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L’erreur de la génération Z

Si la lutte contre le changement climatique, et d’une manière plus générale la protection de l’environnement, est l’affaire de tous, force est de constater que le mouvement écologique mondial est plus particulièrement porté par la jeunesse. Des jeunes qui, depuis quelques années déjà, n’hésitent pas à descendre dans les rues pour y brandir leur message, et que l’on pourrait résumer à : « Arrêtons de polluer et décarbonons notre planète ! » Ce même message qu’ils auront entendu il y a quelques années déjà dans la bouche de celle qui, rapidement, allait devenir leur porte-voix, leur étendard… et même presque leur idole, à savoir Greta Thunberg. Cette militante écologiste suédoise s’était, rappelez-vous, fait remarquer alors qu’elle avait à peine 15 ans, donnant, sans langue de bois, des leçons aux grands de ce monde en matière de lutte contre le changement climatique.

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Mais si les jeunes sont si impliqués, ce n’est bien entendu pas seulement à cause (ou grâce) à Greta, ni même au mouvement qu’elle soutient (Fridays for Future). Non, c’est aussi et surtout parce qu’au final, ce sont ces mêmes jeunes qui souffriront le plus longtemps, et le plus intensément, de la crise climatique. Car tant le changement climatique que la protection de l’environnement sont des sujets générant à la fois inquiétudes et incertitudes. Expliquant de facto que la thématique soit devenue, au fil des dernières années, la préoccupation No 1 des jeunes, ces derniers étant en effet intimement persuadés que d’ici la fin du siècle, les conditions de vie sur Terre deviendront « extrêmement pénibles » pour eux.

Cette faculté de notre jeunesse à comprendre les enjeux environnementaux paraît évidemment porteuse d’espoir. « Parce que les jeunes, c’est l’avenir », pourrait-on dire, traduisant ainsi la pensée populaire. Mais les jeunes mesurent-ils pour autant réellement la portée et les implications de leurs revendications ? Rien n’est moins sûr. En premier lieu, parce que comme dans les autres tranches d’âge, les jeunes n’échappent pas à un système « corrompu » ; ils en sont même les fruits les plus rentables. Car quelles que soient leurs origines sociales, ils auront pour la plupart tous profité (et plus largement encore que les générations précédentes) de ce que ce même système pouvait leur offrir. Faisant ainsi d’eux de grands consommateurs (de vêtements, de fast-food, de données, etc.). Un confort sans pareil, donc, mais qui, semblent-ils l’oublier, ne saurait tenir sans le maintien même du système qu’ils entendent dénoncer.

De ces milliers de jeunes marcheurs qui arpentent les rues les jours de manifestation, combien viennent-ils en effet à pied ou à vélo ? Combien éteignent leurs portables ou, mieux, décident volontairement de totalement s’en priver ? Combien, encore, possèdent-ils un compte Facebook ou Tik-Tok, sachant pourtant à quel point les réseaux sociaux sont émetteurs de gaz à effet de serre ? Autant de questions dont les réponses s’imposent d’elles-mêmes. Car, justement, n’est pas Greta Thunberg qui veut.

Le souci, c’est que ces mouvements spontanés passent à côté de l’essentiel. En faisant de la lutte contre le changement climatique leur credo, les jeunes, dans leur grande majorité, supposent qu’il s’agit là du problème No 1 de l’humanité, et que notre espèce, avec un peu de bonne volonté politique, pourrait facilement en venir à bout. Ce qui est en partie vrai, bien sûr. Mais en partie seulement, car c’est « légèrement » plus complexe que cela.

Ce faisant, la génération Z fait inconsciemment abstraction des autres défis anthropiques ayant, avec la question climatique, pour même origine notre système consumériste.
Les jeunes se trompent donc involontairement de cible. Peut-être, et même probablement, car ne prenant pas conscience de l’incompatibilité entre leurs demandes (la lutte contre le réchauffement planétaire) et le maintien du système dont ils dépendent, en plus de le nourrir. Garder intacte une société de plus en plus énergivore tout en préservant notre environnement n’est tout simplement pas possible en l’état. Aussi nos jeunes devraient-ils avant tout se questionner sur les sacrifices réels auxquels ils devraient consentir et, une fois fait, recadrer leur engagement contre un système gangrené, et dont le changement climatique n’est finalement qu’une des nombreuses résultantes.

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