La présidence de la République et la Cour suprême auraient dû réagir de leur propre gré contre les attaques du Premier ministre, Pravind Jugnauth, ciblant le judiciaire et la séparation des pouvoirs. C’est ce qu’a affirmé hier le leader du Ptr, Navin Ramgoolam à l’issue d’une séance de travail avec Paul Bérenger, leader du MMM et Xavier-Luc Duval, leader de l’opposition et du PMSD, à Riverwalk, hier.
Le leader du Parti travailliste a expliqué que, comme souligné par Paul Bérenger, des pouvoirs additionnels avaient été accordés au président de la République lorsque feu sir Anerood Jugnauth avait assumé ses fonctions à la State House en 2003. Des amendements avaient été apportés à la section 28 de la Constitution afin que le président puisse défendre l’Etat de droit.
De ce fait, le président de la République est supposé garantir la Constitution et s’assurer que la séparation des pouvoirs est respectée dans une démocratie comme Maurice. « Or, aujourd’hui, on n’entend pas du tout le président. Je ne comprends pas comment on peut accepter d’occuper des postes constitutionnels sans assumer les responsabilités », a dit Navin Ramgoolam, considérant que les attaques de Pravind Jugnauth contre le judiciaire sont inacceptables. Il ajoute que Me Antoine Domingue, Senior Counsel, a raison de dire qu’il n’a pas le droit d’insulter la magistrate de la Cour de district de Moka et le DPP.
Navin Ramgoolam rappelle, d’autre part, que le chef juge d’alors avait intenté des poursuites contre l’ancien ministre Badry à cet effet. « Nous ne pouvons permettre au Premier ministre de bafouer la séparation des pouvoirs et d’insulter l’ancien chef juge », avance-t-il. Il a toutefois affirmé qu’aucune rencontre avec le président de la République n’est envisagée pour le moment.
Navin Ramgoolam a indiqué qu’une large partie de la réunion d’hier avait été consacrée à la lutte contre la fraude électorale, présentée comme étant primordiale en vue des prochaines élections générales. « Nous sommes persuadés que beaucoup de choses se passent dans le dos du président de la Commission électorale et du commissaire électoral. Il n’y a pas uniquement la Computer Room. Pourquoi un parti politique doit-il disposer de quatre de ses membres au sein de la commission électorale ? Il faut avoir confiance dans le système. Or, les bases des données sont faussées dès le départ. Déjà on voit des anomalies dans la liste électorale. 400 noms sont enlevés d’un centre de vote alors que 330 nouveaux noms sont ajoutés. C’est pourquoi nous demanderons un rendez- vous avec le commissaire électoral pour discuter de toutes ses questions », déclare-t-il.
Quant à la célébration de la fête du Travail, le 1er mai, la question n’a pas été évoquée pour le moment. « Nous procédons Step by Step », a-t-il dit . Par ailleurs en vue de la rentrée parlementaire mardi une réunion des parlementaires de l’opposition est prévue au bureau du leader de l’opposition demain.

