SONIA LEONG SON

C’est quoi la Noël ? Mon cœur saigne lorsque je constate que, pour une grande partie de l’humanité qui fête la Noël, on ne lui a jamais expliqué sa vraie signification, que la joie de Noël ne vient pas des cadeaux, du sapin, du Père Noël (inventé par Coca-Cola), des repas copieux, des fêtes à n’en plus finir… Que la joie de Noël vient de ce choix de notre Dieu créateur de venir rejoindre notre humanité dans ce petit bébé tout vulnérable, qui est né dans un environnement non-stérile, entouré d’animaux (et de leurs crottes), ce petit bébé qui vivra pendant 30 ans dans une soumission totale à son Père céleste et à ses parents humains, pour ensuite nous nourrir de Sa Parole, Lui le Verbe et l’Amour incarné; Lui, qui a accepté de subir toutes les souffrances physiques et morales qu’un homme (ou une femme) puisse endurer; Lui, l’Agneau sans tache, pleinement Dieu, pleinement homme, qui est mort sur une Croix afin de payer pour nos péchés, et qui trois jours après, a triomphé de la mort afin de nous ouvrir les portes du Paradis et de la Vie éternelle ! Il est venu nous annoncer La nouvelle de toutes les nouvelles – nous sommes TOUS enfants de Dieu, aimés d’un amour fou, illogique, immuable, incommensurable !!

Je ne suis pas là pour régler des comptes, je ne suis pas une experte en politique. J’ai juste une formation et un peu d’expérience dans le social. Je suis avant tout fille de Dieu, mère de cinq enfants et ma profession est coach de fitness depuis 33 ans. Oui, vous avez bien lu, FILLE DE DIEU ! Personne ne nous oblige à croire en Dieu et à Son Fils Jésus-Christ et certainement pas Lui, qui nous laisse le libre arbitre, mais dès que l’on se proclame chrétien, c’est-à-dire disciple du Christ, notre mission est de conserver Ses paroles et non de les adapter à l’humeur du monde. C’est pour cela que j’affirme mon appartenance à cette famille chrétienne et qui est offerte à tous !

Nous voilà au début d’une nouvelle année avec des vœux qui font exploser le “storage” de nos portables, des vœux de bonne santé, de prospérité, de bonheur, de paix… En parallèle, les médias vomissent des nouvelles de crimes atroces. La corruption et le manque de transparence diminuent la confiance en ceux à qui la plupart d’entre nous ont donné la direction de notre Tizil. Notre jeunesse est en perte de repères et se réfugie dans des plaisirs faciles, tels qu’une sexualité banalisée, la pornographie hyper accessible et la drogue. Le taux de suicide chez les jeunes augmente, la cellule familiale et le tissu social se fragilisent, l’harmonie inter-communale est menacée, notre planète est en train de mourir à petit feu. Tout cela fait partie de notre réalité et a de quoi nous remplir de crainte pour l’avenir. Avec la COVID-19, est venu s’ajouter le spectre de licenciements ou de simplement mourir ou perdre des proches des suites de cette maladie… Et ceci concerne tout un chacun, quel que soit son âge, son sexe, sa conviction religieuse ou politique, ou encore sa classe sociale.

Quelles sont les solutions ?

Comment devons-nous réagir ? Nous prétendons être les maîtres de nos vies alors que nous ne sommes que des pantins dans les griffes du père du mensonge et de la manipulation. Elle est où ma liberté, quand je suis accro au sexe, à l’alcool, à l’argent, au smartphone et qu’une petite tablette épaisse comme une tranche de jambon gère ma vie ? Le Diable, “docteur-ès-manipulation”, se nourrit de nos dépendances. Il se dissimule et agit en sous-marin pour mieux nous torpiller. La force du Démon c’est qu’on ne croit pas en lui. On ne se méfie pas, on ne le voit pas…

Malgré ce constat très noir de notre société et de la situation d’insécurité concernant l’avenir, j’ai dans mon cœur un sentiment d’espérance ! Et c’est là que prend tout son sens la Joie que je ressens dans mon cœur le jour de la Noël, qui va de pair avec la joie de Pâques – la Victoire de la Vie sur la Mort !

Oui, je choisis de rendre grâce à Dieu pour toutes ces personnes de bonne volonté qui se battent tous les jours pour rétablir la justice, pour faire respecter les droits humains, et pour que triomphe la vérité. La plupart le font à un prix très fort – sacrifier du temps qui aurait pu être consacré à la famille, aux loisirs et à entretenir sa santé physique. Combien paient de leur vie, cette passion, ou devrais-je plutôt dire, cet amour pour son prochain ? Car toutes les religions se rejoignent sur ces règles d’Or : « Aime ton prochain comme toi-même » et « Ne fais pas à ton prochain ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse ». Et ces constructeurs d’humanité par excellence ont compris qu’Aimer rime surtout avec Sacrifice… Ils sont ceux qui reflètent la Lumière de Dieu, suivant l’exemple du Sacrifice ultime !

