Désolation et désespoir. Colère et fureur. Les tristes spectacles des régions totalement sous eaux cette semaine, après un nouvel épisode de “flash floods”, sidère et attriste autant qu’il rend furieux. Furieux parce que quand on réalise que des milliards ont été dépensés par ce gouvernement sur des projets de prestige, comme le métro, le super-stade de Côte-d’Or, ou encore les fameuses Smart City, dont la grande majorité des caméras de surveillance ne marchent pas… Alors que ces sous auraient pu et dû être injectés dans des projets d’aménagement de terrain, de réfection de drains, et mieux encore de création de système d’évacuation d’eau, parce que certains endroits n’en sont en effet pas pourvus.

Et personne ne peut venir dire que ce gouvernement n’était pas au courant. Ce serait un énorme mensonge. Un an et quelques mois après que le premier gouvernement Lepep avait pris la barre, Maurice avait connu le tragique Black Saturday. Triste épisode de notre histoire contemporaine. Ce samedi 30 mars 2013, des trombes d’eau s’abattent sur la capitale. Pendant plusieurs heures, une pluie intense et battante inonde totalement Port-Louis. Bilan terrible : 11 Mauriciens y laissent la vie. Sylvia Wright et son fils, Jeffrey, Keshav Ramdharri, les frères Amrish et Trishul Tewary, et leur cousin Vikesh Khoosye, périssent dans un des tunnels menant au Caudan Waterfront. Simon Henriette, Rabindranath Bhobany, Vincent Lai Kin Wong Tat Chong et Retnon Navin Sithanen trouvent, eux, la mort dans les flots rageurs et déchaînés des “flash floods”. Quant à Christabel Moorghen, habitante de Canal Dayot, elle aura succombé d’un arrêt cardiaque, suivant une pression immense à la vue de sa maison inondée en quelques minutes seulement…
Le premier gouvernement de Lalyans Lepep prend le pouvoir fin 2014. Quelles leçons ont été retenues des fatidiques événements qui venaient de se produire ? Aucune, est-on tenté de dire. Mis à part des mesures cosmétiques… Mais dans le concret ? Rien. Puisqu’avec les rapports Domah, les études réalisées depuis, les contributions des urbanistes et autres techniciens ou même des citoyens anonymes, à l’instar d’Alan Wright, ancien de la municipalité de Curepipe, et qui a été personnellement affligé par le drame, rien de ce qui a été préconisé et recommandé n’a été mis en pratique.

Au lieu de cela, les deux gouvernements MSM/ML successifs ont préféré miser sur des projets mirobolants : il est vrai que ça fait plus « classe » de consolider les zones résidentielles où des fonctionnaires de l’État ont bradé leur savoir-faire contre quelques billets pour accélérer les constructions. Des projets axés davantage sur le prestige que sur le bien-être des citoyens et qui viseraient à améliorer leur condition de vie, écouter leurs souffrances, soulager leur misère…

Et puisque les Mauriciens, dans les situations les plus dramatiques, sont avant tout solidaires et actifs, nul besoin pour le gouvernement de Pravind Jugnauth de lever le petit doigt ! Il n’y a pour cela qu’à regarder ces Mauriciens de tous âges et de toutes communautés réunis, se démenant nuit et jour aux côtés des pompiers et des policiers, pour rétablir les maisons, les cours, les rivages et autres endroits inondés.
Entre-temps, Pravind Jugnauth laisse entrer des ressortissants indiens, cadres de la compagnie qui réalise le projet du métro, sacrifiant au passage des travailleurs manuels, en pleine vague meurtrière inédite de la COVID-19 en Inde. Comme si le virus « get figir » !

Ce samedi 1er mai nous est à tous doublement important. D’une part, il marque la fin du 2e confinement, ponctué par une tonne de faiblesses de la part du ministre Jagutpal et son équipe, qui a vu mourir des patients sous dialyse. Et de l’autre, une certaine reprise qui se fait sans aucune consigne ni restrictions. Attention, le peuple ne demande pas à être “spoonfed” ! Mais au moins des “guidelines” et des mesures auraient dû être communiqués ! Encore une preuve d’un gouvernement géré par des amateurs et des personnes aux compétences douteuses…