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HOMMAGE – Adieu au légendaire trompettiste, Claudio Cassimally

DIDIER JEEWOOTH

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L’île Maurice et le monde de la trompette perdent un illustre musicien en la personne de Claudio Cassimally. Réduit par la maladie il y a bientôt 10 ans, Claudio Cassimally s’est éteint dans l’après-midi de ce 1er décembre 2021 en sa demeure à Belle-Etoile. Là où l’inspiration étoilée de l’artiste jaillissait.

Issu d’une famille où la musique est omniprésente, Claudio Cassimally avait commencé la musique très tôt. Il avait été trompettiste dans diverses formations musicales pour rejoindre, ensuite, l’orchestre de la police des années 1960 dirigé par l’inégalable chef d’orchestre Philippe Oh San. Ce trompettiste légendaire avait joué sur l’album d’une cinquantaine d’artistes locaux de générations différentes, produisant des mélodies ineffaçables dans le répertoire de la musique locale et procédant également à la formation de beaucoup de musiciens, dont le prestigieux trompettiste Philippe Thomas. Claudio Cassimally portait l’élégance des notes au bout de ses doigts, tout artiste dans l’âme qu’il était.

Connu pour son franc parlé et son rire tonitruant, Claudio était également imitateur, dessinateur, peintre. L’église de Cassis renferme, d’ailleurs, ses tableaux qui illustrent les quatorze stations du chemin de croix. Claudio ne faisait rien à moitié. Il est, en outre, un exemple que l’on est capable de sortir de la misère si on pratique son Art avec passion. S’il pouvait s’émouvoir jusqu’à la gorge nouée c’était à l’écoute d’un Chet Baker.

Les fins musiciens de ce pays seront unanimes à dire que Cassimally avait un remarquable feeling. Il saisissait admirablement le solfège et était doté d’une ouïe absolue. Ernest Wiehé parlait de Claudio comme « le lecteur parfait », feu Edouard Maunick évoquait « un fils du sol dont on ne pourra jamais récompenser » pour ne citer que ceux-là.

Philosophe, Claudio ne parlait pas que de musique. Il portait un regard sur le monde dans lequel nous vivons. Ses discours tourbillonnaient comme une feuille au vent. Sur terre, disait-il, ne vous attachez à rien ! Tôt ou tard vous serez appelé à monter aux cieux… pour tout laisser. Ce moment est, hélas, venu pour lui.

Si Claudio devait être raconté, des notes rassemblées en forme d’agenda diluées en mots accoucheront des livres en volumes. Tout compte fait, la vie de Claudio Cassimally sera racontée un jour, peut-être.

Voilà pourquoi l’essentiel a été posé ici aujourd’hui…

Adieu l’artiste !

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