ANNE-LISE FRANÇOIS TURAM

Au nom du « plus jamais ça », il faut se saisir de la colère et de la tristesse, pour en faire quelque chose d’utile.

Je propose à Business Mauritius et au ministère de l’Économie de faire de Maurice le haut lieu de la recherche sur la dépollution marine.
Lagon sali, écosystème détruit. Foutu pour foutu, exploitons ce drame. Maurice peut offrir des conditions de recherche idéale, grandeur nature, mille fois plus intéressantes et réalistes qu’en laboratoire.

Lançons un appel international aux start-up du monde entier et aux organismes de R&D pour qu’ils viennent sur le territoire mauricien inventer et tester les dépolluants de demain.

En termes de pré-requis, il faudra construire un cadre de coopération internationale avec des agences de développement, des universités, des organismes de dépôts de brevets, de certifications et de normalisation, monter le label innovant « inventé à l’île Maurice » et embarquer quelques corporates qui joueraient le rôle de moteur pour le marché, sur la base de partenariat de produit.

Il faudra aussi revoir le schéma de compétences national pour accroître l’offre de formation scientifique et environnementale afin de fournir des talents mauriciens aux organismes de recherche qui s’installeront.
L’affaire ne rapportera pas d’argent avant une dizaine d’années. Mais ce n’est pas grave : l’écosystème prendra 30 ans à s’en remettre. Autant utiliser ce temps à bon escient.

On doit choisir.
La relance économique par le tourisme de masse, les littoraux bétonnés et l’évasion fiscale… Ou la relance par la science pour réparer notre lagon ?
Je soutiens le 2e choix et me tiens à la disposition de tous ceux qui voudraient appeler les scientifiques à réparer notre île, et à travers elle, les plages souillées d’Indonésie, les baies asphyxiées de Malaisie, les continents d’ordures dans l’océan Pacifique.

Ainsi, Maurice n’aura pas souffert en vain.