• Le ministre des Services financuers évoqué un troisième rapport à être soumis au GAFI le mois prochain
  • Lors du lancement de la “Scorecard” sur la bonne gouvernance

Le ministre des Services financiers, Mahen Seeruttun, qui s’est refusé d’utiliser l’expression de Grey List de la Financial Action Task Force (FATF) par rapport à Maurice, depuis janvier de l’année dernière, cotinue à pratiquer la langue de bois. Et cela, même si pour l’échéance de ce mois de février, devant voir Maurice quitter cette la catégotie de High Risk Countries en matière de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, tel ne sera pas le cas et Maurice encore sur la Black List de l’Union Européenne. Lors d’une présentation de la “Draft Scorecard” sur la bonne gouvernance, en début de semaine, il s’est contenté de dire qu’il y a des étapes à suivre et une procédure bien établie par le GAFI concernant les juridictions qui entrent sur une liste. « Il y a un calendrier de travail à mettre en place. Nous avons mis le paquet pour nous assurer que nous progressons au niveau des déficiences notées, » dit-il.

Maurice a déjà soumis deux rapports en août et novembre derniers. Le prochain rapport sera soumis en mars. « Il y aura une session plénière qui prendra en considération les progrès que nous avons faits jusqu’à fin novembre », a poursuivi le ministre. Il y aura également des Onsite Inspections qui seront effectuées sur place par les assesseurs du GAFI dès que les rapports auront été soumis. Ces assesseurs viendront à Maurice pour valider ce qui aura été présenté dans le rapport.

Concernant le lancement de la “Draft Scorecard” sur la bonne gouvernance, Mahen Seeruttun a parlé de « jour historique dans l’avancement de la bonne gouvernance », car c’est la première fois qu’est introduite une “Scorecard” pour mesurer la qualité de la gouvernance à Maurice. Il a déclaré que « le gouvernement a placé la bonne gouvernance haut dans son agenda depuis qu’il est au pouvoir ». Et d’ajouter que « high standard of governance is necessary » et « information disclosure and transparency are key issues of good governance ».

Il a précisé que tout réside dans l’utilisation de la “Scorecard”. Selon lui, cet outil sera utile aux « policy makers » et aux régulateurs, et permettra de promouvoir la bonne gouvernance à Maurice, « d’identifier nos forces et faiblesses en matière de gouvernance, et d’améliorer l’efficience à tous les niveaux ».

Le ministre a poursuivi en citant une phrase du Dalaï-Lama, lourde de sens surtout dans le contexte actuel : « Lack of transparency leads to distrust ». Il a expliqué que la « perception of trust » est essentielle « pour maintenir la confiance des “stakeholders” et des investisseurs dans notre juridiction. » Puis le ministre a choisi de citer Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies : « If corruption is a disease, transparency is an essential part of its treatment ».

Invité à commenter l’importance de la bonne gouvernance dans l’allocation de contrats publics, plus précisément alors que plusieurs témoins font des déclarations accablantes ces derniers jours sur les méthodes utilisées pour allouer des contrats publics, le ministre de la Bonne gouvernance s’est réfugié derrière la Public Procurement Act et le Public Procurement Board : « C’est un système en place qui a été inspiré des agences internationales, notamment de la Commonwealth Bank. Nous connaissons tous le fonctionnement de ce système, et d’ailleurs certains le trouvent très rigide mais le système est basé sur des systèmes ayant fait leurs preuves à l’étranger.  »

 Le Corporate Governance Scorecard for Mauritius est un nouveau baromètre national qui permettra aux entreprises et aux institutions publiques de s’évaluer ou d’être évaluées sur plusieurs critères de bonne gouvernance. S’il est adopté par nombre de compagnies des secteurs privé et public, il pourrait se révéler un “game changer” pour le pays. « La Scorecard n’est pas une fin en soi, c’est le début d’un voyage. Companies will not be self assessing. L’évaluation sera menée par un groupe de personnes indépendantes sélectionnées par le comité. Nous prévoyons d’avoir trois différents panels », a expliqué Aruna Radhakeesoon, présidente du National Committee on Corporate Governance. À la longue, selon elle, la “Scorecard” devrait contribuer à améliorer non seulement le “reporting” des compagnies mais aussi la transparence.