Monique Dinan

Le 21 décembre 1848, deux jours après l’abolition de l’esclavage à l’île de la Réunion, la Congrégation des Filles de Marie de Saint-Denis (F.D.M) voit le jour sur le sol réunionnais. Ses fondateurs étaient deux Réunionnais : soeur Marie-Magdeleine-de-la-Croix, dans le monde Marie Françoise Aimée Pignolet de Fresnes (1810 -1889), et le Père Frédéric Le Vavasseur (1811-1882), condisciple du Père Laval (1803-1864) au séminaire Saint-Sulpice à Paris et un des initiateurs de l’œuvre des noirs, embryon de la Congrégation du Saint-Cœur-de-Marie, fondée en 1841, qui fusionna avec la Congrégation du Saint-Esprit en 1848.

Marie Françoise Pignolet de Fresnes naquit en 1810 à La Réunion, dans une famille de la haute société réunionnaise. En 1835, elle rencontre pour la première fois Fréderic Le Vavasseur, alors séminariste à Paris, qui passait ses vacances au pays natal; il lui laissa quelques livres de piété. À son retour dans l’île, le 10 juin 1842, après son ordination, le Père Le Vavasseur accepte de devenir le directeur spirituel de Marie-Aimée qui, depuis son adolescence, songeait à la vie religieuse. Elle réunit autour d’elle quelques jeunes filles, dont sa sœur Marie-Anne, en religion Marie-Thérèse-de-Jésus, qui deviendra plus tard sa première assistante. L’idée de fonder une congrégation religieuse prit forme, avec la construction d’un couvent à la Rivière-des-Pluies : c’est là, qu’elle prit l’habit, le 19 mai 1849, avec 11 autres compagnes, dont deux Mauriciennes, en l’église Saint-Francois-Xavier. Elle choisit le nom de Marie-Magdeleine-de-la-Croix. Une caractéristique de cette nouvelle famille religieuse qu’elle a fondée était l’admission, parmi les sœurs créoles blanches, de jeunes filles esclaves nouvellement affranchies. Huit de ces dernières avaient pris l’habit le même jour qu’elle.

Comme beaucoup de fondateurs des instituts religieux, elle était perpétuellement en butte aux difficultés de toutes sortes. Mais, comme il s’agissait pour elle de rien moins que de révéler au monde l’excessive charité du Christ, elle donna alors à sa congrégation la devise Jésus tout seul. Le charisme de la congrégation tient en ces trois mots, d’où elle puise son esprit d’ouverture et de dévouement. Mère Marie-Magdeleine-de-la-Croix est morte en 1889. Onze ans après la fondation en 1860, un premier groupe de sœurs quitte la Réunion pour l’Afrique de l’Est. Aujourd’hui, la congrégation est présente également en France, en Afrique de l’Est, à Madagascar et aux Seychelles.

En 1864, les F.D.M. arrivent à Maurice

Après la visite du Père Le Vavasseur à l’île Maurice en 1846, des demandes d’admission affluèrent à La Réunion. Le 6 mars 1864, la congrégation fonde une communauté, rue de la Paix, Port-Louis. Le 14 décembre 1920, trois religieuses sont envoyées à Rodrigues pour fonder une communauté. Par la suite, cinq communautés furent ouvertes à Lataniers, Brulé, la Ferme, St-Gabriel et Port-Mathurin, dont deux subsistent encore aujourd’hui, celles de La Ferme et de Saint-Gabriel. Depuis 2013, il y a une nouvelle communauté à Baladirou qui s’occupe des enfants en difficulté. À l’île Maurice, les fondations se multiplient. Les religieuses s’adonnent à l’apostolat dans le domaine de l’éducation et de la santé. Elles ouvrent des écoles primaires, des orphelinats, des crèches, des maisons de retraite, et en janvier 1954, un collège pour filles à Curepipe Road, Le Collège Notre-Dame. Elles participent aussi à l’évangélisation, à la formation des jeunes, à la catéchèse et à l’animation paroissiale.

En 2011, la Congrégation des filles-de-Marie accueille ses premiers laïcs associés, hommes et femmes, qui choisissent de vivre de la spiritualité de Mère Marie-Magdeleine-de-la-Croix. La région de Maurice compte 48 religieuses : 19 Mauriciennes, 10 Rodriguaises, 18 Malgaches et une Congolaise.

Les Communautés se trouvent à Port-Louis, Rose-Hill, Vacoas, Saint-Pierre, Sainte-Croix, Grand-Gaube, Camp-de-Masque, La Gaulette et Vieux-Grand-Port.

Source : Annuaire du diocèse