• L’Attorney General’s Office de Libye réclame l’arrestation du directeur de l’Africa Trade and Investment Co, opérant à partir de Port-Louis
  • De graves allégations formulées en Inde au sujet du financement en provenance de Port-Louis pour inciter la haine raciale dans l’État de l’Uttar-Pradesh

Alors que, depuis le 1er octobre, Maurice fait formellement partie de la Black List de l’Union européenne, pour des risques élevés de blanchiment de fonds et de financement du terrorisme, deux nouveaux dossiers à charge surgissent sur le plan international. Ainsi, l’Investigation Department de l’Attorney General’s Office de la Libye a lancé un mandat d’arrêt contre le directeur d’une société enregistrée à Maurice pour « fraude et abus des biens financiers » en provenance du Libyan Aid Fund. En parallèle en Inde, il est question d’allégations à l’effet que d’importants transferts de fonds ont été effectués à partir de Maurice en vue de financer une campagne de haine raciale dans l’État de l’Uttar Pradesh en Inde. Dans ce dernier cas, la Banque de Maurice et la Financial Services Commission ont été sommées de diligenter des enquêtes en vue de confirmer ces graves allégations portées contre Maurice et de prendre des sanctions contre des infractions au titre des dispositions régissant l’Anti-Money Laundering and Counter-Financing of Terrorism (AML/CFT).

Le scandale de détournement et d’abus de fonds du Libyan Trust Find porte sur des centaines de millions, avec au centre une entité incorporée à Maurice depuis le 2 juillet 2008. Ce mandat d’arrêt fait partie d’une série dans le cadre de la remise en ordre de la gestion des finances publiques avec l’ère post-Khadafi. « Yet another order was issued to arrest and imprison Fawzi Al-Ramalli, Director of the Africa Trade and Investment Company in the State of Mauritius, which is affiliated to the Libyan Aid Fund, accusing him of misusing funds entrusted to him on unspecified general purposes, other than that for which it was intended, notwithstanding the fact that he was discharged from his duties », souligne le communiqué émanant de l’Attorney General’s Office de Tripoli hier.

Selon les informations disponibles à Maurice, l’Africa Trade and Investment Company portant le Company Number C081690, incorporée il y a 12 ans de cela, a pour adresse, 16, rue Léoville L’homme, soit le MABCO Centre, à Port-Louis. Avec ce développement intervenu, il va sans dire que tôt ou tard, les autorités compétentes à Maurice seront appelées à passer au peigne fin les transferts transfrontaliers et les bénéficiaires des fonds détournés au préjudice du Libya Trust Fund du temps du colonel Khadafi, et même après.

En parallèle, l’attention des autorités est tournée vers les révélations de l’India Today depuis hier matin par rapport à l’affaire Hathras à la suite d’un viol dans l’État de l’Uttar Pradesh avec de graves incidents de nature raciale. Cette enquête, qui a été transférée de la police au Central Bureau of Investigation, a pris une autre dimension, avec des éléments à charge révélés en ce début de semaine.

Faisant état de ces développements, la presse indienne rapporte que « meanwhile, in yet another twist to the Hathras case, the Uttar Pradesh Police alleged that funding of around Rs 50 crore was sourced by the Popular Front of India (PFI) from Mauritius to incite casteist violence in Hathras. The Enforcement Directorate had earlier said that it would seek all files from the UP Police and look into the financial angles. »

À Maurice, l’hôtel du gouvernement a préféré prendre l’initiative de demander aux régulateurs du secteur bancaire et des Services financiers d’ouvrir une enquête sur ce sujet, dans les meilleurs délais, pour éviter d’être pris « pants down » par les autorités indiennes.