ALAIN BERTRAND

Les « échos du haut-parleur » sont dans l’air du temps. Ils résonnent encore comme un rappel de la médiocrité de certains de nos décideurs et de l’incapacité de nos gouvernants à vivre dans le monde réel. Et ils devraient en avoir honte, car si gouverner est prévoir pour protéger le peuple de tout danger prévisible, ils n’en sont définitivement pas à la hauteur,

Alain Bertrand

et méritent tous, y compris ceux qui se réclament d’une certaine caricature de l’espoir, le retrait de toute confiance !

Normalement, dans le meilleur des mondes, la vocation du politique passe par l’obligation d’avoir les pieds bien plantés dans le terreau, afin d’y apprécier les craintes, les angoisses, les aspirations du peuple, d’y répondre de manière concertée avant d’apporter des solutions pertinentes au mieux-être de la communauté ! Malheureusement, la politique du troisième millénaire ne se résume plus qu’à favoriser les petits intérêts de quelques-uns au détriment de l’intérêt du plus grand nombre, et force est de constater qu’à Maurice c’est un sport national… Que dis-je ? Une culture !

Il y a aussi celle de la bassesse de l’ignorant ! Pendant que le détenteur d’un poste constitutionnel s’amuse à dénigrer de manière éhontée un élu du peuple, notre maison brûle !
Il y a le feu à tous les étages ; COVID-19, corruption, crimes crapuleux, dilapidations, trafic de drogue en augmentation, au point que certains vengeurs sans masques ont décidé de recourir à des forces étrangères dans le but de sauver une aile de notre démocratie. Quand nos Avengers décident de porter leurs revendications dans les hautes instances internationales, on est porté à questionner notre aptitude à régler nos affaires comme une République réellement souveraine. Nous sommes enclins à revoir à la baisse, la valeur de notre Justice et par extension, notre capacité à pratiquer religieusement notre démocratie.

Quoi ?

Serions-nous un peuple immature ? Serions-nous devenus des citoyens sans aucun levier politique, bien que nous votions tous les cinq ans ?

Peu importe d’où l’on se tient, on aurait tendance à répondre oui. Mais la conscience du peuple mauricien commence enfin à s’éveiller à la faveur d’un subtil renouvellement d’attitudes, comme dans la timide ébauche d’un changement inéluctable.

Oui ! J’ai dit Changement ! Et j’y ai ajouté inéluctable, comme dans Révolution, comme dans « On n’y échappera pas ! », comme dans Changement Climatique !

La planète brûle, mais ils n’y voient que du feu !

Depuis un moment déjà, le 6e rapport du GIEC annonce de manière alarmante, les prémices d’une fin de civilisation qui s’amorcerait par des canicules, des sècheresses, des inondations meurtrières, et surtout par des cyclones toujours plus dévastateurs et une montée des mers qui devraient nous inquiéter plus particulièrement. Certaines simulations démontrent en effet, qu’en 2100, nous pourrions perdre au bas mot, 1000 kilomètres carrés de terres habitables le long de notre littoral, sous les actions conjuguées de cyclones et des ondes de tempêtes de plus en plus puissants, exacerbées par la montée du niveau des océans.

Mais voilà, nos parlementaires n’en ont que faire, regardent ailleurs ou alors font semblant de s’y intéresser en posant ici et là des réflexions sans lendemains. Je me souviens de 2015 quand en direct, à l’antenne de Radio Plus le ministre de l’Environnement d’alors m’avait répondu vouloir négocier un financement de 5,5 milliards à la COP 21 et planter 1,000,000 de muguets sur 5 ans pour pallier les effets du changement climatique à Maurice. Je sortis de l’émission abasourdi… changé à jamais ! Je sus dès lors, que ce sujet n’allait pas avoir le traitement politique qu’il mérite.

Maurice est pourtant signataire des résolutions de la COP 21 et devrait normalement participer activement à l’effort de guerre pour sortir La Terre du régime carbone à l’horizon 2050. L’objectif de limiter la hausse de température de la planète en dessous de 2ºC devrait être une de nos plus hautes priorités.

Cet effort commence par une réelle volonté à complètement sortir du fossile dans les meilleurs délais. Il commence par un féroce combat collectif aux plus hauts niveaux de l’exécutif dans le but de redéfinir une nouvelle société mauricienne face à des défis inédits. Il y a aussi l’énorme travail d’information et de pédagogie afin d’expliquer au peuple ce qu’est ce changement climatique, avec en point de mire la mitigation de ses conséquences socio-économiques. Malheureusement, silence radio ! Rien ! Nada ! Pas l’ombre d’un semblant de volonté politique de la part de nos gouvernants. On voudrait bien croire qu’ils n’y connaissent rien et que leurs compétences ne se limitent qu’à des projets pharaoniques où seuls ceux d’une basse cuisine ont des parts, mais ça n’est pas ce que nous exigeons de nos élus.

Shame !

Certains de nos parlementaires devraient avoir honte de leur manque de courage, de leur mercantilisme devant l’énorme sacrifice qui attend le peuple mauricien. Faire acte de silence et d’inertie dans ce cas-ci équivaut à faire preuve de lâcheté, voire à commettre le crime de non-assistance à peuple en danger ou même celui de la mise en danger de la vie d’autrui et des générations à venir.

Vu comme ça, les enfants de nos petits-enfants nous accuseront un jour de génocide… Il faudra juste veiller à ce que certains noms de décideurs incompétents restent historiquement liés au désastre annoncé.

Et en ce jour de l’an 2021, que soit retenue la suivante :

« Aux enfants de nos petits-enfants, en mon nom et en celui de mes concitoyens, d’avance… PARDON ! »