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HOMMAGE – Rajah Madhewoo, l’engagé enragé !

Aucun obstacle ne semblait infranchissable à celui que nous appelions affectueusement « dokter ». Doté d’une détermination à faire pâlir les plus téméraires, il pourfendait, ici, le déclin du courage et, là, le refus de la réflexion. Surtout ceux de ‘l’intelligentsia’ qui, soutenait-il, maîtrisait ce vocabulaire dont l’objectif consistait à fourvoyer sciemment car visant – et réussissant hélas plus souvent qu’on ne le pense – à entraîner la masse silencieuse dans son sillage; une bien-pensance qui ne dit pas son nom mais qui, pour l’observateur attentif toutefois, masquait mal un renoncement peu glorieux. Rien de nouveau sous le soleil car il s’agit là d’un danger qui aura toujours pesé sur toute démocratie. Combien de fois le « dokter » n’a-t-il pas tendu ce miroir fustigeant ce conservatisme douillet.

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Mais il n’en voulait pas pour autant à ceux – la grande majorité – dont la coutume consiste à rejoindre le troupeau, ‘ces moutons qui ne se défendent qu’avec leurs gémissements’. Il ne lui vint jamais à l’esprit de s’ériger en gardien de conscience, ce sanctuaire inviolable dont l’accès, devait-il penser, est interdit à toute puissance temporelle. Lui, il aura vécu en parfaite symbiose avec la sienne, refusant de transgresser ses valeurs, affrontant dignement les coups que provoquait la défense de ses convictions inébranlables.

Inébranlables? Je l’ai senti désillusionné une fois. Une seule. C’était après l’échec d’une levée de fonds pour porter au Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies le combat contre la carte biométrique. Une blessure béante dans son rêve. Mais la plaie se cicatrisera bien vite.

Rajah restera donc l’exemple du citoyen tout autant engagé qu’enragé, un combattant infatigable dont l’île Maurice a si grand besoin par les temps qui courent où tout semble porteur de péril, même la prudence. Surtout la prudence.

Repose en paix, cher ami.

Emmanuel BLACKBURN

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