- Publicité -

Les Indésirables. « Silence ! On tourne. »

Paula Lew-Fai

- Publicité -

Au cinéma ou au cirque ?

Non, dans la réalité. Dans toute sa cruauté et en flagrant d’injustice.

Nous nous sommes si totalement immergés dans des situations pourries au plus haut niveau que nous ne pouvons plus nous indigner davantage. Ainsi, pensons-nous. La complicité recherchée et encouragée pour masquer crimes et détournements de fonds ? Nous assistons, impuissants, à son déroulement. On n’y peut rien. Ainsi, croyons-nous pouvoir survivre en courbant le dos. La politique ? Ah oui. Que veux-tu ? C’est comme ça. Ailleurs, c’est autre chose. Vois toi-même.

Oui, je vois.

Violence contre les femmes ? Les discours s’enchaînent avec de virulents combattants. Oui, hommes mais ils exercent dans l’ombre les plus basses besognes pour descendre les femmes. On connaît, ce sont les hommes. Ils ne changeront jamais. Non. Je vois : les femmes elles-mêmes, objets de manipulation de chefs politiques, reproduisent à leur tour la même hargne injustifiée vis-à-vis de leurs consœurs de l’opposition. C’est de bonne guerre ? Non, car les arguments sont de basse qualité. Mais, on le sait. Ce fut et ce sera toujours ainsi dans le monde politique. Donc, passons à autre chose.

  1. Voyons dans le monde du travail. Pour cette fameuse égalité du genre ou pour tout autre raison qui relève du privé, des femmes sont parfois promues. Certaines, pas sûres du tout de leurs compétences, par insécurité professionnelle et/ou émotionnelle sont de véritables tyrans, face à ceux et celles qui, inférieurs dans la hiérarchie, doivent subir caprices, lubies et injustices. Du féminisme comme on en redemande !

Ah, les femmes et leurs capacités d’empathie qui les aident à être de vraies leaders ! Mais quel mythe réducteur si les femmes elles-mêmes n’ont pas fait un travail rigoureux sur elles-mêmes et ne font que reproduire des schémas de pouvoir, très vite appris et appliqués. Des exemples abondent dans le domaine connu et inconnu. Et les victimes, femmes, se retrouvent vite prises dans le piège : nous avons toutes une belle et grande idée du féminisme, nous sommes sœurs, tu ne vas pas avoir de comportements meurtriers à mon égard, je te fais confiance. D’ailleurs, tu vois, nous vivons plein de complicités à tous les niveaux. La transparence est notre maître mot. C’est un pacte entre nous. Vive les femmes !

J’ai oublié entre temps ma naïveté. Oui, j’ai été naïve en croyant que les pratiques suivent les discours. On a parlé de cogestion. J’ai cru en ce projet, j’y ai mis toutes mes énergies, tout mon engagement. J’ai cru que nous allions collaborer en toute transparence mais toi, mascotte de la direction, tu as su si bien mener ton jeu que je n’ai su voir venir. Tout était prétexte pour me desservir. La direction, en nous voyant si bonnes amies, a pensé que je pourrais mettre l’ordre qui convient à la structure de l’organisation. Ils avaient besoin d’une « petite main » dans la cogestion, qui pourrait faire advenir des changements sans trop de casse. Tu es très capable de mener à bien tout ce chamboulement et introduire les bonnes pratiques de communication et de planification. Et puis, vous êtes complices, n’est-ce pas ? J’ai vécu avec incompréhension totale l’effilochement de nos relations. Je n’ai rien compris de ces rapports malsains qui s’instauraient à mon détriment. J’ai voulu sauver le lien privilégié de l’amitié en lequel j’ai cru. Comme j’ai cru en l’avancement de l’organisation en y mettant des pratiques de bonne gouvernance. Et puis, sans avertissement aucun, le couperet est tombé. Je devenais indésirable. Et vite, il a fallu décamper. Comme une voleuse.

« Silence ! On tourne ! »

Pas comme au cinéma ou au cirque. Dans des organisations les plus « respectables », avec des discours très appropriés pour renforcer de belles images.

Bravo ! La magie continue d’opérer. Pour un certain temps.

Je regarde, pas apaisée du tout de ce déclin dans les principes de bonne gouvernance. Et je repense aux violences faites aux femmes. Les auteurs ne sont pas toujours les hommes. C’est un discours simpliste que de croire qu’il suffit de partager des idéologies communes pour évacuer des liens de domination.

« Une route peut prendre mille directions,

La vérité n’en connaît qu’une ».

 

 

 

- Publicité -
EN CONTINU

l'édition du jour