VÉRONIQUE PAPILLON

En ces temps très éprouvants pour le pays et pour le monde, nous, êtres humains, tentons de contrecarrer un ennemi invisible, de survivre face aux obstacles de différentes natures qui s’érigent sur notre parcours. Mais je ne peux que constater qu’un ennemi plus pernicieux se glisse peu à peu dans la vie de tout un chacun. Un ennemi qui, graduellement, nous éloigne de notre humanité… la haine.

Pourquoi parler de haine ? Pourquoi mentionner ce sentiment si négatif alors que nous avons bien plus besoin d’amour et de compréhension en cette ère rude ? En parler ne veut pas dire le ramener à la vie. Bien au contraire ! Il faut la révéler au grand jour pour nous redonner notre conscience, pour nous ramener à notre empathie et à une meilleure perspective de ce qui se passe en ce moment. Enfermée chez moi depuis le 8 mars, je plonge de temps à autre dans la toile pour voir comment le monde réagit face à la pandémie et à la réponse face à cette pandémie et à vous dire vrai : je ne peux me réjouir. En tant qu’humain, nous faillons ! Nous nous laissons dominer par l’agressivité, nous nous insurgeons contre les autres, nous insultons les autres à coup de statuts violents. Le monde, les autorités nous ont masqués. Pas que la bouche et le nez mais également les yeux et les oreilles.

Nous sommes devenus aveugles et sourds. Nous ne voyons pas, n’entendons pas la détresse des autres dans bien des cas. Si certains peuvent se faire traiter de « Cocovid » parce qu’ils ne respectent pas les gestes barrières, qu’est-ce que cela nous coûte de le rappeler à l’autre que sa vie et celle de ses proches en dépend ? Et si la personne veut s’exposer au danger et faire fi de ces mesures, ne faut-il pas respecter son choix tant que nous nous protégeons? Idem pour le vaccin. C’est une question de choix. Nous ne sommes pas en mesure de juger ceux ou celle qui n’en veulent pas, encore moins les haïr.

De toute façon, la situation a dégénéré. Pas seulement en raison de notre manque de responsabilité mais également parce que la situation a été gérée en amateur. Il est trop tard pour pointer les responsables du doigt (nous savons qui ils sont !). L’heure est aux solutions. Réprimer, opprimer relève d’un certain archaïsme. Éduquer par contre se montre plus efficace. Pourquoi pas des spots plus percutants au lieu de nous imposer ce défilé quotidien de personnalités qui n’impacte plus ? Des mesures humanitaires permettant aux gens de rester chez eux au lieu de se ruer vers les grandes surfaces avides de notre argent ? Les solutions réfléchies pour contrer la propagation sont possibles… si certains ne font pas le jeu de ceux derrière les décideurs. Mais la course pour engraisser ses poches est bel et bien là – vaccins y compris – et nous ne sommes que des dommages collatéraux.

Tout ceci pour dire que nous devons avoir un certain recul par rapport à cette crise. Nous devons assumer nos choix, nos responsabilités dans tout ce qui se passe. Nous avons voté et c’est ce que nous récoltons. Haïr devient obsolète. Et je ne scanderai pas non plus « BLD ! ». Pour le faire, il faudrait éduquer les masses et que les gens comprennent que le pouvoir est entre leurs mains. Ne vous haïssez pas pour autant ! Le temps est plus à une profonde remise en question…