Mais comment pouvons-nous aimer notre prochain, si nous ne nous aimons pas nous-mêmes ? Comment pouvons-nous respecter notre corps quand nous ne sommes pas conscients de la merveille qu’est ce corps ? Car créé à l’image du Créateur Lui-même ? Comment veiller à sauver notre âme, lorsque nous ne sommes pas conscients du prix, ô combien fort, qui a été payé pour notre rédemption ? Comment pardonner, quand nous ne ressentons pas, au plus profond de nous-mêmes, la miséricorde de Dieu pour nos fautes, cette Miséricorde qui nous pardonne nos péchés, même les plus horribles, aussitôt que nous les reconnaissons sincèrement, et que nous prenons la ferme résolution de ne pas les répéter, de faire tout notre possible pour les réparer ? Même les plus grands prophètes de la Bible et beaucoup de Saints ont été eux-mêmes porteurs de péchés avant d’être touchés par la Grâce ! C’est cela la toute-puissance et la gloire de Dieu : la transcendance éclatante du Verbe incarné qui passe à travers les pauvretés de l’humanité de Ses serviteurs.

Après la chute du mur de Berlin, dont un des protagonistes fut le Pape Jean-Paul II, ce dernier a tristement constaté que le problème n’était pas que le système, mais le cœur de l’homme. C’est ce Coeur de l’Homme, de l’humanité, qui va mal, comme le dit si bien Soprano, dans sa chanson Le Coeurdonnier, « la racine de tout mal se trouve là ».

« Je vois dehors des cœurs en panne

Des cœurs en or devenir des cœurs de pierre

Des cœurs de glace, des cœurs en flamme

Des cœurs qui explosent au milieu de cœurs de verre

Si tu nous entends viens nous le réparer

Le cœur du monde va mal, monsieur le coeurdonnier

On a le cœur déchiré, on a le cœur déchiré

On a trop besoin d’aimer

Où es-tu le coeurdonnier ?

La folie des hommes nous l’a déchiqueté

Le monde a besoin de toi, monsieur le coeurdonnier

On a le cœur déchiré, on a le cœur déchiré » 

La guérison du Coeur de l’Humanité, voilà pour moi, le premier pas vers la solution…

La réconciliation

Se réconcilier avec soi-même, afin de pouvoir ensuite, se réconcilier avec son prochain, qui qu’il soit, le considérer comme son frère, sa soeur et afin que le monde devienne une famille unie dans l’Amour! (La session “Healing hearts transforming nations” nous aide à vivre cette guérison du cœur et à vivre cette réconciliation inter-ethnie, tellement cruciale pour la survie de notre Tizil… et du monde.) Et la dernière lettre encyclique du Pape François (Avons-nous déjà eu un personnage qui a réuni autant de personnes dans la joie, toutes religions confondues en quelques heures de visite seulement ?), FRATELLI TUTTI, (TOUS FRERES), signée le 3 octobre 2020, nous encourage à « une fraternité ouverte qui permet de reconnaître, de valoriser et d’aimer chaque personne… »

Je rêve ? OUI ! Je choisis de rêver, de croire en l’Homme (et la Femme bien sûr!), de croire que seul l’Amour est plus fort que TOUT ! Quand on aime, c’est grâce à une infime graine issue de la terre du cœur de Dieu. Tout ce qui ne contribue pas à notre vrai bonheur, tout ce qui n’est pas le fruit de l’amour, ne vient pas de Dieu, mais de l’Adversaire, Satan. Oui, j’entends des voix qui s’élèvent pour dire : « Mais il est où ce Dieu d’Amour, là où l’horreur, le mal, l’injustice règnent dans ses formes les plus abjectes ? Il était où dans les camps de concentration ? » Dieu était dans le suave parfum de l’amour qui passait dans le cœur des hommes au-dessus de la puanteur du Mal. Quand un homme donnait sa vie pour un autre, le Seigneur s’offrait à ses côtés. Le père Maximilien Kolbe en est un exemple – ce prêtre qui, dans les camps de Concentration, a choisi de mourir de faim à la place d’un père de famille. « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, et après cela ne peuvent rien faire de plus. Je vais vous montrer qui vous devez craindre: craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir d’envoyer dans la géhenne. Oui je vous le dis, c’est celui-là que vous devez craindre. » (LC 12/4)

Il n’est pas question de mettre en porte-à-faux la charité et la pratique du sacré, bien au contraire ! Les deux se complètent mais, ce qui est primordial, c’est l’écoute de la Parole de Dieu, les sacrements et la prière. Le Seigneur nous invite non seulement à ne pas croiser les bras mais aussi et surtout à délier notre cœur en puisant la grâce dans son propre cœur. La prière et les sacrements sont les marches qui conduisent à Dieu. La seule chose qui compte pour notre Seigneur, c’est notre vie éternelle. Et Il y a mis le prix. Je termine avec ces propos de Saphia Wesphael, dans sa chronique Droit de citer : « Il faut être toujours ivre. »

« Je rêve d’une société où le “vivre ensemble” ne se contenterait pas d’être une notion, un concept vide, un outil de communication politique pour endormir les consciences, face, au mieux, à notre silence coupable, au pire, à notre complicité muette, dans l’abandon de toute une partie de la population, Celle que l’on juge de trop, ou de pas trop comme nous.

Mais n’oublions jamais que pour rêver il faut oser, que choisir, c’est renoncer, mais que ne pas choisir, c’est souvent se condamner à la passivité. Alors, ensemble osons !! Osons rêver de justesse, osons rêver de justice, et osons faire bloc pour aller la chercher. Osons donner à notre éphémère des allures d’éternité. Car, notre éphémère, c’est le futur de ceux qui nous suivront. »

Voilà mes vœux pour 2021, et plus loin encore !

* Fille de Dieu le Père, faisant partie de l’Église, l’épouse du Christ, et habitée par l’Esprit Saint