La présentation, jeudi dernier, de la (petite) délégation de para-athlètes, du 24 août au 5 septembre, marque un tournant décisif dans leur préparation. Fini, le temps où ils pensaient aller à Tokyo pour les Jeux Paralympiques. Ils y sont presque. Il ne reste que le trajet en avion jusqu’à la capitale japonaise pour que la boucle soit bouclée. Le sera-t-elle vraiment, une fois qu’ils auront posé le pied à Tokyo ? Au milieu des meilleurs handisportifs du monde, quelle place auront les trois représentants mauriciens ? Ce sont des questions somme toute légitimes qui se posent à seulement quelques semaines du rendez-vous planétaire.

Dans un pays miné par des vagues successives de Covid-19 — cette pandémie qui a réussi à faire ralentir toute la planète — la performance des para-athlètes — et athlètes mauriciens — sera forcément décortiquée. Plus qu’une médaille, le simple fait, pour les uns et les autres, de se retrouver à Tokyo constitue en soi une performance hors pair. D’ailleurs, Jean-Marie Malépa, président du Comité paralympique mauricien (CPM), le dit lui-même. « Nous visons une finale. Tout ce qui viendra après sera du bonus. »

S’il rêve secrètement d’un podium, c’est qu’il a compris que cela galvaniserait encore un peu plus un mouvement qui a déjà des vues sur les Jeux de Paris en 2024. Les récentes performances de Noemi Alphonse, Anaïs Angeline et Eddy Capdor permettent donc d’espérer. À eux trois, ils bercent les espoirs de tout un pays, qui rêve à nouveau d’une médaille olympique après celle de Bruno Julie en 2008 à Pékin. Il faut cependant remettre les choses dans leur juste contexte. Ces trois handisportifs, pour ne citer qu’eux, sont l’exemple même de résilience, de persévérance et de patience. Ils ont mis de côté leur handicap, choisissant de s’affirmer par le sport.

Le moment est historique pour Maurice, qui a réussi à qualifier trois para-athlètes, issus de trois catégories différentes, d’un seul coup. Ils inspirent désormais un peu plus le respect parmi la communauté handisportive internationale. Il leur reste maintenant à conclure cette aventure par une performance à la hauteur des attentes. Une finale à Tokyo les rapprocherait définitivement définitivement du panthéon du sport mauricien. Une médaille leur conférerait à jamais le statut de légende.

Quoi qu’il en soit, ces handisportifs ont donné une leçon à tout un pays : à force de volonté, ils ont réussi à accomplir quelque chose de grand. Et rien que pour cela, ils méritent notre admiration.