JAVED VAYID

Le secteur

L’activité événementielle subit de plein fouet les effets de la crise, avec une visibilité quasi nulle sur les conditions de reprise. Du fournisseur d’équipements à l’organisateur de concerts jusqu’aux artistes et lieux d’événements, les interdictions mettent tout l’écosystème ainsi que ses bienfaits en péril.

Est-ce que nous aurons le droit de nous rassembler dans un festival, pourra-t-on assister à un spectacle d’humour en salle, participer à des expositions, organiser des manifestations sportives ?

Peu sont capables de jauger l’importance du secteur dans le bien-être des Mauriciens et par extension son apport direct et indirect dans l’économie du pays.

L’Organisateur d’événements

L’événementiel devrait être le fer de lance du tourisme en jouant le rôle de catalyseur accompagnant les hôtels dans leur stratégie de relance qui s’adressera d’abord au marché local.

Dans ce cas de figure, l’organisateur d’événements se place au cœur de cet écosystème et se transforme en tour-opérateur pour la clientèle locale. Pour ce faire, il devra bien sûr s’adapter et repenser son métier afin d’être en phase avec la nouvelle stratégie touristique et les nouvelles lois y afférant.

Le Feel Good Factor

Avec une concurrence internationale féroce, une récession mondiale et un climat de peur, nous devons nous distinguer afin de devenir une destination niche. L’expérience vécue par le touriste ne peut plus se résumer au séjour entre sa chambre d’hôtel et la plage, ce qui, structurellement, était un modèle boiteux qui affectait les activités annexes telles que la restauration, le shopping et la night life.

Pour se préparer à accueillir de nouveau les touristes, nous devons d’abord élever les esprits, propager un « feel good factor » et afficher notre résilience avec nos propres concitoyens. Si la vie se résume à se déplacer soit au supermarché, soit au travail, – pour ceux qui auront la chance de toujours en avoir un – nous allons nous retrouver avec une société malheureuse et improductive.

Tourisme, Art et Culture

Bien qu’étant une initiative louable, faire des événements en ligne à petit budget, quand nous trouvons déjà des performances de très haute qualité du monde entier sur les réseaux sociaux, porte préjudice à notre culture au lieu de la promouvoir.

Le ministère des Arts et de la Culture et celui du Tourisme doivent s’allier afin de placer Maurice sous les feux de la rampe. Il est nécessaire de mettre des moyens physiques et financiers plus importants au service de la nation sous la forme d’un partenariat public-privé.

Avec une stratégie événementielle bien manœuvrée, nous pouvons faire (re)découvrir notre culture et nos plus beaux lieux emblématiques en ligne et créer une vraie aura autour de la destination.

Festival national

Là où nos voisins ont créé leurs propres festivals, devenus des références internationales, telles que le Sakifo à la Réunion ou AfrikaBurn en Afrique du Sud, qui dynamisent l’économie et apportent un « feel good factor », Maurice n’a pas su se positionner.

Dans chaque adversité se cache une opportunité et dans la refonte de notre tourisme devrait se trouver un vrai moteur de relance. Pourquoi pas notre premier festival eco-friendly ‘made in Moris’ ?