La célébration du 100e anniversaire du Parti communiste chinois (PCC) le 1er juillet dernier a été marquée cette semaine par l’organisation du World Political and World Parties Summit organisé par le PCC, dont le secrétaire général est nul autre que le président chinois Xi Jinping. À ce titre, il est bon que le Premier ministre et leader du MSM, Pravind Jugnauth, ait rassemblé toute son équipe afin de marquer de leur présence, par visioconférence, cette manifestation, à laquelle avaient participé virtuellement quelque 500 dirigeants de partis et d’organisations politiques de plus de 160 pays, ainsi que de 10 000 représentants de partis.

Le Premier ministre a, dans sa déclaration à la presse locale, placé ce sommet sous le signe de la solidarité entre les pays et les bonnes relations entretenues entre le MSM et le PCC. Les autres partis mauriciens ont également adressé leurs félicitations au PCC dans le cadre de son centenaire. À l’instar du leader du MMM, Paul Bérenger, qui a qualifié cet anniversaire « d’événement important ». Le chef de file du groupe parlementaire du Ptr, Arvin Boolell, a, lui, rappelé qu’en dépit des pressions occidentales, Maurice avait soutenu la reconnaissance d’une seule Chine.

En tant que pays de peuplement, la Chine occupe une place importante dans la société multiculturelle et multireligieuse mauricienne. Les relations sino-mauriciennes dépassent d’ailleurs dans les faits les gouvernements et les partis politiques, car elles reposent essentiellement sur les liens historiques qui unissent nos deux peuples. Des historiens soutiennent ainsi que parmi les premières personnes à avoir débarqué à Maurice se trouvaient des Chinois. Ensuite, au fil des années, comme cela a été le cas pour la majorité d’immigrants venus d’Europe, d’Afrique et d’Inde, c’est la souffrance et la misère qui les ont conduits à Maurice.

Jean-Marie Leclézio, dans son livre Révolution, raconte comment les Français avaient quitté l’Hexagone en raison de la pauvreté pour prendre le bateau, au péril de leur vie, en raison de la présence des pirates, pour venir à Maurice. Il existe une pléthore de documentations concernant le déracinement des esclaves d’Afrique pour travailler à Maurice, voire concernant les conditions dans lesquelles les travailleurs engagés indiens sont arrivés dans l’île. De leur côté, beaucoup de Chinois avaient dû quitter leur pays par bateau dans des conditions difficiles à la recherche d’un pays d’accueil en Afrique, et beaucoup se sont arrêtés à Maurice. Jusqu’à tout récemment, un bon nombre de familles chinoises installées à Maurice avaient continué à pourvoir une aide financière à leurs proches restés en Chine. Mais les choses ont changé avec la modernisation de la Chine, et la communauté chinoise mauricienne joue un rôle de premier plan concernant le développement d’un lien étroit entre la Chine et Maurice.

Sur le plan politique, 50 ans plus tard, Maurice bénéficie encore des retombées de la décision historique prise par feu sir Seewoosagur Ramgoolam en 1971 de reconnaître une seule Chine, au plus fort de la guerre froide, alors que la Chine communiste de Mao Tsé-Toung était critiquée violemment par les pays occidentaux. Ce fervent partisan du multilatéralisme et du non-alignement suscite encore aujourd’hui l’admiration des observateurs internationaux pour avoir réussi à lier amitié avec aussi bien les chefs d’États occidentaux que non occidentaux de diverses convictions politiques dans un monde fortement polarisé.

SSR devrait nous servir de source d’inspiration aujourd’hui à un moment où la région de l’océan Indien est convoitée par des intérêts divergents. Maurice devrait faire valoir sa spécificité propre, sans succomber aux pressions paternalistes, impérialistes ou eurocentriques, pour maintenir une relation équilibrée entre toutes les forces régionales, que ce soit européenne, indienne ou chinoise, sans se laisser piéger ou embrigader par les stratégies géopolitiques d’aucune de ces puissances régionales. Présentons nos félicitations au PCC à l’occasion de la célébration de son centenaire.