En ce début de mois de juillet et en cette fin de semaine, un vague sentiment de liberté retrouvée plane sur le pays. Sauf bien entendu pour les habitants du morcellement Foondun, à Terre-Rouge, qui se retrouvent en zone rouge depuis jeudi, après la découverte d’une dizaine de cas positifs par autotest. Cela nous permet de nous rappeler que le virus est encore bien présent, que toutes les précautions doivent être maintenues et que l’on doit, autant que possible, se faire vacciner. Sinon, les restaurants ont repris lentement leurs activités et ont accueilli leurs premiers clients dans le respect du protocole sanitaire.

Après quelque 15 semaines de privation, la majorité des Mauriciens peuvent aussi se retrouver dans les lieux de culte en petites communautés depuis jeudi. Enseignants et étudiants, eux, délaisseront les cours virtuels pour retrouver leurs classes en présentielle dès lundi, à l’exception de ceux âgés de 18 ans et plus qui n’ont pas encore été vaccinés. Dans la majorité des entreprises encore opérationnelles, les rescapés du Covid ayant réussi à maintenir leur emploi ont commencé à se retrouver sur leurs lieux de travail, à moins qu’ils aient opté pour Work at Home.

Même les politiciens de tous les partis ont repris leur travail de terrain, avec des réunions à tous les niveaux. Au sein de l’opposition, les dirigeants de la Plateforme de L’espoir rencontreront la presse séparément ce week-end en compagnie des membres des instances de leurs partis respectifs. Cerise sur le gâteau : beaucoup profiteront du week-end pour voir la mer et marcher sur la plage, ce qui leur était interdit jusqu’au 30 juin dernier. « Ki kote lamer ? » résonne déjà dans nos oreilles.

Est-ce que tout cela permettra à tous ceux responsables de tenir la queue du poêlon à la maison de garder le moral ? En tout cas, tout le monde reconnaît que « pwalon-la so ». La hausse de Rs 2 sur le prix de l’essence et du diesel ne sera pas sans effets sur le coût de la vie sur tous les plans. Les boulangers réclament d’ailleurs déjà une augmentation du prix de notre pain quotidien. On s’attend aussi à une augmentation en chaîne des prix des commodités. À tout cela s’ajoute la dépréciation conséquente de la roupie, qui s’est accentuée ces derniers jours. Le 1er juillet, l’euro était ainsi vendu Rs 51,3005, le dollar américain à Rs 43,1743 et la livre sterling à Rs 59,8092.

Le FMI, dans son dernier rapport, publié cette semaine, estime que la roupie est déjà surévaluée. « Based on the Index of Real Effective Exchange Rate (IREER)-model, staff assesses that the exchange rate is overvalued by 31 percent compared to the level that is warranted by fundamentals and desired policies. » Cela est largement dû à la baisse des revenus d’exportations, notamment du tourisme, aussi bien que des biens et services. Sans compter que le FMI estime que le taux de la dette a atteint 116% du PIB. Les consommateurs sont écorchés à vif alors que les producteurs locaux en voient de toutes les couleurs avec la flambée des prix de leurs matières premières. Voilà où nous en sommes, au-delà des débats sur les stratégies économiques, financières et budgétaires.

On comprend que l’adoption des dotations budgétaires pour permettre au gouvernement et à la STC de payer des dommages et intérêts, de l’ordre de Rs 5,6 milliards, à Betamax ait dominé les débats sur le budget supplémentaire de Rs 23,6 milliards à l’Assemblée nationale cette semaine. Mais « what is done is done », dirait l’autre. Voilà un projet qui a été adopté par le gouvernement Ptr-PMSD en 2007, malgré les critiques de l’opposition concernant la teneur du contrat, et qui a ensuite été défendu avec force par Showkutally Soodhun, ministre de l’Industrie, dans le gouvernement Ptr-MSM de 2010, dont il faisait partie, et qui est ensuite attaqué violemment par le MSM après son passage dans l’opposition à la suite de l’affaire MedPoint. Le contrat de Betamax a été brutalement révoqué, à tort ou à raison, après l’arrivée du gouvernement MSM-PMSD au pouvoir, en 2014.

Maintenant que les contribuables mauriciens ont fait les frais de la rupture de ce contrat, chacun se renvoie la responsabilité, aussi bien de l’allocation du contrat que de la rupture de ce dernier. Vivement la Commission d’enquête instituée pour établir une fois pour toutes les responsabilités. Beaucoup se demandent toutefois quel gouvernement aura le courage d’introduire une Fiscal Responsibility Act.