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La parité Euro/Dollar à Rs 45 : Nouvelle menace pour l’économie

Une nouvelle vague d’augmentations des prix se prépare sur les étagères des supermarchés et boutiques John Chung (expert-comptable) : « Le pire est à venir »

L’économie locale est désormais sous la menace de la parité euro/dollar. Pour la première fois depuis 20 ans, l’euro s’est rapproché dangereuse- ment du dollar (un euro s’échangeait hier contre un dollar). La monnaie européenne se dégrade face au dollar, qui, lui, se renforce, l’économie américaine se montrant plus robuste. Et les effets pour Maurice pourraient être dramatiques. Les prix des produits importés, et qui ont déjà subi de fortes augmenta- tions à ce stade, vont encore prendre l’ascenseur.

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La chute de l’euro vers la parité reflète davantage la vigueur historique du dollar qu’un effondrement de la monnaie européenne en tant que tel, et les éco- nomistes et observateurs locaux mettent en garde contre les effets de cette parité sur la situation éco- nomique du pays. L’expert- comptable John Chung, éga- lement Managing Partner de KPMG, explique que la chute de l’euro « continue de plus belle », et que cette de- vise a atteint la parité avec le dollar durant la journée d’hier.

« Depuis récemment, avec les poussées inflationnistes causées par la guerre en Ukraine, les taux d’inté- rêt doivent être revus à la hausse. La Reserve fédérale américaine a pris le taureau par les cornes, en surprenant le marché avec une hausse de 0,75% le mois dernier, et avec des hausses prévues au cours des prochaines semaines, confirmant ainsi l’attrait du dollar comme valeur refuge. En revanche, au niveau de la Banque cen- trale européenne, bien qu’elle ait clairement indiqué que des hausses sont à venir, elle a été plus timide dans son approche avec des hausses de taux d’intérêt bien infé- rieures et sur une durée pro- longée, car elle ne veut pas menacer la reprise écono- mique dans la zone euro », fait-il comprendre.

L’expert-comptable relève que les banques centrales se trouvent face à un dilemme, vu que la reprise écono- mique reste très lente, et cela les « empêche à avoir recours à des hausses de taux d’intérêt plus agressives » afin de ne pas mettre en pé- ril la reprise. Le problème, c’est que cette posture mène à la parité des deux princi- pales devises mondiales, et que celle-ci aura des effets dangereux pour des écono- mies comme Maurice.

Les exportations sont libellées principalement en euro pour l’industrie manufacturière, le textile et le Seafood. En revanche, les importations sont en majeure partie facturées en dollars américains, bien que provenant de Chine. « Les mêmes exportations en euros nous rapportent moins de roupies, alors que nos importations en dollars nous coûtent plus cher à me- sure que le dollar s’apprécie. Cet effet à double tranchant n’est pas à l’avantage de l’économie locale. Cela fera augmenter nos coûts et bais- ser nos revenus. Nos coûts à l’importation continueront de croître, et nos revenus en euros nous rapporteront moins », explique-t-il.

Mais ce n’est pas tout, le secteur touristique sera également affecté par ce qui se passe sur le marché des changes. « Par exemple une chambre d’hôtel vendue à 100 euros rapportait Rs 5 000 avant, mais désormais ne rapporte plus que Rs 4 600 », souligne John Chung.

Pour le consommateur, l’impact se fera aussi sen- tir de manière dramatique, et la pilule sera encore plus dure à avaler. « Cela n’augure rien de bon pour le consommateur et le pire est à venir, car les prix continue- ront d’augmenter. »

Ce qui serait dange- reux, c’est que la chute de l’euro ne s’arrête pas à la parité et pourrait continuer au-delà. Certains écono- mistes prévoient même un euro s’échangeant à USD 0,95. Ce qui fait dire que : « la crise perdure. Il y a un laps de temps entre ce qui se passe en Ukraine et son im- pact réel sur les économies, et ce n’est que maintenant que nous commençons à en ressentir tous ses effets. »

Comment Maurice peut- elle (ou du moins a-t-elle les moyens de) lutter contre les effets néfastes de la parité euro/USD ? Le Managing Partner de KPMG soutient : « à court terme, ce sera dif- ficile à gérer pour le pays, car les contrats ont déjà été signés, etc., mais sur le long terme, nous devrons conti- nuer à diversifier nos exportations et trouver d’autres sources d’approvisionnement. »

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