La Financial Crimes Commission (FCC) s’intéresse de près aux agissements de l’influenceur Ally Moortooza Boolaky, 23 ans, plus connu sous le pseudonyme d’Ally Royals sur les réseaux sociaux. Et cela dans le cadre d’un nouveau volet de l’opération Maradiva, Lakaz Mama. En tout cas, avec les premiers éléments, décryptés de la mémoire du cellulaire de Josian Deelawon, l’homme aux trois valises de Rs 113,8 millions en devises et en roupies, cet apparatchik du MSM semble être le lien royal d’un réseau de passe-droits contre paiements.
Du côté de la Financial Crimes Commission, les Pieces of Evidence les plus révélatrices sont à venir avec le Judge’s Order pour établir les secrets du téléphone d’Ally Royals, mémoire qui pourrait se révéler être une boîte de Pandore de High Level Political Connections sous le précédent gouvernement de Pravind Jugnauth.
Affichant ouvertement son soutien au Mouvement Socialiste Militant (MSM), le jeune homme entretenait également des liens étroits avec une série de VVIPs de l’ancien régime et de leur entourage des plus intimes. Son nom a émergé lors de l’analyse des équipements électroniques de l’homme d’affaires Josian Deelawon, actuellement au cœur d’une enquête financière, notamment de délits présumés de blanchiment de fonds. Selon les premiers éléments recueillis, une demande aurait été adressée à Ally Royals afin de faciliter l’obtention d’un transformateur du Central Electricity Board (CEB) dans le cadre d’une transaction alléguée de Rs 75 000. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer l’influence réelle dont disposaient l’influenceur ainsi que les éventuels contacts qu’il aurait sollicités pour accélérer les démarches.
Les limiers de la Financial Crimes Commission s’interrogent notamment sur les raisons ayant poussé Josian Deelawon – connu pour sa proximité avec certaines personnalités politiques et déjà aperçu à des dîners privés à l’hôtel Maradiva en présence de l’ancien Premier ministre Pravind Jugnauth – à solliciter les services d’un jeune influenceur pour obtenir un tel avantage, au lieu de solliciter plus haut.
D’autres échanges examinés par la FCC évoqueraient également une demande liée à une promotion au sein d’Air Mauritius pour une connaissance de l’homme d’affaires. Ces éléments renforcent les soupçons des enquêteurs, qui estiment que le carnet d’adresses d’Ally Royals pourrait lui avoir permis d’obtenir des interventions privilégiées, voire des passe-droits au sein d’une série d’organismes parapublics et institutions stratégiques.
À ce stade de l’enquête, Ally Royals nie catégoriquement avoir réclamé un quelconque pot-de-vin en échange de son intervention présumée. Toutefois, il ne précise pas non plus s’il disposait effectivement de contacts au sein du CEB ou d’Air Mauritius susceptibles d’avoir facilité ces démarches. Ou s’il a une influence auprès d’un ou des membres de Lakwizinn de l’ancien régime. Lors de son interrogatoire, le jeune homme a soutenu être victime d’une vendetta politique en raison de sa proximité avec le MSM.
La Financial Crimes Commission s’attend néanmoins que d’autres éléments encore plus compromettants pourraient émerger au fil de l’enquête. Les spécialistes du département Forensic poursuivent actuellement l’examen approfondi des outils informatiques de Josian Deelawon, notamment les téléphones portables, messages électroniques et courriels saisis dans le cadre de l’enquête.
En revanche, les appareils électroniques d’Ally Royals n’ont pas encore été soumis à une analyse. Les enquêteurs estiment toutefois que leur contenu pourrait se révéler particulièrement révélateur.
Entre-temps, le jeune homme demeure en détention policière au poste de Midlands. Il est également fort probable que Josian Deelawon soit convoqué au Réduit Triangle afin de confirmer l’authenticité des données extraites de ses appareils électroniques.
Par ailleurs, l’enquête portant sur les valises d’argent (Rs 113,8 millions) saisies au domicile de Josian Deelawon, qu’il affirme appartenir à Pravind Jugnauth, entrerait bientôt dans une phase décisive avec l’exploitation avancée des données numériques récupérées. Selon une source proche du dossier, les enquêteurs ont déjà identifié plusieurs communications téléphoniques entre l’homme d’affaires et au moins deux autres protagonistes arrêtés dans cette affaire en 2025. Il s’agirait toutefois principalement d’appels téléphoniques et non d’échanges écrits.
La FCC préfère, pour l’heure, ne pas divulguer officiellement l’identité des personnalités concernées, même si elles sont connues du public, les investigations se poursuivant toujours autour du système informatique de l’homme d’affaires.

