Tes amies de toujours : Adi Teelock, Dini Lallah, Evelyne Bibi,
Lovania Pertab, Paula Lew Fai, Pouba Essoo et Vidula Nababsing

En ce vendredi 29 mai, c’est l’hiver. Le vent s’est levé et le froid a envoyé des frissons jusqu’aux cœurs.
Dans le noir, les voix se sont mises au diapason du vent, tantôt murmures de tristesse pour l’amitié disparue, tantôt paroles fortes de militantes. Toutes avec leur musique particulière pour dire « Au revoir ». Un Au revoir à Marie-Claire, à celle qui nous a demandé « Stand by me » avant de partir pour toujours, loin des combats qui, sans relâche, donnaient un sens à sa vie.
La majorité d’entre nous a rencontré Marie-Claire pendant la création du « Muvman Liberasyon Fam » en 1976. Une grande jeune femme au sourire franc et aux cheveux à la Angela Davis.
Elle fait partie des luttes militantes et féministes de notre jeunesse des années 70 à Maurice. Dans ce creuset d’activismes pluriels de cette époque, nous étions toute une bande qui s’était liée d’amitié et du désir de vivre autrement.
Elle est une de ces femmes anonymes, militante engagée et féministe, à l’époque où le mot « féministe » faisait peur. Elle a contribué et participé activement à la lutte pour le respect des droits humains et surtout les droits de la femme. Nous avons lutté ensemble pour le droit à l’avortement, à l’élimination des discriminations dans les lois, contre les violences faites aux femmes et pour la justice sociale. Nous avons participé à toutes les manifestations et autres marches pour réclamer plus de justice sociale aux plus démunis de la société.
Marie-Claire a débuté sa carrière au sein de la fonction publique en tant qu’enseignante, puis au ministère de la Femme depuis le début des années 80. Elle y a contribué à la mise sur pied des centres de femmes, du Conseil national des femmes, dont elle a été la secrétaire, à l’élaboration de tous les programmes de formation pour les femmes et des différents projets de loi introduits au parlement depuis cette époque jusqu’à sa retraite en 2015.
Avec Paula, dans le cadre du programme de l’Union européenne, « A Nou Diboute Ensam »,  pour l’allégement de la pauvreté, elle a sillonné les villages, à l’écoute, à la recherche d’actions qui donnent confiance en soi, en la collectivité. Sa foi en les femmes les plus démunies, l’empathie, la patience et la rigueur : voilà ce qui animait Marie-Claire dans tout ce qu’elle entreprenait, toujours avec le sourire. Elle laisse son empreinte dans la lutte contre la pauvreté à Maurice comme à Rodrigues.
Au-delà du combat qu’elle a mené pour une société juste et équitable, et au-delà de sa riche carrière au sein de la fonction publique, Marie-Claire a été avant tout notre amie. Elle était belle de l’intérieur comme à l’extérieur et c’était toujours gratifiant d’être en sa compagnie. Elle était un réel exemple de persévérance et courage et elle n’a jamais perdu son humour et son sourire, même dans les moments les plus difficiles de sa maladie.
Marie-Claire, durant ces trois dernières années, tu as mené une lutte féroce contre ta maladie. C’était ton épreuve quotidienne et tu y faisais face, sans jamais te plaindre. Ta grandeur résidait non seulement dans ta combativité, mais aussi dans ta capacité à resurgir et à te relever.
De toi, nous avons appris de grandes leçons de vie. Merci.
Merci aussi d’avoir mis au monde tes deux jumelles Kine et Kina, qui ont hérité de ton courage et de ta force et qui ont remué ciel et terre pour t’aider à lutter contre ta maladie.
So your legacy lives on, Marie-Claire and we know that wherever you are, you are standing by us.