Drogues : casse-tête sans fin

L’arrestation d’un policier, de surcroît membre de la VIPSU (Very Important Person Security Unit), assurant la protection de nul autre que… Dharam Gokhool, président de la République, ne fait pas que choquer et interpeller. Elle dégoûte, déroute, accable et décontenance. Tous ne cessent de tirer la sonnette d’alarme concernant le trafic de drogue : les travailleurs sociaux, aguerris et engagés dans ce combat depuis presque cinq décennies ; l’évêque de Port-Louis, Mgr Jean Michaël Durhône, ses prédécesseurs, le cardinal Piat et le cardinal Jean Margéot. Pour dénoncer, avertir, réclamer des actions et des mesures concrètes. Au final ? Le trafic pète la forme.

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Que Nifaaz Alymamod, 33 ans, VIPSU de Dharam Gokhool, soit impliqué dans un important réseau de trafic de cocaïne dans la région de Triolet, n’est, pour les plus blasés d’entre nous, qu’une banalité. Cela pourrait être un autre VIPSU, demain : des hauts gradés de la police, des prisons, des douanes, des fonctionnaires affectés à des postes de grande responsabilité au sein du gouvernement. Parce que tout ce qui se rapporte au trafic des substances illicites, des stupéfiants, des drogues, a connu, ces dernières années, une croissance exponentielle sans précédent. Il s’agit là du business le plus lucratif.

Si même les instances censées assurer la sécurité nationale sont pourries – pas toutes les personnes concernées, bien entendu – cela démontre à quel niveau la corruption a tout gangréné. Ce n’est pas faute de traquer les réseaux. Ce n’est surtout pas faute d’avoir alerté l’opinion publique. Mais c’est surtout faute de volonté politique soutenue et ferme. De leadership qui ne veut s’embarrasser de se mettre à dos le gros capital ou des patrons aux poches bien épaisses et comptes bancaires bien garnis. Pourtant, gouvernement après gouvernement, alliance après alliance, la situation empire !

De pair avec le VIPSU Alymamod, serait aussi impliqué un jeune de… 20 ans. Qui ne doit pas en être à ses débuts. L’on parie qu’il connaît le business mieux que quiconque. Et que, s’il n’avait pas été coffré, il aurait rapidement grimpé les échelons de la distribution et des ventes et serait ainsi devenu un énième caïd.

Qu’est-ce qui est fait pour prévenir et empêcher nos jeunes de tomber dans le piège de la drogue ? Tant comme vendeur que consommateur. Est-ce qu’il y a une politique de prévention nationale en cours ?

Le Rebound Programme, destiné à renforcer la prévention de la consommation de drogue chez les adolescents, sera déployé à titre pilote dans 25 collèges à partir d’août prochain. L’initiative touche le Grade 10 dans les établissements privés subventionnés, les collèges publics ainsi que dans les collèges du MGI. Excellente initiative ! Sauf que… comme l’a fait remarquer le syndicaliste Arvind Bhojun, président de l’UPSEE (Union of Private Secondary Education Employees), on peut se demander qui va animer ces programmes quand il y a un cruel manque d’effectifs formés ?

Donc, encore une fois, de belles annonces alors que la réalité est tout autre. Même en persévérant et s’entêtant, le gouvernement s’en tirera avec un projet “bat-bate”, que certains applaudiront, mais qui n’aura pas porté ses fruits. Et pourtant, ce Rebound Programme possède d’excellentes mesures pour soutenir une campagne de prévention en milieu scolaire. Là où se trouvent les proies les plus vulnérables et déjà ciblées par les marchands de la mort. Est-ce que par l’entremise de la NADC ou du ministère de l’Éducation des mesures sont actuellement prises pour pallier ces lacunes ?

La condition de l’enfant et de l’adolescent, à Maurice, comme dans la région et ailleurs, est extrêmement préoccupante. À Madagascar, ce vendredi 24 était un jour de deuil national. Depuis le début de l’année, plus de 200 plaintes pour disparition de personnes ont été enregistrées, selon des chiffres de la Direction générale de la Police nationale. La capitale, Antananarivo, en concentre à elle seule 119. Environ 81 personnes auraient été retrouvées vivantes, tandis que 83 resteraient encore portées disparues. Huit enfants ont été retrouvés morts.

Les enfants ne déclenchent pas les guerres, mais ils en paient le prix fort. En Iran et à Gaza, le nombre d’enfants tués va en augmentant, malgré des cessez-le-feu qui sont ouvertement violés…

Husna Ramjanally

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