LILLKA CUTTAREE,
Directrice – JKC Foundation

Je salue la décision du gouvernement de finalement ouvrir les frontières de même que la continuité dans les politiques d’infrastructure et de logement. L’urgence reste tout de même de relancer l’investissement privé dans les secteurs à forte croissance, pourvoyeurs d’emploi, d’innovation et de valeur ajoutée. Comment finalement produire plus avec des ressources limitées et dégager de la valeur ? Comment assurer le transfert du capital humain vers ces pôles de compétitivité pour éviter plus de couches de pauvreté ? Le débat aurait pu aller vers plus d’innovation comme moteur de croissance, avec la technologie et l’intelligence artificielle au cœur de cette vision. J’ai du mal à comprendre comment le déficit budgétaire sera financé.

Le scénario d’une croissance à 9% est optimiste au regard des prévisions du Fonds monétaire international et même de la MCB et ne pourra se faire sans une vraie cohésion, un « togetherness » plutôt qu’une résilience dans le dialogue entre le public, le privé et la société civile. En s’appuyant sur de vrais partenariats et compétences pour relancer la production tout en maintenant une transparence dans le financement du déficit budgétaire.

Les femmes ont été durement touchées par la crise du Covid, avec un taux de chômage de 13% en décembre. Je m’attendais à de vraies annonces dans le domaine du secteur informel et l’entreprenariat surtout pour les femmes, avec l’émergence de vrais écosystèmes, un « holding hand approach » pour assurer cette transition vers certains secteurs, l’agro, le secteur Blue Ocean ou le « waste » – puisque tout cela est nécessaire pour le marché interne et s’appuie sur des compétences manuelles existantes. Et ceci au-delà du fait que la préparation du budget s’est faite dans des conditions économiques et sociales exceptionnelles.

C’était le moment de « disrupt » plutôt que de rassurer. Je trouve par contre important d’avoir revu le budget des collectivités locales, et j’espère que les villes seront amenées à prendre une plus grande autonomie pour le bien-être de ses citoyens, la gestion du « common good », la création d’emploi et l’autonomie alimentaire.