini, Zinedine Zidane, Ronaldinho, Cristiano Ronaldo, Neymar ou Messi.

Il est vrai que la pratique du football était réservée exclusivement à la gent masculine. Ce n’est qu’à la fin des années 60 que la gent féminine du ballon rond, restée dans l’ombre jusqu’ici, est propulsée sous les feux des médias. Sam Kerr en Australie, Alex Morgan aux États-Unis, Saki Kumagai au Japon, Amandine Henry en France, ne sont-elles pas les nouvelles stars du football féminin? En 2018, le football féminin touche le Graal…le Ballon d’Or est attribué pour la première fois à une footballeuse émérite, Ada Hegerberg, d’origine norvégienne. Et qu’en est-il du football féminin mauricien? Les footballeuses invétérées peuvent-elles garder espoir de voir un jour leur sport de prédilection prendre de l’essor?

En revanche, lorsqu’un jeune, évoluant dans une poche de pauvreté, se démarque par ses prouesses sportives, on ne peut que faire son éloge. Diego Maradona n’en est-il pas la preuve vivante?

C’est dans cette ambiance footballistique que je voudrais vous faire (re)découvrir la biographie de Diego Maradona, une étoile légendaire, qui a marqué des générations entières, aux quatre coins du monde. Rédigé par l’écrivain Jimmy Burns, et intitulé “Maradona, The Hand of God,” l’ouvrage met à nu le portrait de ce joueur de foot hors du commun et aux multiples facettes.

“There are many people who are scared to admit that they came from the Shanty Town, but not for me…because if I hadn’t been in the Shanty, I wouldn’t be Maradona.” 

L’itinéraire de Diego Maradona est absolument fulgurant et époustouflant. Du sentier battu de Shanty Town à la pelouse verte du stade ou de l’estadio de Buenos Aires, que du chemin parcouru pour ce “…urchin child that had grown to be a Star” et qui arbore si fièrement l’emblématique numéro 10 ou el diez de l’équipe de football d’Argentine, l’Albiceleste.

Grandissant dans le bidonville surpeuplé et déshérité de Villa Fiorito, banlieue sud de Buenos Aires, son père Don Diego et sa mère Dona Tota, sont loin d’imaginer que leur fils allait devenir un jour une légende du football mondial. Auréolé de gloire, Diego Maradona, l’El Pibe de Oro (le Gamin en Or), ne laisse personne indifférent. “…the world’s most adored and detested sportsman”  a vécu les trente-six premières années de sa vie (1960-1996)  à une époque où le football, étant un “…popular leisure activity…,” se métamorphose en un “… giant money-spinning machine.”

Par ailleurs, le joueur est adulé et idolâtré dans son pays natal; une église, la Iglesia Maradoniana, est même érigée à Rosario, au nord-est de l’Argentine en l’honneur de Diego Maradona, vénéré comme un Dieu. “God made me play well. That is why I always make the sign of a cross when I walk out onto the field. I feel I would be betraying Him if I didn’t.”

1986, c’est la consécration! En quart de finale de la Coupe du Monde au Mexique, deux monuments du foot s’affrontent…l’Argentine et l’Angleterre. De ce duel footballistique, une étoile est née. Diego Maradona s’illustre par ses talents divins et excelle comme le meilleur footballeur que le monde ait jamais connu. Ce joueur exceptionnel qui impute son but controversé (51e) à “la main de Dieu” inscrit par la suite, à la 55e minute du match, un des plus beaux buts de l’histoire du football mondial, sous les regards médusés, suivis d’un tonnerre d’acclamations et de vivats des fans argentins.

Charismatique, doué, ambitieux, le légendaire Maradona est pris dans le tourbillon du succès, avec un titre de Champion du monde à son palmarès. En 1995, comme le prestigieux trophée Ballon d’Or n’est réservé qu’au joueur européen à cette époque, Diego Maradona se voit décerner le Ballon d’Or d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.

L’infatigable Maradona, n’a-t-il pas enflammé des tribunes, des estadios de futbol, dont la Bombonera à Buenos-Aires, le Wembley en Angleterre, le San Paolo à Naples, ou encore le Stadio Olimpico de Rome, électrisant ainsi des milliers voire des millions de supporters?

Mais hélas!…ce géant du foot non aux pieds d’argile, mais plutôt au talon d’Achille, résistera-t-il à la tentation? Échappera-t-il à la spirale infernale de la drogue? Commettra-t-il sa première incartade en 1991? Les scandales et les révélations, les unes les plus fracassantes que les autres, vont certes acculer le héros mythique vers les ténèbres. Mais…qui a dit que Diego Maradona a flanché?

On dit que la vie commence à 60 ans, mais quand le destin en décide autrement, on n’y peut rien, n’est-ce pas? Le 25 novembre 2020, Diego Maradona s’éclipse…non sur des pas de danse, après avoir catapulté le ballon dans les filets mais sur la pointe des pieds…à l’âge d’or de 60 ans, tout comme certains de nos héros, d’ailleurs.

Nous auraient-ils dit : “I’ve lived a life that’s full…I did it my way..?”  Chanson de Frank Sinatra – My Way.

La (re)lecture de “Maradona – The Hand of God”, ouvrage de Jimmy Burns, vous fera-t-elle revivre les souvenirs d’une époque révolue, ou vous emballera-t-elle, en nourrissant chez vous cette envie de (re)donner un coup de pied dans la balle, sur l’herbe verte d’un terrain de foot? Why not? 

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