Le présumé meurtrier, Azar Sobratee (22 ans), allègue avoir remis Rs 2 500 au médecin pour attribuer le décès de la petite victime à “une cause naturelle”

Un taximan, ayant assuré le transfert du petit Ayaan, en compagnie de sa mère, de Midlands à l’hôpital Rose-Belle jeudi dernier, attendu aux Casernes centrales cet après-midi

La mère et le beau-père traduits devant le tribunal de Curepipe pour meurtre et complot de « pervert the course of justice »

L’étau se resserre autour de la doctoresse Nesha Soobhug (31 ans), qui a été convoquée à la Major Crime Investigation Team (MCIT) ce matin après qu’elle aurait émis un certificat de décès du petit Ayaan Ramdoo (2 ans). Cette habitante de Gros Billot a conclu à la « cause naturelle » dans ce cas, alors que le petit avait des ecchymoses sur le corps, suite à des coups violents donnés par son beau-père. Même la tante du petit Ayaan, Nosreen, qui n’a aucune notion médicale, a remarqué ces blessures de nature suspecte et devait alerter la police de Midlands une trentaine de minutes avant les funérailles de la victime, qui étaient prévues vendredi matin.

Selon des renseignements disponibles, Nesha Soobhug, une Certified Doctor depuis 2015, travaille dans le privé, alors que dans son bio-data, elle avance qu’elle exerce dans un hôpital d’État. Une précision du ministère de la Santé est attendue à ce sujet. La police a appris qu’elle se trouve souvent dans une pharmacie de Rose-Belle où elle dispose d’un miniespace pour des besoins de consultation médicale. Un membre de la force policière affecté à l’hôpital de RoseBelle devrait également intéresser les limiers de la Major Crime Investigation Team enquêtant dans cette agression mortelle des plus horribles sur un enfant sans défense.

Le présumé meurtrier Azar Sobratee (22 ans), le beau-père de la victime, a déclaré à la Major Crime Investigation Team (MCIT) avoir remis Rs 2 500 à Nesha pour un certificat médical de décès de complaisance. Et d’ajouter qu’il ignore si la Dr Nesha Soobhug aurait examiné l’enfant. Le jeune homme dit avoir raconté à la doctoresse que son beaufils s’est blessé en chutant et qu’il aurait l’habitude de sauter partout en jouant. « Mo dir madam-la fer mwa gagn papie vit », a déclaré le suspect. Sauf que dans le milieu des enquêteurs, on estime que « c’est une faute grave » et que la doctoresse aurait dû informer la police quant aux zones d’ombre autour de ce décès.

Raison pour laquelle la MCIT évoquait la possibilité d’une inculpation pour complicité contre cette doctoresse. Outre cette dernière, les limiers s’intéressent aussi à ce qui s’est passé à l’hôpital Nehru de Rose-Belle jeudi car le Police Post n’a pas été informé de ce cas suspect de « battered child ». La mère du petit, Nawsheen Beeharry (26 ans) avait déclaré au personnel soignant qu’Ayaan s’était étouffé en consommant du biryani et qu’il aurait alors fait une chute. D’où, selon elle, les traces de blessures sur son corps. Des interrogations subsistent aussi sur comment les parents ont pris possession du corps et qui leur a donné cette autorisation. En tout cas, l’interrogatoire de la Dr Nesha Soobhug devrait apporter un éclairage sur une partie du mystère. Qui plus est, la MCIT a convoqué un chauffeur de taxi pour cet après-midi aux Casernes centrales vu qu’il avait transporté le petit Ayaan, en compagnie de sa mère, jeudi dernier de son domicile à Midlands à l’hôpital Rose-Belle.

Par ailleurs, Azar Sobratee et Nawsheen Beeharry étaient attendus au tribunal de Curepipe ce lundi pour faire face à une accusation provisoire de meurtre. Pour le moment, seulement le jeune homme a donné une première version à la police. Il a avoué qu’il a frappé l’enfant « dans un accès de colère » car « zenfan-la pa ekoute, li fer dezord ». Ce marchand de légumes a aussi déclaré qu’il a l’habitude de gifler le garçonnet, lui administrant même des coups de pied et des coups de bâton. Il a tenté de justifier son acte, soutenant qu’il ne parvient pas à se contrôler lorsqu’il est sous l’effet de méthadone. Nawsheen Beeharry a, elle, été témoin de l’agression de son fi ls et elle aurait dissimulé la vérité. Elle devra donner sa version des faits ce lundi. Soulignons que la police de Midlands a pris la dépouille de l’enfant vendredi chez lui à Midlands pour l’emmener à la morgue de l’hôpital de Candos où l’autopsie a conclu que le décès d’Aryaan Ramdoo est dû à un « acute peritonitis following traumatic bowel ». Les enquêteurs ont aussi appris qu’il était un enfant battu. L’enquête est menée par l’équipe de l’ASP Seebaruth.