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Emploi : chômage des jeunes en hausse et 21% des universitaires

– Le Covid-19 responsable de 42% des pertes d’emplois

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– Eric Ng : « L’inflation affecte le Cost of doing business”

Après avoir bondi à 9,2% en 2020 avec la pandémie, le chômage s’est établi à 9,1% en 2021. Un semblant de baisse qui rassure mais sans pour autant sortir de l’auberge pour autant. Les effets de la guerre en Ukraine et la poussée inflationniste devront générer un impact certain sur l’évolution du marché de l’emploi dans les prochains mois. Malgré ce léger recul du chômage, l’on constate une hausse du taux de chômage des jeunes qui passe à 27,7% en 2021 (contre 26,1% en 2020 et 22,2% en 2011). Il y a actuellement 48 400 chômeurs dans le pays, dont 25 800 hommes et 22 600 femmes.

La moyenne d’âge du chômeur est de 32,7 ans et pour les femmes : 30,7 ans. 55% des chômeurs (26 800 individus) n’ont pas le School Certificate, 17% n’ont pas décroché le PSAC (Primary School Achievement Certificate). Les chômeurs ayant effectué des études tertiaires sont au nombre de 10 100, représentant 21% des chômeurs.

Statistics Mauritius révèle que les Unemployed Women’sont généralement plus qualifiées que les chômeurs masculins. 51% d’entre elles ont au moins le School Certificate, contre 39% chez les hommes. Les données disponibles montrent également que la fermeture d’établissements ou le Downsizing à cause du Covid-19 sont responsables de 42% des pertes d’emplois : « closure of establishment and reduction in workforce due to Covid-19 amounted to 42% of job losses. »

Les chiffres publiés révèlent que le nombre d’emplois dans le pays a chuté de 33 500 en 2021. Statistics Mauritius parle aussi de Labour Underutilization  qui concerne 204 300 individus (soit 48 400 chômeurs, 14 900 personnes sans emploi et qui ne recherchent pas de jobs mais étant disponibles pour travailler, 48 000 Skills-Related Underemployed et 93 000 Time-Related Underemployed.

Recrutement timide

Si le chômage amorce une tendance à la baisse par rapport à l’année 2020, Eric Ng, économiste et directeur du cabinet PluriConseil, fait comprendre que l’heure n’est pas aux réjouissances, puisque la décrue du chômage sera lente. Il explique que la timide baisse notée en 2021 s’explique notamment par « la crise de la pandémie qui s’éloigne, » ajoutant qu’ « avec la relance du tourisme, il peut y avoir de la création d’emploi dans le secteur touristique en général. Mais la décrue se fera de manière très lente selon moi, possiblement avec un taux sous 9% cette année. » Toutefois, l’économiste met en garde contre les conséquences de la guerre en Ukraine et la flambée de l’inflation, perturbant incontestablement sur le marché de l’emploi : « l’inflation pèse sur le Cost of Doing Business des entreprises et cela veut dire qu’elles vont réfléchir à deux fois avant de recruter et d’investir. La hausse des coûts va affecter leur rentabilité. Le recrutement risque donc de rester timide dans les prochains mois. » D’où la nécessité de « rétablir la confiance » et trouver les moyens pour que les chômeurs puissent réintégrer le marché du travail.

En 2021, le nombre d’emplois total s’élevait à 484 400, dont 60% occupés par des hommes. 80,6% des individus concernés étaient des employés et 18,4% des ‘self-employed’. En moyenne, un employé travaille 40,7 heures par semaine.

Les employés du secteur secondaire (industrie manufacturière, énergie, eau, gestion des déchets, dépollution des eaux usées et construction) ont les plus longues heures de travail (41,8 heures par semaine), contre 40,6 heures pour ceux du secteur tertiaire (commerce de gros et de détail, hébergement et restauration, transport et entreposage et toutes les autres industries de services) et 36,9 heures dans le secteur primaire (agriculture, forêts et pêche).

Le revenu moyen par employé se chiffre à Rs 22 800 (Rs 25 000 pour les hommes et Rs 20 000 pour les femmes). Les employés sont généralement mieux payés dans le secteur tertiaire (Rs 23 900), puis dans le secteur secondaire (Rs 19 700), ensuite dans le secteur primaire (Rs 17 600).

Les CEOs, cadres supérieurs, techniciens et professionnels touchent le revenu mensuel le plus élevé (Rs 39 800), suivis par les employés de bureau et de soutien (Rs 20 900). Le revenu le plus faible était celui des personnes exerçant des professions élémentaires (Rs 12 700).

Le secteur tertiaire fournit des emplois à 7 travailleurs sur 10 et offre les salaires les plus élevés. Entre 2011 et 2021, l’emploi dans le secteur tertiaire a progressé de 324 400 à 350 500. Sur 100 travailleurs, 72 sont employés dans le secteur tertiaire, 22 dans le secteur secondaire et 6 dans le secteur primaire.
Environ 22% des salariés étaient engagés dans les groupes professionnels les plus élevés (CEOs, cadres supérieurs, techniciens et professionnels). Les employés de bureau et les employés de soutien représentent 11 % de la main-d’œuvre. Alors que les ‘service and sales workers’ constituent 22%.

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