DST

Samedi soir : je suis épuisé après une longue journée à scander des slogans pour réclamer la démission du gouvernement, qui a été incapable de gérer le dossier Wakashio. Toutefois, malgré la fatigue, je n’arrive pas à trouver le sommeil.

J’ai des flashbacks qui me reviennent à chaque fois que je ferme les yeux. Je repense à cette journée historique et je me sens vraiment fier, car je n’ai pas raté mon rendez-vous avec l’histoire. L’on m’a parlé à maintes reprises des grandes manifestations du passé et, surtout, celle de mai 1975 mais je ne pouvais comprendre l’émotion que ressentaient ceux qui me racontaient ces moments-là. Aujourd’hui, c’est différent. J’ai participé à un tournant historique dans l’histoire de mon pays et, ce moment-là, je vais le chérir toute ma vie.

La semaine dernière a été éprouvante pour les Mauriciens à bien des niveaux. D’une part, nous étions déjà abattus à cause de la catastrophe écologique qui nous menace gravement. D’autre part, la mort de dizaines de dauphins nous a tous émus. Je n’oublierai pas les larmes aux yeux de mon amie Manuella lorsque je lui ai montré les photos des dauphins échoués. Par ailleurs, une bande de pyromanes, qui sont de plus antipatriotes, ont essayé de jouer la carte communale sur les réseaux sociaux pour tenter de diviser les Mauriciens.
Magistrale a été la claque qu’ont reçue ces individus en ce samedi mémorable où des dizaines de milliers de Mauriciens, engagés, patriotes et vivant pleinement leur mauricianisme, ont répondu présents à l’appel du citoyen Jean Bruneau Laurette pour venir dire NON à l’incompétence, NON à la division et NON aux décideurs politiques qui se croient tout permis. Le peuple mauricien a souvent été qualifié de « peuple admirable », aujourd’hui le peuple a démontré qu’il peut sanctionner et prendre position si l’on touche à ses biens les plus précieux, à la démocratie, à la liberté d’expression et à la nature.
Les dirigeants politiques ont sans doute reçu le message. Aujourd’hui, la révolution mauricienne est en marche et elle ne cessera pas tant que ceux à la tête des institutions ne feront pas leur travail avec sincérité et intégrité.

Vive le mauricianisme ! Vive l’île Maurice !