JULIA VITRY

Assise sur le bord du bateau et dos à l’océan, je vérifie le nombre de bars sur mon manomètre, masque sur le visage et détendeur en bouche. Un, deux, trois… bascule arrière et me voilà plongée dans un autre monde. Petit à petit, je palme vers les profondeurs de l’océan. Un banc de poissons à ma droite, une tortue de mer un peu plus devant, mon regard est attiré par des raies qui m’offrent un spectacle de danse digne des plus grands ballets. Je ne cesse d’être émerveillée par ce monde paisible où règnent tranquillité et beauté. Pourtant, une chose m’attriste : le récif corallien blanchi, signe de l’agonie de l’océan.

Il me vient alors à l’esprit la catastrophe qu’a subie le sud-est de Maurice voilà un an presque : le naufrage du MV Wakashio. Ou, plus récemment, celui du bateau de pêche chinois, à Pointe-aux-Sables. La pollution marine est certes l’un des facteurs les plus évidents qui affectent l’océan. Les adeptes de Netflix, quant à eux, feront probablement référence aux effets néfastes de la pêche commerciale révélés dans Seaspiracy. Bien que la véracité du film-documentaire fait débat, la surexploitation marine reste un fait indéniable. Il y a pourtant un autre phénomène, moins connu ou évident au premier abord, affectant grandement l’océan et lié à la pollution atmosphérique : celui de l’acidification. Un bien grand mot pour parler simplement d’une évolution de l’eau vers l’acidité.

Le dioxyde de carbone (CO2), résultant des activités humaines et plus connu comme étant l’un des gaz contribuant au réchauffement planétaire, est absorbé en énorme quantité par l’océan, le rendant ainsi plus acide. Ce phénomène d’acidification, parfois surnommé le « jumeau maléfique » du changement climatique, fait du corail l’une des premières victimes. En tant qu’habitants d’une petite île, nous savons ô combien nos coraux sont importants; tant pour la faune et la flore marine que pour nos plages. D’ailleurs, nous subissons déjà l’impact du dégât causé à notre barrière corallienne.

De plus, une grosse partie de l’oxygène que nous consommons est générée par le phytoplancton, un protagoniste microscopique méconnu et vivant dans les eaux océaniques. En effet, la forêt amazonienne n’est pas le seul poumon de notre planète. Voilà un fait bien souvent ignoré.

Ainsi, en ce 8 juin, nous célébrons la journée de cet autre poumon de la planète Terre : l’océan. Prenons-en soin !