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Fraude et Corruption : Transparency Mauritius réclame des actions fermes et concrètes

Demande réitérée pour une Electoral Supervisory Commission indépendante et disposant de pouvoirs exécutifs

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En contraste à l’opinion publique, les chefs d’entreprise et autres experts accordent un avis favorable à Maurice, qui progresse d’un point au tableau mondial

Le dernier classement à l’indice de la perception de la corruption de Transparency International est tout en contraste pour Maurice, voire même en net déphasage avec l’opinion publique et la série de sagas liées à la fraude et la corruption que connaît le pays ces derniers mois. Pourtant, Maurice progresse d’un point et passe sous la barre des 50 pays les moins corrompus au monde. C’est ce qu’indique la dernière édition de l’indice mondial, le baromètre de ce fléau dans le monde.

Mais très vite, le Mauritius Chapter de TI met les points sur les i en soulignant que « l’indice de perception de la corruption (IPC) regroupe des données provenant de différentes sources qui rendent compte des perceptions par les chefs d’entreprise et les experts nationaux du niveau de corruption présent dans le secteur public ». L’antenne de Maurice précise que « l’indice ne prend donc pas en considération la perception populaire de la corruption au niveau national ». Elle met l’accent sur l’urgence « de mesures fermes et concrètes » à Maurice pour éradiquer la fraude et la corruption.

Techniquement, Maurice se classe à la 49e position sur l’indice de Transparency International, soit le quatrième pays en Afrique, mais loin derrière les Seychelles avec son score de 70. Les autres pays d’Afrique qui devancent Maurice sont le Cap-Vert (58) et le Botswana (55). La satisfaction à ce tableau est que Maurice devance le Rwanda (53) et est talonnée par la Namibie (49). L’année dernière, le Rwanda avait précédé Maurice alors que la Namibie partageait le même rang.

Le positif s’arrête là car le communiqué de Transparency Mauritius émis à cet effet ne manque pas de rappeler les enquêtes en cours au niveau de l’Independent Commission Against Corruption(ICAC) en mentionnant la Saint-Louis Gate avec le contrat de quelque Rs 4,5 milliards alloué à la firme danoise de Burmeister Wain and Scandinavian Contractor (BWSC).

Abordant ces enquêtes, Transparency Mauritius réclame que « des signaux forts doivent être donnés à travers des enquêtes abouties et des condamnations. Pour cela, il faut que les institutions soient dirigées de façon réellement indépendantes ». Et ce, sans plus de commentaires par rapport à l’Independent Commission Against Corruption, qui a adopté le slogan Pa Get Figir seulement comme slogan.

Dans la conjoncture, avec les pétitions électorales dominant l’actualité locale, Transparency Mauritius revient avec l’importance d’institutions indépendantes pour assurer l’intégrité du système politique en général.

Transparency Mauritius réitère la demande en faveur d’une loi cadre pour réguler les partis politiques et leurs financements ainsi que de rappeler l’importance d’une Electoral Supervisory Commission indépendante et disposant de pouvoirs exécutifs. Tout cela sans faire état des remous autour du récent renouvellement des tikopin sur ces instances sous la Constitution pour garantir la bonne gouvernance dans le processus électoral.

Le communiqué de Transparency Mauritius note que « sur le plan local, le pays est miné par une série de scandales, liés à la corruption. Les accusations de l’utilisation des institutions à des fins politiques, le népotisme et les cas allégués de conflits d’intérêts ou de trafics d’influence pleuvent quasiment chaque semaine. Un des remparts de probité à Maurice, en l’occurrence le bureau du commissaire électoral, est actuellement sous le feu des projecteurs. »

Avec ce constat, Transparency Mauritius maintient qu’il serait temps, que  « des actions fermes soient prises. Il est vrai que le gouvernement a initié le dialogue avec, entre autres, Transparency Mauritius mais il faudrait que des mesures concrètes et courageuses soient prises dans les meilleurs délais. »

De son côté, Transparency International exhorte les gouvernements à promouvoir le dialogue avec le secteur privé et la société civile, à veiller à l’indépendance des institutions, à renforcer les capacités par rapport aux crimes transfrontaliers et de se montrer transparent avec une libre circulation de l’information. Une démarche qui s’inscrit en faux avec l’opération « Tou Korek Lakaz Mama ».

Transparency Mauritius fait ressortir que même si le blanchiment d’argent ne figure pas parmi les crimes pris en compte par l’IPC, les mesures prises par Maurice pour s’extraire de la liste grise du GAFI ont sans doute eu un impact positif. « Maurice n’est pas, pour autant, définie comme étant dénuée de corruption. Il y a toujours des efforts à faire avant d’atteindre le plafond de 70+ en termes d’indice », fait comprendre l’antenne de TI à Maurice en guise de flèche du Parthe.

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