L’ambition de maintenir la devise de la république

Stella Clavisque Maris Indici. C’est du latin. Oui. C’est vrai. Mais tout patriote de la république de Maurice ne peut que faire preuve de fierté en lisant cette devise du pays, à savoir l’étoile et la clef de l’océan Indien. Une réputation, qui ne date pas d’hier. Et combien sont-ils encore plus fiers ceux qui portent des sigles de Grand Commander of the Star and Key of the Indian Ocean (GCSK) ou de Grand Officer of the Star and Key of the Indian Ocean (GOSK) après leurs noms d’Etat Civil de la république.

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Les armoiries de la république portent cette inscription car « the currencies collected and uncovered have shown that Mauritius was the star and key of the Indian Ocean as a thriving port and trading settlement. » C’est ce que n’importe quel quidam peut lire en voulant comprendre l’origine de la réputation de Maurice en tant que l’étoile et la clef de l’océan Indien.

Mais depuis l’ère coloniale à ce jour, le développement politique et socio-économique fait que la république de Maurice s’est également distinguée de manière significative dans divers autres domaines. Jusqu’à apporter un cinglant démenti aux prévisions des plus pessimistes des sommités économiques des années 60, notamment les Pr Titmuss et Meade. Un parallèle avait même été dressé avec l’Overcrowded Barracoon de V. S. Naipaul.

Aucune comparaison avec le parcours réalisé au cours de ces 55 dernières années. Mais aujourd’hui, avons-nous encore l’ambition de Uphold la réputation d’être Stella Clavisque Maris Indici ? Évidemment oui.  Et encore plus car Maurice caresse toujours l’ambition de se transformer en complément en Hub en tous genres entre l’Asie du Sud-Est et l’Afrique.

La question qui se pose est de savoir si nous nous donnons les moyens de redorer la devise des armoiries d’autant plus que le retour du dodo, l’une des composantes des armoiries, considéré comme Extinct, est annoncé sur le plan scientifique.

En ce début de 2024, les deux côtés de cette pièce décorative de la république sont mis à rude épreuve. Dans le temps, de par sa position, le port de Port-Louis était incontournable dans cette partie de l’océan Indien pour les échanges commerciaux. Puis, avec les avancées technologiques pour les déplacements, les infrastructures aéroportuaires assument une importance encore plus stratégique.

Avec la détérioration de la situation au Proche-Orient, les Majors dans le domaine maritime ont pris la décision d’éviter le passage du canal de Suez en raison des risques d’attaques terroristes pour privilégier le détour par le Cap de Bonne-Espérance. Et cela, en dépit des répercussions en termes de coût et de durée de la traversée.

Une aubaine pour Port-Louis d’affirmer sa réputation de Stella Clavisque Maris Indici avec un accroissement des opérations de Bunkering. Toutefois, la conjoncture portuaire se singularise par un climat de litiges et de détériorations sur le front des relations industrielles. L’un des principaux syndicats portuaires va même jusqu’à brandir des menaces de grève dans le port en ce début d’année.

L’heure aurait dû être à une campagne agressive de marketing international vantant les avantages en ce qui concerne les facilités et la sécurité de Port-Louis par rapport aux autres ports de la région. Mais ce n’est, paraît-il, pas la priorité pour les nominés politiques à la tête de la Cargo Handling Corporation et à la Mauritius Ports Authority.

Le syndicat du port ne fait que lancer des SOS en direction des Political Quarters, qui, de leur côté, ont d’autres chats à fouetter en ce début de 2024, année électorale par excellence. Une occasion ratée pour faire briller au firmament le Stella Clavisque Maris Indici.

Et au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport, l’autre Gateway de la république, la situation et encore moins les perspectives ne sont guère brillantes. Avec ce qui sont présentés comme les Best Brains, dans le public comme dans le privé, misant sur la barre des 1,3 million de touristes en une année, comme pour bien marquer la reprise Post-Covid 19 dans l’Hospitality Sector, l’on aurait cru que le Forward Generic Planning aurait imposé une Road Map pour faciliter les procédures à l’arrivée et au départ à l’aéroport.

Néanmoins, la séquence des événements à l’aéroport, culminant avec l’intervention de la police au terminal pour assurer la sécurité du personnel face à la colère des passagers, se présente comme un Blot sur le plan international. La raison de la colère est l’absence d’une planification des ressources humaines et des équipements pour le Handling des exigences au départ et à l’arrivée. Un manque de prévoyance flagrant en la circonstance.

L’heure n’est-elle pas à un bon nettoyage de la vitrine de la république de Maurice pour la reconquête de la plateforme de l’étoile et la clef de l’océan Indien avant qu’il ne soit trop tard?

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