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Hôtellerie : année noire pour NMH avec des pertes records de Rs 3,1 Mds

La Mauritius Investment Corporation a déjà décaissé les Rs 2,5 milliards en faveur du groupe.

  • Les réservations pour le dernier trimestre de cette année « exceed expectations »
  • Le variant Omicron sous surveillance

Le poids du Covid-19 dans la gestion du premier groupe hôtelier mauricien, New Mauritius Hotels (NMH), se résume à des pertes records de Rs 3,1 milliards pour l’année financière au 30 juin 2021. Sur les 15 derniers mois, les trois principaux acteurs du secteur (Sun, Lux et NMH) ont subi une tempête financière sans précédent, avec des pertes annuelles de Rs 2 milliards pour le premier nommé, Rs 1 milliard pour le second et Rs 3,1 milliards pour le troisième. NMH voit ainsi son chiffre d’affaires tomber à Rs 1,1 milliard pour l’année financière. Son excédent brut d’exploitation est négatif à Maurice (Rs 1,7 milliard), tout comme au Maroc (Rs 115,1 millions) et aux Seychelles (Rs 46,4 millions).

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La direction du groupe estime que le secteur de l’hôtellerie, dans son ensemble, a sans doute connu l’une des années les plus difficiles de son histoire, la plupart des pays ayant fermé leurs frontières pendant plusieurs mois ou plus, et n’ayant rouvert leurs portes qu’avec des restrictions sur les voyages et des protocoles sanitaires. En conséquence, les perturbations causées à l’industrie mondiale du voyage et du tourisme ont été sans précédent. Le secteur du tourisme local n’a pas été épargné et toutes les activités hôtelières et non hôtelières du groupe ont été sévèrement impactées.

Concernant les activités à Maurice, avec la fermeture des frontières nationales depuis mars 2020, cela n’est qu’au cours du premier trimestre de l’année financière qu’environ 400 lits avaient été mis à la disposition des autorités locales en réponse à la crise sanitaire. Par la suite, après la conversion du Beachcomber Resorts comme “Safe Place”, seuls trois des huit complexes, à savoir le Canonnier Beachcomber, le Paradis Beachcomber et le Royal Palm Beachcomber, ont été partiellement ouverts aux résidents locaux.

En mars 2021, avec l’annonce d’un second confinement, tous les hôtels ont été fermés. Dans ce contexte, les recettes opérationnelles mauriciennes sont restées très faibles, soit un modeste chiffre d’affaires de Rs 670,6 millions. Commentant ses pertes de Rs 3,1 milliards, la direction du groupe souligne que « losses were unavoidable ».

Par contre, les opérations au Maroc ont bénéficié de la réouverture des frontières de ce pays dès septembre 2020. Avec la campagne de vaccination s’accélérant dans les pays voisins en Europe et au Maroc, les arrivées de touristes à Marrakech ont montré des signes encourageants, sans toutefois atteindre le niveau de prépandémie. Les opérations marocaines ont toutefois continué d’être entravées par la restriction de la circulation entre les provinces, le couvre-feu et les mesures de sécurité, qui ont créé une incertitude sur le marché. Le chiffre d’affaires des opérations marocaines a chuté à Rs 235 millions pour l’exercice financier.

Aux Seychelles, le complexe de 295 chambres sur l’île Sainte-Anne a été achevé et livré au Club Med en février dernier dans des conditions difficiles. Les opérations aux Seychelles ont donc enregistré cinq mois de revenus locatifs s’élevant à Rs 155 millions. Cependant, l’excédent brut d’exploitation a été négatif à Rs 46 millions, en raison de charges exceptionnelles liées principalement à des coûts d’achèvement de projet.

Parallèlement à son bilan annuel, le groupe NMH publie également ses états financiers pour le trimestre se terminant au 30 septembre 2021. Il essuie toujours des pertes, cette fois de Rs 755,5 millions, mais celles-ci sont légèrement inférieures comparé au trimestre correspondant en 2020 (Rs 780,5 millions). Un autre signe positif pendant ce trimestre est le redressement de son chiffre d’affaires à Rs 485,1 millions, contre Rs 212,9 millions en 2020. Cette petite amélioration s’explique par l’augmentation de  l’activité au Maroc et du “Rental Income“ de Rs 104 millions aux Seychelles.

À Maurice, les hôtels ont repris leurs activités de manière progressive à partir du 15 juillet 2021, à l’exception du Shandrani, du Dinarobin, du Mauricia et du Royal Palm, qui étaient en rénovation. Toutefois, les “Strict in-Resort Conditions of Stay” durant le trimestre concerné n’ont pas attiré beaucoup de clients étrangers.

NMH a profité de ces 18 derniers mois pour entreprendre des travaux de rénovation dans plusieurs de ses hôtels. Le Shandrani rénové a ainsi rouvert le 15 octobre avec une nouvelle offre et un nouveau positionnement. Des travaux de rénovation ont également été entrepris au Dinarobin. En revanche, le projet d’hôtel Les Salines, à Rivière-Noire, a été temporairement mis en veille.

NMH a aussi obtenu l’aval de l’Economic Development Board pour procéder à un projet sous l’Invest Hotel Scheme (IHS) à Trou-aux-Biches, avec la mise en vente et cession-bail des 27 villas existantes. Le projet est en cours de finalisation et les unités seront commercialisées à partir de début janvier.

Au chapitre financier, les actionnaires ont approuvé en mai dernier l’émission d’obligations convertibles et remboursables d’un montant de Rs 2,5 milliards à la Mauritius Investment Corporation. Un montant de Rs 1,5 milliard a été déboursé en juin 2021 et le montant restant (Rs 1 milliard) a été décaissé en deux tranches de Rs 500 millions chacune, respectivement en août et novembre 2021.

Avec la réouverture des frontières à partir du 1er octobre, le nombre d’arrivées de touristes a affiché une “Steep Upward Trend” et des réservations prometteuses. « Bookings in hand for the second quarter still exceed expectations », note ainsi NMH. Toutefois, le groupe demeure vigilant, surtout avec l’apparition du variant Omicron, qui a entraîné la suspension de certains vols.

De plus, la récente décision du Maroc de fermer ses frontières à tous les arrivants internationaux pendant deux semaines aura un impact sur le chiffre d’affaires du groupe en décembre. Malgré tout, NMH devrait afficher des bénéfices au cours du dernier trimestre 2021, compte tenu de la haute saison et de la force des principales devises par rapport à la roupie.

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