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JOURNÉE MONDIALE DE LUTTE CONTRE LE VIH-SIDA – Une lueur d’espoir

DR DIPLAL MAROAM

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Dans le combat contre le VIH-Sida, un article très significatif – paru le 16 novembre 2021 dans la revue américaine Annals of Internal Medecine –, apporte une lueur d’espoir et vient nous mettre un peu de baume au cœur en ce moment de grande déprime causée par la Covid-19 au niveau global. Est rapporté, en effet, un second cas de guérison d’une infection par le VIH de façon naturelle sans intervention thérapeutique aucune. C’est l’histoire d’une Argentine qui, après avoir été infectée par le virus, serait la seconde personne au monde à avoir complètement éliminé toute trace du pathogène de son corps. Comme quoi, notre système de défense inné qui est, en quelque sorte, la signature de chacun d’entre nous, n’a pas encore livré tous ses secrets.

  À la question de savoir si ce système a réussi, chez cette patiente, à développer une immunité adéquate capable d’éradiquer définitivement le virus, l’équipe de chercheurs argentins et américains qui a mené l’étude répond qu’il semble bien que cela soit effectivement le cas. Dans le but de prévenir toute transmission mère-enfant du VIH, cette femme n’avait suivi un traitement antirétroviral (ARV) que pendant les 2e et 3e trimestres de sa grossesse. Les examens cliniques et tests PCR auxquels la patiente a été soumise durant les 8 années qui ont suivi la découverte de sa séropositivité en 2013 à l’âge de 30 ans, se sont révélés tous négatifs alors que son partenaire séropositif est, lui, décédé de la maladie en 2017. C’est en fait le deuxième cas de ce genre après celui d’une Californienne de 67 ans, Loreen Willenberg, testée positive en 1992, mais qui a également pu obtenir la guérison de façon naturelle, sans intervention médicale.

D’autre part, deux autres personnes, Timothy Brown dit « patient de Berlin » et Adam Castillejo dit « patient de Londres », ont vaincu le VIH-Sida en recevant une greffe de la moelle osseuse pour le traitement de la leucémie et du lymphome de Hodgkin en 2007 et 2020 respectivement ; la moelle greffée provenant d’un donneur possédant des cellules immunitaires mutantes résistantes au VIH. Selon les estimations, rien que 0,3% de la population mondiale est dotée de cette immunité naturelle au VIH qui résulte d’une mutation rare du gène CCR5-delta 32 sur les cellules CD4, mutation annihilant toute tentative du VIH de pénétrer les cellules. Timothy Brown décède de la leucémie en septembre 2020.

Par ailleurs, même si le combat contre la maladie est loin d’être gagné, il convient tout de même de reconnaître que le traitement ARV – dont le principe d’action consiste à rompre le processus de réplication du virus –, a transformé l’infection du VIH d’une sentence de mort en une maladie chronique parfaitement gérable. Si la mise au point d’un vaccin est considérablement freinée par la grande variabilité génétique du virus, la recherche doit néanmoins se poursuivre car tout relâchement dans cette lutte tournerait inexorablement à l’avantage du pathogène. Or, il est malheureux que, d’année en année, les fonds destinés à la recherche ne font que se réduire comme une peau de chagrin.

Omicron, « préoccupant »

Certes, durant la phase de réplication, tout virus est susceptible de muter ; cependant, vu son matériel génétique restreint, un agent pathogène viral ne peut accroître sa virulence ad vitam aeternam. En ce qui concerne le SARS-CoV-2 par exemple, un nouveau coronavirus qui affole toute la planète actuellement, de deux choses l’une : soit l’Omicron, le dernier variant en date classé « préoccupant » par l’OMS vu le nombre élevé de mutations sur la protéine « spike », disparaîtrait sous la pression d’autres souches, soit il finirait par les supplanter. C’est pourquoi, en ce moment crucial dans l’évolution de la pandémie, la pression sur l’agent pathogène doit être accentuée. Ainsi, à côté des moyens thérapeutiques couramment utilisés, dont des antiviraux et anticorps monoclonaux, la dose de rappel constitue une mesure préventive importante visant à limiter le champ d’action du virus. Mais il est malheureux que chez nous, de nombreux citoyens, environ 300,000, n’ont même pas été injectés ne serait-ce qu’une première fois et constituent ainsi un vecteur non négligeable de l’infection.

                                                                                                                                               

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