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Maison de Retraite, havre de paix ou enfer sur terre

– « Une personne âgée et isolée est une personne privée du dernier quart de sa vie »

Chaque année, une journée est dédiée à tous les seniors. En 1990, la date du 1er octobre est proclamée Journée Internationale des Personnes Âgées par l’Organisation des Nations unies. Le but est de lutter contre la maltraitance des personnes âgées.

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Retraite! Si vous avez la chance de vivre au-delà de vos 60 ans, alors ce sera une étape incontournable de votre vie. Même si vous n’y songez pas pour l’instant, du moins vous devriez vous y préparer. Que vous puissiez, le moment venu, jouir d’une retraite bien méritée après des décennies d’efforts au travail et ce, à la sueur de votre front. Pourquoi pas une retraite anticipée? Ce qui est fort louable et le choix vous incombe, bien que nous sachions tous que le travail, c’est la santé!

Toutefois, au moment de prendre sa retraite, il faudra se préparer au préalable psychologiquement à l’idée de devoir passer encore plus d’heures au sein de son domicile tout en profitant de l’ensoleillement de son petit jardin ou pourquoi pas, le confort de son appartement. Allons! Cheers! Vous avez peut-être encore de longues et de très belles années devant vous. Mais ayons quand même une pensée pour celles et ceux qui, bon gré mal gré, vont devoir choisir une maison de retraite pour y passer quelques années et ce, avec l’espoir d’y trouver sécurité, chaleur humaine et tranquillité d’esprit. Chez nous, le vieillissement de la population étant un enjeu de taille, des maisons de retraite un peu partout dans l’île voient le jour. Haut de gamme ou pas, pourvu que tous les seniors aient droit à un traitement humain et que leur dignité ne soit pas bafouée.

Mais hélas! Il existe en ce bas monde certains seniors qui ne franchiront peut-être pas le seuil de la porte de ce havre de paix tant espéré mais plutôt celui d’un enfer sur terre ! C’est dans ce contexte que je vous invite à (re)lire Les Fossoyeurs de Victor Castanet, journaliste indépendant, un livre enquête sur une compagnie privée qui gère les maisons de retraite et dont le thème donne matière à réflexion. Pourquoi un titre aussi sombre puisque littéralement, un fossoyeur n’est-il pas « une personne qui creuse les fosses dans un cimetière ? »  C’est que l’auteur met en lumière des pratiques douteuses et dénonce, à travers des témoignages, de graves défaillances et dérives de la gestion d’une maison de retraite. Si l’image projetée par le biais de brochures commerciales est celle d’une maison de prestige où il fait bon vivre, la réalité est parfois tout autre. Des pensionnaires fragilisés, à la merci de leurs « fossoyeurs », vivent un véritable enfer au quotidien. Immisçons-nous dans la brume de cette maison infernale dont le récit a soulevé une tempête médiatique en France.

Trois ans d’investigation, plus de 250 témoins, Victor Castanet n’a pas lésiné sur les moyens pour mener à bien ses enquêtes dans le but d’apporter des preuves irréfutables pour étoffer son ouvrage. D’abord, les priorités des établissements qui hébergent des personnes dépendantes ne devraient-elles pas être celles du bien-vieillir de leurs résidents?  Or, tel n’est souvent pas le cas. Nul doute que c’est le directeur qui, comme un chef d’orchestre, « donne des couleurs à la vie de l’établissement » en dépit des aléas et des contraintes. Outre le problème de financement, le manque de personnel s’explique par le fait que les métiers d’aide aux personnes âgées sont « dépréciés, mal reconnus et mal payés ».  Le travail est particulièrement difficile car les employés  côtoient au quotidien des personnes en perte d’autonomie, s’affaiblissant physiquement et psychiquement.

Mais comment justifier la maltraitance, les insultes, les repas rationnés, le manque d’hygiène et de soins qui entraînent inéluctablement la dénutrition et la déshydratation des pensionnaires? Certains affirment que les proches font souvent aveuglément confiance à l’établissement en question et n’osent ou ne veulent pas s’immiscer davantage dans sa gestion. Est-ce par peur de représailles infligées à leurs aînés une fois le dos tourné? « C’est le pire du pire que j’ai vu dans ma vie. Je perçois leur solitude. Victimes d’abus de vieillesse, les protocoles médicaux ne sont pas respectés. Les vols répétés ne sont pas élucidés. » Les témoignages tout aussi poignants que dérangeants affluent quant aux conditions de vie des pensionnaires évoluant dans une ambiance délétère. Toutefois, l’auteur maintient qu’il ne faut pas faire l’amalgame entre ceux qui, animés par le sens du devoir remplissent leur mission avec humanité et professionnalisme, et ceux pour qui les seniors sont uniquement un moyen pour faire du fric!

Saviez-vous que le concept villages retraites composé de petites maisons individuelles ou de blocs d’appartements destinés aux seniors est en pleine expansion à travers le monde? Quel que soit la gamme de ces villages retraites, les seniors y (re)trouvent indépendance et un sens à leur vie.  Le village de Tamaraikulam Elders Village au Sri Lanka par exemple, existe à la suite du tsunami meurtrier de 2004 qui a frappé le pays. Une population d’aînés victimes du tsunami, démunis et sans-abris, y (re)prend goût à la vie. « Dans ce village, pas de caste, pas de religion, ni de race, tout le monde vit en communauté.»

Il est vrai que les villages retraites bien structurés permettent aux seniors de maintenir le lien social, fondamental à leur épanouissement. Toutefois, ce concept ne fait pas toujours l’unanimité. Si le choix leur appartient, une grande majorité de seniors opteront certainement de vieillir dans l’intimité de leur chez-soi tout en ayant l’amour et le soutien de leurs proches.

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